Économie

Le chef de la Bundesbank Jens Weidmann (G) écoute la directrice du FMI Christine Lagarde (D) lors du G20 à Shanghai le 27 février 2016
Le G20 met également en garde contre des "failles" dans la lutte contre le financement du terrorisme

Les grands argentiers du G20 ont appelé samedi, à l'issue d'une réunion de deux jours à Shanghai, à utiliser "tous les outils" pour soutenir l'économie, face à une reprise mondiale "inégale" et menacée par de nombreux risques, dont le Brexit.

Le communiqué publié par les ministres des Finances des pays les plus riches de la planète cite, parmi ces risques, "le choc d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne".

Cette mention, qui est faite dès le premier paragraphe du texte, souligne l'importance pour le G20 de cette question, qui sera tranchée par référendum le 23 juin.

"Les risques et vulnérabilités ont augmenté", déclarent les grands argentiers, évoquant outre le Brexit, "la volatilité des mouvements de capitaux, la chute des cours des matières premières, les tensions géopolitiques accrues et l'afflux de migrants dans certaines régions".

Le texte insiste notamment sur la nécessité pour les grandes banques centrales de poursuivre leurs politiques déjà ultra-accommodantes. "Les politiques monétaires continueront de soutenir l'activité et de garantir la stabilité des prix", mais elles ne peuvent à elles seules "conduire à une croissance durable", est-il écrit.

Parallèlement, la politique budgétaire, qui consiste pour les Etats à gonfler leurs dépenses publiques en vue de conforter l'activité, devra être mise en oeuvre "de façon flexible".

Enfin, "nous réaffirmons le rôle de politiques macro-économiques structurelles pour étayer nos efforts", ajoute le document.

Des "failles" dans la lutte contre le financement du terrorisme

Les ministres des Finances du G20 ont également exhorté à Shanghai la communauté internationale à faire plus pour combler les "failles" dans la lutte contre le financement du terrorisme.

"Nous sommes déterminés à combattre avec fermeté le financement du terrorisme", déclarent-ils dans le communiqué publié à l'issue d'une réunion. "Nous allons redoubler d'efforts (...) et accroître notre coopération et nos échanges d'informations", ajoutent-ils. 

"Nous appelons tous les pays à se joindre à nous dans ces efforts, notamment via une mise en oeuvre rapide des normes du Gafi", le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux, écrivent les grands argentiers des vingt plus grandes puissances mondiales.

Ils demandent en outre à cette organisation internationale basée à Paris de "renforcer son travail pour identifier et s'attaquer aux failles et lacunes qui demeurent dans le système financier", citant "les sources et méthodes de financement (des terroristes) et l'utilisation de ces fonds".

Ces déclarations, qui ne sont toutefois pas assorties d'engagements précis, interviennent alors que le Gafi a récemment pointé une trop grande lenteur de l'action internationale, malgré des progrès. 

Depuis les attentats de Paris du 13 novembre, environ 50 pays ont pris des mesures concrètes sur le sujet, a indiqué le secrétaire exécutif du Gafi, David Lewis.  

Ces mesures répondent à l'évolution de la menace terroriste liée à l'apparition de l'organisation Etat islamique (EI). "Nous avons vu comment la nature et l'étendue du financement a changé avec l'émergence de l'EI, qui tire la plupart de ses revenus des territoires qu'il contrôle", comme le pétrole, a observé M. Lewis.

(Avec l'AFP)

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