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Reuven Rivlin, 10ème président d'Israël

L'ex-président de la Knesset a remporté 63 voix et élimine ainsi le député centriste Meir Sheetrit

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Le candidat Reuven Rivlin a remporté l'élection présidentielle israélienne mardi au terme du second tour et devient ainsi le 10ème président de l'Etat juif.

Le successeur de Shimon Peres a recueilli 63 voix contre 56 pour son adversaire Meir Sheetrit, du parti centriste Hatnuah.

Les 119 députés (sur 120) du Parlement israélien ont voté mardi matin et sélectionné les deux candidats après le premier tour qui s'est tenu à 8h00GMT, les candidats Reuven Rivlin (droite) et Meir Sheetrit (centre) ont remporté le premier tour de l'élection.

Rivlin, 74 ans, ex-président de la Knesset et membre du Likoud (droite nationaliste) avait déjà recueilli la majorité des voix au premier tour en remportant 44 suffrages, suivi par le député centriste Meïr Sheetrit, 65 ans, avec 31 voix.

Le président américain Obama a également félicité Rivlin pour son élection.

Le président élu Rivlin consacré de nombreuses années à servir son pays, et nous nous réjouissons de la poursuite des liens étroits, bénéfiques à nos deux pays, sous M. La présidence de Rivlin", a déclaré Obama dans un communiqué

M. Rivlin a été soutenu par le Likoud, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a fini par appuyer sa candidature du bout des lèvres, l'inimitié personnelle et idéologique entre les deux hommes étant de notoriété publique.

A la fois partisan du "Grand Israël" et ardent défenseur de la démocratie israélienne, Rivlin s'est taillé une carrure de futur président en multipliant les arbitrages politiques complexes durant sa carrière parlementaire.

"Rivlin ne sera pas le président de l'Etat d'Israël, mais le président du +Grand Israël+. Il se servira de la fonction présidentielle pour faire avancer la colonisation en Cisjordanie, qu'il adule", déplorait récemment un éditorialiste du quotidien de gauche Haaretz.

Mais le nouveau président est aussi un ardent défenseur de la démocratie parlementaire, qui a promis de jouer un rôle d'arbitre en tant que chef d'Etat.

Cet ancien officier du renseignement militaire a ainsi fait du rapprochement avec les Arabes israéliens, descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, sa marque de fabrique politique.

Avocat de formation, connu pour son affabilité et ses traits d'esprit, M. Rivlin, a débuté sa carrière politique en 1988 en se faisant élire député du Likoud à la Knesset. Il deviendra ensuite à deux reprises président de la Knesset (2003-2006 et 2009-2013).

De son côté, Meïr Sheetrit, transfuge du Likoud élu sur la liste de la ministre Tzipi Livni a rempli des fonctions ministérielles dans de nombreux gouvernements.

En 1998, aux Finances sous le gouvernement Netanyahou, puis en 2001 à la Justice ainsi que deux fois aux Transports dans les deux gouvernements successifs de Ariel Sharon.

En 2005, Sheetrit quitte le Likoud pour Kadima puis rejoint le nouveau parti de Livni, Hatnuah en décembre 2012.

L'ex-présidente de la Knesset Dalia Itzik a de son côté obtenu 28 votes, l'ex-juge à la Cour suprême Dalia Dorner 13, et enfin le prix Nobel de Chimie 2011 Dan Shechtman, qualifié d'"outsider", a recueilli seulement 1 vote.

Changement de cap

En Israël, le poste de président est largement honorifique et les pouvoirs exécutifs restent aux mains du Premier ministre. Le chef de l'Etat a toutefois pour tâche de nommer après les élections législatives la personnalité chargée de former une coalition et appelée à devenir Premier ministre.

Mais, fort de sa notoriété internationale, Shimon Peres, élu président en 2007, a su adroitement utiliser une fonction essentiellement protocolaire pour promouvoir un message politique en faveur de la paix.

Il n'a pas craint de donner de sérieux coups de canif au devoir de réserve dans lequel est censé se cantonner le chef de l'Etat, au point d'apparaître souvent comme le seul opposant de M. Netanyahou.

Sur des dossiers aussi sensibles que le processus de paix avec les Palestiniens, les relations stratégiques avec l'allié américain ou le programme nucléaire iranien, Shimon Peres n'a cessé de faire entendre sa propre voix.

Ainsi, le mois dernier, le prix Nobel de la paix 1994 a accusé publiquement M. Netanyahou d'avoir fait capoter en 2011 la conclusion d'un accord qu'il avait négocié secrètement avec les Palestiniens.

"Nous devons réaliser que le prochain président ne sera pas un Peres. La présidence va retrouver sa fonction naturelle, de représentation et de cérémonial", a estimé l'éditorialiste vedette Nahum Barnéa.

Shimon Peres doit quitter ses fonctions fin juillet, avant son 91e anniversaire.

A lire aussi : Peres fait de l'ombre au futur président

(Avec AFP)



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