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Macron propose la participation de la France à la médiation entre le gouvernement irakien et kurde

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi à l'Elysée avec le président Emmanuel Macron, le 5 octobre 2017
Les droits des Kurdes doivent être reconnus dans le cadre de la Constitution irakienne, a-t-il déclaré

Le président français Emmanuel Macron a proposé jeudi la participation de la France dans le cadre d'une médiation de l'ONU entre le gouvernement central irakien et le gouvernement de la région autonome kurde, à l'issue d'une rencontre à Paris avec le Premier ministre irakien Haider al-Abadi.

"La France est prête, si l'autorité irakienne le souhaite, à contribuer activement à la médiation engagée par l'ONU", a déclaré le président français, sans toutefois avoir eu de réponse de la part de M. Abadi dans son discours.

"J'ai souligné le souhait de la France de voir l'Irak s'engager dans la voie de la réconciliation nationale pour établir une gouvernance inclusive qui réponde aux aspirations de l'ensemble des composantes de la société irakienne dont les Kurdes d'Irak avec qui la France entretient des liens d'amitié", a-t-il poursuivi.


M. Macron a rappelé que Paris voulait "la stabilité de l'Irak, l'intégrité territoriale de l'Irak et un Etat fort en Irak". Mais il a également souligné que la France restait "préoccupée par la situation des Kurdes" estimant les droits de cette population devaient être "reconnus dans le cadre de la Constitution" irakienne.

"Nous plaidons pour la reconnaissance du droit des Kurdes dans le cadre de la Constitution irakienne" (votée en 2005, ndlr), a-t-il lancé.

"Il y a un chemin dans le respect du droit des peuples, qui permet de préserver le cadre de la Constitution et la stabilité et l'intégrité territoriale de l'Irak", a-t-il ajouté, commentant le oui massif à l'indépendance émis le 25 septembre lors d'un référendum au Kurdistan irakien.

M. Macron a également réitéré auprès de M. Abadi "l'engagement plein et entier" de la France dans la coalition antidjihadiste. "Nous continuerons jusqu'au bout et aussi longtemps qu'il le faudra d'être présent", a-t-il affirmé, promettant également d'ouvrir "une nouvelle page de la relation bilatérale" entre Paris et Bagdad.


De son côté le Premier ministre irakien a assuré qu'il ne voulait "pas la confrontation armée" au Kurdistan, et a appelé les peshmergas (combattants kurdes) à continuer à combattre au côté des forces irakiennes.

"Nous ne voulons pas de confrontation armée, nous ne voulons pas d'affrontements, mais l'autorité fédérale doit prévaloir"", a déclaré M. Abadi.

"J'appelle les peshmergas à travailler à nos côtés comme nous avons travaillé ensemble contre Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique), pour garantir la sécurité de nos concitoyens", a insisté le Premier ministre irakien, tout en répétant que le "séparatisme" kurde n'était pas "acceptable".

Le référendum sur l'indépendance du Kurdistan autonome irakien, approuvé le 25 septembre à une écrasante majorité, a entraîné une grave crise entre Bagdad et la région kurde, soumise depuis à un isolement économique de la part de l'Etat central mais aussi des voisins turc et iranien, opposés à toute velléité d'indépendance kurde.

Cette crise intervient alors que l'Irak est en passe de reprendre le contrôle de tous les fiefs de l'EI, un combat dans lequel les peshmergas kurdes sont souvent en première ligne.

M. al-Abadi a d'ailleurs solennellement annoncé la "libération" de la ville de Hawija, dernier grand centre urbain de l'EI en Irak. Sa reprise ne laisse au groupe jihadiste qu'un seul fief dans le pays: les localités d'al-Qaïm et de Rawa, dans le désert frontalier de la Syrie.

(avec agence)

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