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Une ONG demande l'audition de Fabius sur les activités de Lafarge en Syrie

Le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius s'adresse à la presse à son arrivée à la conférence sur la Syrie, le 14 novembre 2015 à Vienne
JOE KLAMAR (AFP)
Les enquêteurs estiment que Lafarge a "validé" des remises de fonds à des organisations dihadistes

L'ONG Sherpa a demandé l'audition par la justice de l'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius dans l'enquête sur le cimentier Lafarge, mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie dont l'organisation Etat islamique (EI), a-t-on appris vendredi auprès d'une de ses responsables.

L'association anticorruption, qui avait déposé plainte avec onze anciens employés syriens de la cimenterie, a demandé mercredi que l'actuel président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius et deux anciens ambassadeurs de France en Syrie, Eric Chevallier et Franck Gellet, soient entendus par les juges d'instruction, a indiqué Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux au sein de l'ONG, confirmant une information de franceinfo.

Lafarge, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, est au coeur d'une enquête sur les liens qu'il a pu entretenir, notamment avec l'EI, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya (nord de la Syrie) en 2013 et 2014, malgré le conflit. En septembre 2014, l'EI s'était finalement emparé du site.

Entendus par les enquêteurs des douanes judiciaires chargés de l'enquête, menée depuis juin par trois juges d'instruction, d'anciens responsables du cimentier ont affirmé que cette volonté de rester coûte que coûte dans le pays en guerre avait reçu l'aval des autorités françaises.

FRANCK FIFE (AFP/Archives)

"Le Quai d'Orsay nous dit qu'il faut tenir, que ça va se régler. (...) On allait voir, tous les six mois, l'ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit: 'Maintenant il faut que vous partiez'", a ainsi relaté Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel, d'après une source proche du dossier.

Pour Marie-Laure Guislain, "il est indispensable de rechercher toutes les responsabilités si l'Etat devait être impliqué dans cette affaire".

Le rapport des douanes est accablant pour les anciens responsables du cimentier en France: les enquêteurs estiment qu'ils ont "validé" des remises de fonds à des organisations dihadistes, "en produisant de fausses pièces comptables".

A ce jour, quatre anciens employés syriens ont été entendus par les magistrats instructeurs. 

Jeudi, l'un d'entre eux a confirmé devant le juge "les pressions qu'il avait subies avec ses collègues pour les obliger à continuer à travailler", d'après la source proche du dossier.

"Nous avons déposé plainte avec onze salariés syriens. Mais il est pour l'instant difficile de faire venir les autres pour des questions financières et de visas", a déploré Marie-Laure Guislain.

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Commentaires

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Moderator

Il est temps qu' il passe des nuits blanches!

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