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Le Ghetto de Venise, entre passé et avenir

Un pont dans le ghetto de Venise
AFP
Marcella Ansaldi, conservatrice du musée hébraïque de Venise, était invitée sur i24NEWS

Marcella Ansaldi, conservatrice du musée hébraïque de Venise, était invitée sur i24NEWS, où elle est revenue sur l'histoire de la communauté juive de la ville, laquelle s'y est installée progressivement à partir du 10ème siècle.

Réputée notamment pour son grand canal, sa place Saint-Marc et ses 26 millions de touristes annuels, loin des lieux bondés se niche pourtant au nord de la Sérénissime le plus ancien ghetto juif au monde.

Le mot "ghetto" - qui signifie fonderie de cuivre - est d'ailleurs né à Venise, après qu'une population juive fuyant les persécutions consécutives aux croisades et à l'inquisition y a trouvé refuge.

"La communauté juive de Venise est née en 1516. Nous disons cela car le 27 mars 1516 correspond à la création du ghetto. Il y avait une présence juive auparavant mais les Juifs n'avaient qu'un droit de résidence temporaire", a expliqué Marcella Ansaldi à i24NEWS.

"A ce moment-là, la Sérénissime a établi des lois diverses et des conditions pour cadrer la présence des Juifs mais aussi leur imposer des limitations", a-t-elle ajouté.

i24NEWS

La population juive de Venise comptera jusqu'à 5.000 âmes au 17ème siècle avant d'être décimée lors de la seconde guerre mondiale. Sur les 1.670 Juifs raflés par les nazis, seuls 37 personnes sont revenus des camps de la mort.

Aujourd'hui, l'héritage de ce quartier se visite et compte pas moins de quatre synagogues et un musée, qui témoignent de l'âge d'or du judaïsme dans la cité des Doges.

"Le musée est né en en 1954 et son but est de permettre la renaissance de la communauté. En outre, nos synagogues ne sont pas des musées, nous les utilisons. La synagogue à l'intérieur du musée est utilisée une fois par an minimum. Une autre synagogue construite en 1532 est utilisée pour les mariages et pour beaucoup de moments conviviaux", a fait savoir la conservatrice du musée hébraïque.

Quatre-cent-cinquante Juifs vénitiens habitent désormais la lagune, où boutiques d'art hébraïques et restaurants casher rouvrent et où ce quartier, loin d'être figé dans le passé, a un présent mais aussi un avenir.

GIUSEPPE CACACE (AFP/Archives)

"Nous cherchons à faire vivre nos synagogues et à ne pas les penser comme des musées. Deux synagogues sont utilisées pour le service toute l'année mais les trois synagogues qui sont dans le musée sont utilisées aussi car cela correspond à notre désir de faire vivre les objets qui ont été utilisés par nos ancêtres", a précisé Marcella Ansaldi sur i24NEWS.

Par ailleurs, convaincue que le judaïsme n'avait pas d'avenir en Europe, la communauté vénitienne décida dans les années 1960 de démonter la synagogue Vittorio Veneto datant du 18ème siècle puis de la remonter intégralement dans le musée d'Israël à Jérusalem, l'Etat hébreu ayant été perçu après la Shoah comme "le pays où le judaïsme pouvait être conservé".

Commentaires

(1)
goliat

Le ghetto est une jolie place ou Resto Et syna musée boutique se côtoye je regrette que l on puisse pas nous laisser visiter le cimetière juif du Lido vieux De 500 ans situé à 20 mn en bateau sauf si on paye 100 € par le biais du musée

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