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Tel Aviv
"BDS ne représente pas une réelle menace à ce jour, mais c'est une menace" (Shlomo Maoz, économiste)

Les investissements étrangers dans des actifs israéliens ont presque triplé ces onze dernières années, depuis que le mouvement anti-Israël BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) a été fondé en 2005, a rapporté jeudi le groupe financier américain Bloomberg.

La campagne BDS cherche à mener des pressions économiques et culturelles contre l'Etat juif, dans le but de promouvoir les intérêts palestiniens.

Mais selon Bloomberg, en 2015, les investissements étrangers ont atteint un record de 285,12 milliards de dollars (environ 255 milliards d'euros), et les financements d'actionnaires internationaux dans neuf sociétés israéliennes cotées en bourse et ayant des liens avec les territoires palestiniens ont augmenté au cours des trois dernières années.

"Nous n'avons aucun problème avec les investissements étrangers en Israël, bien au contraire", a affirmé Yoel Naveh, économiste au ministère israélien des Finances.

L'année dernière, les investisseurs non-israéliens ont contribué à hauteur de 3,76 milliards de dollars (environ 3,6 milliards d'euros) dans les startups israéliennes, en croissance en 2015, a indiqué Bloomberg.

Les exportations de haute technologie israéliennes ont également augmenté et sont passées à 23,7 milliards de dollars (plus de 20 milliards d'euros), un gain de 13 % depuis 2014.

L'économie israélienne croît plus rapidement que celle des pays américains et européens, avec des prévisons de croissance de 2,8 % cette année, face à 1,8 % aux États-Unis et dans l'Union européenne, a annoncé Bloomberg. Ces résultats associés à des taux d'intérêt plus élevés en Israël rend le pays plus attractif pour les investisseurs.

En outre, de nombreux investisseurs ne sont pas nécessairement d'accord avec les objectifs du mouvement BDS.

Le mouvement BDS, cependant, prétend gagner du terrain.

"Notre campagne est très efficace et se propage plus vite que nous l'avions prévu", a déclaré Omar Barghouti, figure de proue du mouvement, dans une interview à Bloomberg.

L'économiste israélien à S.M. Tel Aviv Investments, Shlomo Maoz a pour sa part estimé que, si BDS n'a que peu d'impact à ce jour, il pourrait bien en avoir à l'avenir.

"BDS ne représente pas une réelle menace à ce jour, mais c'est une menace. Lorsque les élèves vont étudier à l'université aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, ils sont témoins de manifestations anti-Israël organisées par BDS, or ce sont eux les futurs gestionnaires de fonds", s'inquiète Maoz.

"C'est pourquoi BDS pourrait devenir un problème dans un avenir proche", a-t-il conclu.

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