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Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan (D), lors du 23e Congrès mondial de l'Energie, le 10 octobre 2016 à Istanbul
"Nous sommes là pour mettre fin au règne du cruel Assad qui propage le terrorisme d'Etat" (Erdogan)

Le Kremlin a dit sa surprise mercredi après des propos tenus la veille par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré que les forces turques engagées dans le nord de la Syrie depuis cet été étaient là pour renverser Bachar al-Assad.

"Cette annonce a été véritablement un scoop pour nous", a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "C'est une déclaration très grave qui diffère des précédentes déclarations et de notre compréhension de la situation. Nous espérons que nos partenaires turcs nous fourniront certaines explications à ce propos", a-t-il ajouté.

Dans un discours prononcé mardi, Erdogan a condamné ce qu'il a qualifié d'échec des Nations unies en Syrie - "près d'un million de personnes sont mortes en Syrie, et continuent de mourir. Où est l'Onu ? Que fait-elle ?", a-t-il dit - mais a également déclaré que Bachar al Assad devrait répondre de ses actes.

"Nous sommes là pour que justice soit faite. Nous sommes là pour mettre fin au règne du cruel Assad qui propage le terrorisme d'Etat", a-t-il dit.

La Turquie a lancé fin août dans le nord de la Syrie l'opération "Bouclier de l'Euphrate", qui ne vise pas à combattre le président syrien, mais à chasser les djihadistes de l'Etat islamique (EI) d'un territoire d'une centaine de kilomètres le long de la frontière syro-turque et d'empêcher les miliciens kurdes de s'y implanter.

Erdogan, selon un recensement de ses principaux discours mis en ligne sur le site internet de la présidence turque, n'avait plus mentionné le nom d'Assad depuis près d'un mois.

Il n'a fait aucune allusion en revanche à la bataille d'Alep, où les forces gouvernementales syriennes, appuyées notamment par la Russie, ont rapidement progressé ces derniers jours.

Un an après la destruction par la Turquie d'un chasseur russe au-dessus de la Syrie, les relations entre Ankara et Moscou se sont réchauffées, Vladimir Poutine recevant son homologue turc en août dernier à Saint-Pétersbourg.

Les deux présidents se sont entretenus au moins deux fois au cours de la semaine écoulée pour tenter de trouver une issue à la crise humanitaire à Alep et de "coordonner les efforts contre le terrorisme international", selon les services de la présidence turque.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, a effectué de son côté une visite surprise en Iran, autre soutien clef du régime d'Assad.

Mais ce rapprochement, a déclaré samedi à Reuters le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus, n'a pas modifié la position de la Turquie à l'égard d'Assad.

(avec agence)

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