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Les Etats-Unis ont condamné cette demande, qualifiée "d'escalade contre-productive"

Benyamin Netanyahou tiendra une réunion jeudi afin de définir la réponse d'Israel à la demande d'adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI), annonce le Times of Israel.

Le Premier ministre israélien a promis de prendre les mesures destinées à "protéger les soldats de l'armée israélienne, armée la plus morale au monde".

Netanyahou avait immédiatement réagi à l'initiative palestinienne en déclarant que les Palestiniens avaient "plus à craindre" qu'Israël de la Cour pénale internationale.

"Celui qui doit craindre la Cour pénale internationale est l’Autorité palestinienne qui a intégré à son gouvernement le Hamas, une organisation terroriste dont les crimes de guerres sont similaires à ceux de l’Etat islamique", a affirmé Benyamin Netanyahou.

Condamnation des Etats-Unis

Les États-Unis avaient fulminé mercredi contre la demande palestinienne d'adhésion, la considérant comme une «escalade contre-productive» qui «alourdit le climat» avec Israël.

«Nous sommes profondément troublés par l'action des Palestiniens aujourd'hui concernant la CPI», a condamné dans un communiqué un porte-parole de la diplomatie américaine, Jeffrey Rathke.

«C'est une escalade qui ne permettra d'obtenir aucun des résultats que la plupart des Palestiniens espèrent depuis longtemps pour leur peuple», a déclaré le responsable américain, réagissant à la demande d'adhésion à la CPI signée par le président palestinien Mahmoud Abbas.

«L'action d'aujourd'hui est totalement contre-productive et ne fait rien pour les aspirations du peuple palestinien à avoir un État souverain et indépendant», a martelé le département d'État.

En outre, la décision des Palestiniens «alourdit sérieusement le climat avec le peuple justement avec lequel ils doivent, au bout du compte, faire la paix», a ajouté le ministère américain des Affaires étrangères, en allusion à Israël.

«Les États-Unis continuent de s'opposer avec force aux actions des deux camps qui sapent la confiance et jettent un doute sur leurs engagements à une paix négociée», ont-ils encore argumenté.

«Chaque mois qui passe sans engagement constructif des deux parties ne fait que polariser un peu plus les positions et laisse la place aux actes de déstabilisation», s'est enfin alarmé Washington, en référence aux violences des dernières semaines entre Israël et les Palestiniens.

Ces derniers ont signé mercredi leur demande d'adhésion à la CPI où ils pourraient poursuivre les dirigeants israéliens pour «crimes de guerre», durcissant encore la confrontation avec l'État hébreu après l'échec de leur initiative diplomatique à l'ONU.

Les Palestiniens avaient menacé de rejoindre un certain nombre d'organisations internationales en cas de rejet de leur résolution à l'ONU prévoyant un règlement du conflit avec Israël sous un an, puis un retrait les deux années suivantes des territoires qu'Israël occupe depuis 1967.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé mercredi avoir signé une demande d'adhésion au Statut de Rome, première étape pour se joindre à la Cour pénale internationale, moins de 24 heures après que le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté le projet de résolution palestinien.

Israël: l'ambassadeur français convoqué suite au vote de Paris en faveur de l'Etat palestinien

i24newsLe ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur français en Israël, Patrick Maisonnave, suite au vote de la France en faveur d'un Etat palestinien à l'ONU mardi, selon le quotidien israélien Haaretz.

La rencontre entre le diplomate français et le vice-directeur du ministère des Affaires étrangères, Aviv Shir-On devrait avoir lieu vendredi, selon un haut responsable israélien cité par Haaretz.

La France a provoqué la surprise en indiquant avoir "changé d'avis" seulement quelques heures avant le vote.

Les diplomates français ont passé des semaines à travailler sur une nouvelle version de la résolution palestinienne, donnant à Israël plus de temps pour un retrait de Cisjordanie, plus d'assurances au niveau sécuritaire et surtout un phrasé "plus doux" concernant la question des réfugiés.

Cette résolution a été rejetée par les Palestiniens et la version présentée au vote la nuit dernière était encore plus virulente que la précédente car il comprend la libération des prisonniers palestiniens et exige la cessation de toute activité de colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-Est.

"La solution à deux Etats devient un mirage: la poursuite illégale de la colonisation compromet la viabilité d’un Etat palestinien", a déclaré l'ambassadeur français à l'ONU.

François Delattre a par ailleurs précisé que, selon lui, toutes les conditions étaient réunies pour un embrasement généralisé de la région, ajoutant qu'il "regrettait l'absence de consensus au sein du Conseil".

Echec à l'ONU du projet palestinien de résolution

La ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne, Federica Mogherini, a quant à elle déclaré que le vote au Conseil de sécurité soulignait "l'urgence" qu'il y a à relancer le processus de paix entre Israël et les Palestiniens. "Maintenant, plus que jamais, l'Union européenne va promouvoir et soutenir les efforts pour parvenir à une paix durable."

De son côté Israël s'est dit "satisfait" mercredi du rejet par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution palestinienne portant sur la reconnaissance de la Palestine dans les frontières de 1967.

"Tout Israélien qui souhaite une paix avec nos voisins ne peut être que satisfait des résultats de ce vote", a affirmé à la radio publique le vice-ministre des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi.

"L'échec de la résolution doit apprendre aux Palestiniens que les provocations et les tentatives d'imposer des mesures unilatérales à Israël ne les mèneront nulle part", a pour sa part estimé le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

"Ce vote a porté un coup aux efforts (du président palestinien) Mahmoud Abbas pour nous plonger dans l'embarras et nous isoler", a ajouté Tzahi Hanegbi, un proche du Premier ministre Benyamin Netanyahou. "C'est également une victoire pour l'approche israélienne qui consiste à dire que seules des négociations directes sans conditions préalables peuvent permettre, à supposer que cela soit possible, un compromis historique", a-t-il poursuivi.

Huit pays ont voté en faveur de la résolution: la Chine, la Russie, l'Argentine, le Tchad, le Chili, la Jordanie, le Luxembourg et contre toute attente la France; ce qui est insuffisant pour constituer la majorité nécessaire de neuf voix en faveur.

Deux pays se sont opposés: les Etats-Unis et l'Australie; et cinq pays se sont abstenus: la Grande-Bretagne, la Lituanie, le Nigeria, la Corée du Sud, et le Rwanda.

En outre, les médias israéliens rapportaient ce matin que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait personnellement appelé les dirigeants du Nigeria et du Rwanda juste avant le vote pour les inciter à ne pas soutenir le projet de résolution palestinien.

"J’aimerais remercier les États-Unis ainsi que l’Australie (…) et exprimer ma gratitude la plus sincère envers les présidents du Nigeria et du Rwanda avec qui je me suis entretenu et qui m’ont personnellement promis de ne pas appuyer la motion palestinienne", a déclaré Netanyahou mercredi matin.

Les États-Unis n'auront donc pas eu besoin d'exercer leur droit de veto, que leur statut de membre permanent du Conseil leur confère et dont ils se sont souvent servis pour bloquer des résolutions défavorables à Israël. Ce veto aurait provoqué la colère des pays arabes alliés de Washington dans la coalition qui combat les djihadistes de l'État islamique en Syrie et en Irak. Aussi, John Kerry se serait entretenu par téléphone ces dernières 48 heures avec les responsables de 12 Etats-membres du Conseil et le président palestinien Mahmoud Abbas, a rapporté la presse américaine.

i24news avec AFP

2 Commentaires

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  • jean pierre attali
    31 Décembre 2014 - 20:52

    Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé mercredi ........

    IL n'est plus président depuis de nombreuses années .N'êtes vous pas au courant ?


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  • Claude HAMON
    31 Décembre 2014 - 11:59

    Par la résolution 80, l’ONU s’est interdit de créer un Nouvel Etat Arabe – et elle ne peut pas faire machine arrière

    Il existe un débat, superficiellement abordé dans les médias car il est relève du droit international, pour savoir qui peut décider de reconnaitre la Palestine comme nouvel Etat membre de l’ONU. Est-ce l’Organisation des Nations Unies, le Conseil de sécurité ou l’Assemblée générale ?

    Au cours du débat, vous n’entendrez jamais que l’ONU a voté une résolution, la résolution 80 de sa charte*, qui lui interdit d’approuver la demande de l’Autorité palestinienne.

    Lorsque cette résolution fut votée, elle fut officieusement appelée la « clause du peuple juif », car elle conserve intacts tous les droits accordés aux Juifs par le Mandat britannique pour la Palestine, même après l’expiration dudit mandat les 14/15 mai 1948.

    De quoi s’agit-il

    La résolution 80 de la charte de l’ONU a force de traité international car la Charte des Nations Unies dans son entier est un traité international. Appliquée au cas de la Palestine, elle explique que les Droits qui ont été donnés aux Juifs sur la terre d’Israël ne peuvent être modifiés d’aucune façon, sauf si un accord de tutelle entre les États ou parties concernées avait transformé le mandat en tutelle, ou en « territoire sous tutelle ».

    En vertu du chapitre 12 de la même Charte, l’ONU avait une fenêtre de trois ans pour ce faire, entre le 24 Octobre 1945 (date où la Charte des Nations Unies est entrée en vigueur) et le 14/15 mai 1948, date où le mandat a expiré, et l’Etat d’Israël a été proclamé.

    Comme aucun accord de ce type n’a été passé pendant ces trois ans, les droits donnés aux juifs dans le mandat britannique sur la Palestine ont force exécutoire, et l’ONU est bloquée par cet article 80. Elle n’est même pas autorisée à le modifier.

    L’ONU n’a donc aucune possibilité de transférer une partie des Droits qui ont été donnés au peuple juif sur la Palestine à une entité non-juive, l’Autorité palestinienne en l’occurrence. Tous les juristes de l’ONU le savent, et buttent sur cette résolution incontournable.

    De quels Droits parle-t-on

    Parmi les plus importants des Droits conférés aux Juifs, figurent ceux de l’article 6 du Mandat, qui reconnait aux Juifs le droit d’« immigrer librement sur la terre d’Israël et d’y établir des colonies de peuplement ».

    Sous le mandat britannique, toute la Palestine était réservée à l’établissement du foyer national juif et du futur Etat juif indépendant, en confirmation de ce qui avait été décidé lors de la conférence de paix de San Remo en Avril 1920.

    Aucune partie de la Palestine concernée par le mandat britannique n’a été donnée pour la création d’un Etat arabe, car les droits des Arabes à l’autodétermination leur ont été accordés ailleurs : en Syrie, en Irak, en Arabie, en Egypte et en Afrique du Nord, et il fut créé 21 Etats arabes contemporains à cet effet, sur une immense masse terrestre qui va du golfe Persique à l’océan Atlantique. Contre un seul Etat pour les Juifs, en Palestine historique.

    Il n’y a donc, d’un point de vue juridique pour l’ONU, aucune possibilité de créer encore un Etat arabe indépendant sur le territoire spécifique de l’ex-Palestine mandataire réservée à l’auto-détermination juive, et plus particulièrement en Judée, en Samarie et à Gaza.

    Créer un tel état sur les terres juives serait illégal en vertu de l’article 80 de la Charte des Nations Unies, et outrepasserait l’autorité juridique que l’ONU s’est elle-même donnée. L’ONU est totalement bloquée, quelle que soit sa volonté politique actuelle.

    D’une manière plus générale, il est bon de rappeler qu’aucun article de la Charte des Nations Unies ne donne ni au Conseil de sécurité, ni à l’Assemblée générale, ni au Conseil de tutelle, le pouvoir de créer un État indépendant. Si ce pouvoir avait existé, l’ONU serait un pouvoir législatif universel qui pourrait faire ou défaire les États par sa propre volonté, et elle mettrait en péril l’ordre mondial.

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    L’ONU n’a donc aucun pouvoir légal pour créer un état, ou confisquer une partie du territoire d’un autre Etat. Ileana Ros-Lehtinen, élue Républicaine de Floride d’origine cubaine et responsable du comité des Affaires étrangères du parlement américain a d’ailleurs demandé au Congrès, en août 2011, de voter des sanctions punitives contre l’ONU s’il s’obstine à donner droit à la demande des Palestiniens à la création d’un Etat.

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

    http://www.dreuz.info/2013/06/avec-cette-publication-ma-tete-risque-detre-mise-a-prix/

    http://www.algemeiner.com/2011/09/22/article-80-and-the-un-recognition

    * Article 80 de la Charte des Nations Unies :

    1. Except as may be agreed upon in individual trusteeship agreements, made under Articles 77, 79, and 81, placing each territory under the trusteeship system, and until such agreements have been concluded, nothing in this Chapter shall be construed in or of itself to alter in any manner the rights whatsoever of any states or any peoples or the terms of existing international instruments to which Members of the United Nations may respectively be parties.

    2. Paragraph 1 of this Article shall not be interpreted as giving grounds for delay or postponement of the negotiation and conclusion of agreements for placing mandated and other territories under the trusteeship system as provided for in Article 77.

    http://www.yale.edu/lawweb/avalon/un/unchart.htm#art80


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