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Comment dit-on une "tente bédouine" en tchèque?

Students from the Sapir College's School of Audio and Visual Arts in the western Negev Desert and the Film and TV School of the Academy of Performing Arts in Prague film Israeli Bedouins for a joint class held by the two schools.
Kaid AbuLatif/i24NEWS
Un programme unique en Israël permet à des élèves d'étudier avec ceux de l'Académie du film de Prague (FAMU)

La décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne n'a pas manqué de répercussions sur les pays membres, mais la République tchèque a pour sa part exprimé l'espoir de rester.

Le bloc de l'Est a été particulièrement inquiété par le Brexit, se sentant menacé par la Russie.

La République tchèque doit faire face à de nombreux problèmes à l'approche des élections prévues en octobre prochain, tout en évitant l'influence des groupes extrémistes, les théories de conspiration ainsi que les rapports non vérifiés publiés sur des sites internet soutenus par le gouvernement russe de Vladimir Poutine.

Selon leurs propos, "la propagande russe exercée en République tchèque vise à émettre des doutes sur la valeur de la démocratie et ses capacités à diriger un pays".

Les différents partis politiques ne manquent pas non plus d'attaquer le président Miloš Zeman. Passant dans une certaine mesure outre ses compétences strictes et affichant des prises de position tranchées, notamment sur l'immigration, le chef d'Etat ne s'est pas gêné pour prétendre que "la vague d'immigration musulmane en Europe avait été organisée par La Société des Frères musulmans afin de conquérir le continent".

Zeman a de nombreuses fois essayé de s'expliquer, mais en vain, même en soutenant que ses propos étaient basés sur des sources fiables, tel que le ministre marocain des Affaires étrangères et le prince héritier des Emirats Arabes Unis.

Largement concernés par la politique intérieure de leur pays, plusieurs cinéastes tchèques, ont par ailleurs pris l'initiative de venir rencontrer leurs homologues israéliens dans la région du Néguev (sud), à proximité de la bande de Gaza.

L’École d’AudioVisuel de l'institut Sapir, créé en 2010 afin de favoriser de nouveaux projets universitaires à l'étranger, principalement dans le cadre d'initiatives de l'Union européenne (UE), a ouvert un programme unique en 2013 permettant à ses élèves d'étudier avec ceux de l'Académie du film de Prague (FAMU), en Israël et en République tchèque.

Kaid AbuLatif/i24NEWS

Dans le cadre de ce programme universitaire, mené par Avner Faingulernt de l'institut Sapir et Martin Řezníček de l'école FAMU, les étudiants sont invités à réaliser des films documentaires sur les différentes minorités de la société qui amènent les participants à se confronter aux différents problèmes culturels, politiques et anthropologiques de la société israélienne et tchèque.

"Nous avons été invités dans leur village d'al-Arakib", poursuit-il.

"Nous avons été témoins des injustices subies par la famille, et nous avons voulu leur donner l'occasion de s'exprimer pour se faire entendre et faire en sorte que leur communauté soit reconnue", ajoute-t-il.

"Avec deux étudiantes tchèques et une élève de Sapir, nous sommes allés filmer à Umm al-Hiran", explique Ouri Shechter de Jérusalem.

"La rencontre avec la communauté, victime des caprices insensés de la politique d'expulsion, était vive et difficile", confesse-t-il.

"Nous avons rencontré la famille de Yaqoub Moussa Abou al–Qiyan, tué par la sécurité israélienne, au moment où la police est entrée dans le village pour démolir des maisons, et j'espère que nous porterons à l'écran cette histoire difficile avec la pudeur qu'il se doit", confie-t-il.

"Nous rencontrons des gens du monde entier, mais aussi de tout le pays, et nous essayons d'avoir une approche objective, avant de nous lancer dans un voyage en profondeur et nous imprégner de la culture bédouine", déclare Shimrit Cohen, directrice du kibboutz "Ganim" à i24NEWS.

"Comment rentrer dans leur maison quand tant d'injustice leur est causée par les institutions de l'Etat et que la crainte et la méfiance sont palpables?", interroge-t-elle.

"C'est seulement quand nous souhaitons vraiment voir et entendre, que nous pouvons comprendre, malgré les distances entre nous", ajoute-t-elle.

"Ma visite en Israël était mon premier voyage au-delà des frontières européennes", raconte Peter Michael de Prague à i24NEWS.

Kaid AbuLatif/i24NEWS

" J'avais déjà entendu parler du conflit israélo-palestinien, mais j'ignorais qu'il y avait en Israël une population musulmane qui n'a aucun problème fondamental avec son existence, les bédouins", déclare-t-il.

"Certains d'entre eux se portent même volontaires dans l'armée israélienne, mais ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Ils sont forcés de quitter leur terre, et leur maison sont démolies pour faire place à une nouvelle colonie", s'étonne-t-il.

"Grâce au programme de l'institut Sapir, j'ai eu l'occasion non seulement de découvrir la culture israélienne, mais aussi de rencontrer des Israéliens. J'ai profité de la vie en communauté du kibboutz et j'ai passé une nuit aussi dans les conditions difficiles du désert du Néguev et apprécié l'hospitalité de Muhammad", poursuit Peter.

Un autre étudiant tchèque a pour sa part noté que le programme proposé par Sapir était une expérience "extrêmement forte" pour plusieurs raisons.

Kaid Abu Latiff/i24NEWS

"Nous avons été témoins du conflit, de la situation difficile en Israël, et de son incapacité à trouver une solution sérieuse et juste", raconte-t-il.

D'autres étudiants tchèques ont expliqué que la raison pour laquelle ils souhaitaient participer au programme était "non seulement l'expérience du tournage lui-même, mais aussi l'expérience du conflit".

"Au début, j'étais sceptique au sujet des méthodes d'observation, principalement en raison du peu de temps qu'on nous accorde. Surtout pour un étranger censé comprendre l'environnement dans lequel il évolue", confie un autre étudiant tchèque à i24NEWS.

"Notre travail dans ce village bédouin nous a fait comprendre à quel point il est important de se préoccuper d'autres cultures, des gens et de leur histoire", remarque Sonia Maltz de Prague. "Grâce au tournage, nous avons pu nous plonger dans cette atmosphère, saisir l'unicité, et l'histoire du lieu et éprouver de la solidarité envers nos personnages", ajoute-t-elle.

Kaid Abou Latif est journaliste pour le site arabophone d’i24NEWS

Commentaires

(1)
alain pourcent

quel article ennuyeux !

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