Économie

Un puits de pétrole près de Los Angeles aux Etats-Unis, le 2 février 2011
La présence de l'or noir américain sur le marché devrait encore faire baisser le prix du pétrole

La première cargaison de pétrole brut américain a quitté un port du Texas, jeudi, en direction de l'Italie, quelques semaines seulement après que l'embargo sur l'exportation du pétrole datant des années 1970 a été levé, a rapporté vendredi le site américain d'informations économiques et financières Bloomberg.

Le pétrolier Theo T a quitté le quai de NuStar Energy LP à Corpus Christi, a déclaré dans un e-mail Mary Rose Brown, porte-parole de NuStar.

Le navire transporte une cargaison de pétrole et de condensat extrait des puits de ConocoPhillips, dans le sud du Texas et vendu à la maison de négoce suisse Vitol Group.

Une campagne menée par des compagnies pétrolières dont Continental Resources Inc., Chevron Corp. et Exxon Mobil Corp., et supportée par un groupe de négociateurs parlementaires de la majorité républicaine, a abouti le 18 décembre à une décision du Congrès américain abrogeant l'interdiction d'exporter du pétrole, mise en place en 1975 après le choc pétrolier qui avait vu les cours du pétrole exploser.

Cet embargo était alors censé garantir l’indépendance énergétique américaine.

Vitol, qui détient des participations dans des raffineries de l'Europe du nord à l'Australie, devrait envoyer, d'ici quelques jours, une deuxième cargaison de pétrole américain en partance d'un port de Houston.

La fin de l'embargo, une décision qui devrait encore faire baisser le prix du pétrole

L'engorgement du marché qui plombe les cours depuis l'été 2014 a été confirmé par les chiffres du ministère américain de l'Energie (DoE): contrairement aux attentes, les stocks américains de brut, d'essence et de produits distillés ont encore augmenté aux Etats-Unis durant la semaine de Noël, tout comme la production américaine.

Le nouvel arrivage de pétrole américain sur le marché inquiète donc les investisseurs car le surplus de pétrole sera de plus en plus difficile à éliminer.

"Il n'y a toujours rien de positif pour le marché que nous pourrions voir à l'horizon", a souligné Carl Larry, chez Frost & Sullivan.

Le déséquilibre entre l'offre abondante et la demande mitigée en pétrole a aggravé en 2015 une chute des cours entamée l'année précédente. Entre le début 2015 et les plus bas du Brent (depuis juillet 2004) et du WTI (depuis février 2009) atteints en début de semaine dernière, les cours ont plongé respectivement de 37 et 36%.

Déjà à un bas niveau pendant toute l'année, le marché pétrolier a été gagné début décembre par une nouvelle dose de pessimisme à la suite de la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de renoncer à des objectifs chiffrés de production malgré la surabondance générale dans le monde.

La forte hausse des stocks (les réserves commerciales de brut ont progressé de 4,8 millions de barils pour atteindre 490,7 millions de barils, alors que les experts avaient tablé sur une baisse de 1,5 million de barils), ainsi que cette annonce d'un futur arrivage du pétrole américain sur le marché inquiètent les investisseurs. Le surplus de pétrole sera de plus en plus dur à éliminer.

Les cours du brut ont baissé de plus de 60% depuis la mi-2014 et sont tombés à 36 dollars le baril, un des prix les plus bas depuis 11 ans.

(avec l'AFP)

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