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Un festival de cinéma pour montrer l'autre face d'Israël à un large public

Seret International Film Festival
Ruthe Zuntz
Le festival "Seret International" est l'occasion pour les réalisateurs de rencontrer des producteurs européens

Le Grand prix du jury obtenu par le film "Foxtrot" de l'Israélien Shmuel Maoz au dernier festival du film de Venise, a renforcé le statut du cinéma israélien aux yeux de la critique, mais pour le grand public, souvent réticent à voir un film avec des sous-titres, les films "bleus et blancs" restent encore mystérieux.

Le festival du film israélien "Seret International", qui se déroule en Allemagne ce week-end, s'est donné pour objectif de faire découvrir les films en hébreu au plus grand nombre, dans une ville différente à chaque fois.

"Seret International" a été fondé il y a six ans à Londres et s'est ensuite déplacé notamment à Amsterdam, à Santiago, ou encore à Berlin en 2016. Fort de son succès, les organisateurs ont organisé cette année des projections à Munich et à Cologne.

Les Israéliens vivant à l'étranger apprécient cette rare opportunité de voir des films dans leur langue maternelle sur grand écran, expliquent les organisateurs, bien que le public-cible du festival est beaucoup plus large.

"Nous visons des gens qui aiment les films, qui pourraient venir voir des films italiens ou français, et nous voulons leur montrer que le cinéma israélien est tout aussi bon et peut-être encore meilleur, compte tenu du nombre de prix qu'il a remporté", explique l'organisatrice du festival Anat Koren à i24NEWS.

Cette journaliste basée à Londres a fondé le festival avec la spécialiste en marketing Odelia Haroush et Patty Hochmann, membre de l'Académie du cinéma israélien.

Pour ces trois amatrices de cinéma, le festival combine parfaitement leur passion pour les films et leur amour pour Israël, dont la réalité est, selon elles, bien mieux représentée au cinéma qu'aux informations.

Ruthe Zuntz

"Nous voulons vraiment montrer au public ce qu'est Israël. Pas seulement qu'il écoute ou regarde la BBC ou CNN, mais qu'il découvre la diversité culturelle et sociale qui prédomine en Israël par le biais des films", explique de son côté Odelia Haroush.

Koren, elle, dit observer qu'à Londres, "les gens n'ont pas assez de connaissances sur Israël. C'est donc un très bon moyen d'apporter Israël aux gens qui n'y vont pas. Lorsque nous faisons venir des réalisateurs pour parler de leurs films, ils évoquent aussi la vie en Israël, et nous avons des réactions étonnantes de la part du public".

Il y a deux ans, le festival qui se déroulait à Londres a suscité la controverse, après qu'une quarantaine de réalisateurs, parmi lesquels Ken Loach et Mike Leigh, ont publié une lettre dans laquelle ils appelaient au boycott du festival et à l'étiquetage des cinémas qui accueillaient des projections, "complices silencieux de la violence infligée aux Palestiniens", selon eux.

"Mais cette protestation a fini par déclencher une vague de soutien en faveur du festival", raconte Koren.

"Quand les cinémas ont rejeté l'appel de ces réalisateurs, l'événement a bénéficié d'une couverture positive dans la presse britannique. Et puis, les manifestants pro-palestiniens, qui se rassemblaient devant les cinémas avant chaque événement du festival, ont fini par disparaître", note-t-elle.

Polina Garaev/i24NEWS

"Le cinéma israélien apporte une expression très précise du subconscient d'Israël", a affirmé l'ambassadeur d'Israël en Allemagne, Jeremy Issacharoff, lors de la soirée d'ouverture du festival à Berlin.

"Les problèmes que nous abordons au jour le jour, les débats et les arguments que nous avons en Israël, nos valeurs fondamentales et nos dilemmes, c'est vraiment une expression incroyable de ce qu'est Israël", a-t-il ajouté.

"Le festival n'est pas seulement une opportunité pour les cinéphiles de voir des films. C'est aussi une plateforme pour les cinéastes israéliens qui cherchent à être exposés à l'étranger. En plus des séances de questions-réponses avec le public, ils participent à des rencontres où sont invités des professionnels, susceptibles d'être intéressés par leur création", souligne-t-elle.

"Rencontrer des gens en Europe est une opportunité formidable", expliqué Alon Schwarz, réalisateur et producteur du film "Aida's Secrets", présenté au festival, et dont la coproduction germano-israélienne est née lors d'une rencontre en marge d'une édition précédente.

"Lorsque vous rencontrez des gens dans ces événements de l'industrie du cinéma, il y a toujours un lien personnel qui se crée. Ils doivent aimer votre histoire, et après vous attendez longtemps avant qu'ils ne se décident. Mais ça reste une belle occasion de rencontrer des professionnels", ajoute-t-il.

Amos Geva, un producteur international basé à Berlin qui a organisé la rencontre des professionnels, est d'accord.

"Le cinéma israélien est très créatif, mais c'est une petite industrie financièrement, et il a besoin de coproductions internationales pour qu'il continue à être ce qu'il est aujourd'hui", reconnaît-il.

Polina Garaev est la correspondante d'i24NEWS en Allemagne.

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