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"Un sac de billes", un film qui vacille entre lumière et gravité (Zylberstein)

L'actrice Elsa Zylberstein dans l'émission Paris/Jaffa présenté par Paul Amar, le 11 janvier 2017
i24NEWS
"On a retranscrit une certaine vérité dans ce film", a confié l'actrice française à i24NEWS

Invitée de Paris/Jaffa mercredi soir, l'actrice française Elsa Zylberstein a présenté la nouvelle adaptation du roman "un sac de billes" de Joseph Joffo, qui raconte l’histoire de deux jeunes frères juifs dans la France occupée pendant la Seconde guerre mondiale.

Dans cette nouvelle version réalisé par Christian Duguay, Elsa Zylberstein joue le rôle d'Anna Joffo, la mère des deux petits garçons, aux côtés de son mari joué par Patrick Bruel.

Livrés à eux-mêmes, Maurice et Joseph font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille.

"J'ai aimé comment le parcours initiatique de ces deux enfants va nous faire toucher des doigts la réalité et l'horreur de ce qui s'est passé" a-t-elle déclaré à i24NEWS.

Capture d'écran

"Ce que je trouve réussi dans le livre et dans le film, c'est comment cette famille si soudée et pleine d'amour va exploser en plein vol dans cette période de chaos.[...] Les parents vont donner confiance à leurs enfants et c'est grâce à leur amour qui vont leur dire il vaut mieux qu'on se sépare, c'est la survie. Allez-y! Faites vous confiance, devenez des adultes ", a-t-elle ajouté.

Capture d'écran

Revenant sur son rôle de mère, l'actrice a "construit le personnage en se disant à chaque fois que c'était peut-être la dernière fois malgré les moments de bonheur."

"Ce sont des personnages qui s'aiment et en même temps, je me disais toujours qu'à travers les sourires, il y a toujours un drame derrière. [...] C'est à dire qu'il fallait se défaire du moindre regard, de la moindre attache. Ils sont en angoisse permanente de la séparation, de la mort, de se dire que c'est peut-être la dernière fois qu'on se regarde ou qu'on se touche", a-t-elle confié.

Capture d'écran

"Même si je ne suis pas maman, j'ai pu comprendre ce qu'était la peur de perdre, l'angoisse de perdre les gens qu'on aimait." a-t-elle affirmé.

De père juif et de mère catholique, Mme Zylberstein a affirmé que son père s'était caché à Lyon avec sa grand-mère pendant la guerre.

"Ils ne savaient pas où dormir, mais un monsieur qui tenait un bar les a hébergé pour quelques nuits et mon père n'avait pas le droit de dire qu il était juif pendant la guerre.[...] C'est quelque chose que j'ai souvent entendu chez moi, et le livre de Joffo faisait partie de notre bibliothèque", a-t-elle poursuivi.

"Mon père se faisait couper les cheveux chez Joffo quand il était petit", a-t-elle ajouté.

Selon la comédienne, il s'agit d'un film populaire,"mais dans le bons sens du terme", que les plus jeunes pourront regarder et qui leur permettra de revenir sur l'Histoire.

"Ce film montre aussi qu'il y avait des gens extraordinaires, des héros et des salauds. On rencontre des gens biens partout et finalement l'Histoire se répète, mais il faut faire en sorte à ce qu'elle ne se répète pas. [...] Lorsqu'on voit le monde aujourd'hui, il y a un écho terrible et réel avec ce film et cette histoire qui se répète," a-t-elle averti.

Malgré le drame, c'est un film avec plein "d'humour et d'énergie", a-t-elle relevé.

"Il y a des choses très belles, lumineuses et drôles avec Christian Clavier, Kev Adams et les deux petits garçons qui sont justes extraordinaires. Ils vont émouvoir, faire rire et on part dans ce film romanesque et d'aventures avec ces deux petits garçons qui vont essayer de survivre et d'exister".

Elsa Zylberstein est revenue sur une scène-clé du film, celle de la "gifle", lorsque Patrick Bruel demande à son fils Jo s'il est juif et qu'il répond par l'affirmatif.

Capture d'écran

"Il y avait une concentration et une tension hallucinante, nous étions au bord des larmes, c'est une des grandes scènes du film", concède-t-elle.

Le film sort en France le 18 janvier prochain.

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