Quantcast i24NEWS - Le soutien des Etats-Unis aux rebelles syriens est "illégal" selon Poutine

Le soutien des Etats-Unis aux rebelles syriens est "illégal" selon Poutine

Le président russe Vladimir Poutine assiste à un exercice militaire avec le ministre de la Défense Sergei Shoigu (G) ainsi que le chef d'état major des armées Col.Gen.Valery Gerasimov (D) dans la région d'Orenbourg, le 19 septembre 2015
Alexei Nikolsky (RIA NOVOSTI/AFP/Archives)
Le président russe a parlé de la crise syrienne avec le roi d'Arabie saoudite avant son discours à l'ONU

Le président russe Vladimir Poutine a critiqué dimanche la politique américaine en Syrie et jugé illégal le soutien apporté par Washington à certains rebelles qui combattent le régime de Bachar Al-Assad, à la veille d'un entretien avec son homologue Barack Obama.

Vladimir Poutine doit s'exprimer lundi devant l'Assemblée générale de l'Onu à New York pour promouvoir son plan pour la Syrie, notamment pour bâtir une coalition élargie, comprenant l'armée du président syrien Bachar Al-Assad, pour combattre le groupe Etat islamique.

Il doit rencontrer le même jour le président américain Barack Obama pour leur première rencontre formelle en plus de deux ans, même si le Kremlin et la Maison blanche ne semblent pas d'accord sur les sujets à l'ordre du jour.

Dans un entretien accordé aux chaînes américaines CBS et PBS, dont un extrait a été diffusé par le Kremlin, Vladimir Poutine assure que le président syrien Bachar Al-Assad lutte contre des organisations terroristes et dénonce le soutien de Washington aux rebelles.

"De mon point de vue, la livraison de matériel militaire à des structures illégales est contraire aux principes des lois internationales modernes et à la Charte des Nations unies", dit le président russe, qui est accusé par les Occidentaux de faire la même chose avec les rebelles séparatistes de l'est de l'Ukraine.

La Russie a fortement renforcé son dispositif militaire en Syrie ces dernières semaines en déployant notamment des avions de chasse et des blindés, selon des responsables américains, et insiste pour que le régime de Damas soit associé à la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), une demande jusqu'à présent rejetée par les Etats-Unis.

Samedi, une source militaire syrienne a indiqué qu'"au moins 15 avions cargos russes" transportant "des équipements et du personnel" ont atterri au cours des deux dernières semaines sur la base militaire de Hmeimim dans l'ouest de la Syrie.

Ces initiatives russes ont incité Washington à lancer une nouvelle initiative diplomatique pour tenter de mettre fin à la guerre et à renouer le dialogue avec Moscou après des mois de froid en raison du conflit ukrainien.

Dans l'entretien accordé à CBS et PBS, Vladimir Poutine critique particulièrement l'intention affichée par les Etats-Unis d'entraîner quelque 5.400 rebelles syriens pour combattre l'EI.

"Il apparaît que seuls 60 de ces combattants ont été correctement entraînés et que seuls 4 ou 5 d'entre eux portent encore des armes. Les autres ont déserté avec leurs armes américaines ou rallié l'EI", ironise le chef du Kremlin.

Vladimir Poutine assure aux chaînes américaines que son aide militaire à Bachar Al-Assad vise uniquement à lutter contre le terrorisme dans le respect de la Charte des Nations unies. "Nous n'apportons notre soutien qu'aux gouvernements légitimes", affirme imperturbablement le président russe.

L'Iran prêt à discuter d'un "plan d'action" sur la Syrie (Rohani)

L'Iran est prêt à discuter avec les Etats-Unis, la Russie et les Européens d'un éventuel plan d'action en Syrie une fois les djihadistes du groupe Etat islamique défaits, a déclaré dimanche le président iranien Hassan Rohani.

"Ce n'est pas un problème pour nous (...) d'entamer des discussions pour déterminer et mener à bien le plan d'action suivant, après que les terroristes auront été chassés du territoire" syrien, a-t-il expliqué dans un entretien avec la radio américaine publique NPR qui sera diffusé dans son intégralité lundi.

"Mais nous devons tous agir de concert et avoir une formule pour chasser les terroristes, immédiatement", a-t-il souligné.

"Nous devons parler des options à venir" avec le gouvernement syrien et "toutes les parties concernées", dans le but "d'aboutir en commun à un plan d'action", a-t-il dit.

Mais il a aussi réaffirmé que le sort de la Syrie, et de son président Bachar al-Assad, ne pourrait être décidé que par les Syriens eux-mêmes: "En fin de compte, le dernier mot, et le mot le plus important, revient au peuple de ce pays".

"Nous nous soucions de la situation en Syrie et de la population syrienne", a encore affirmé M. Rohani. "Nos coeurs saignent pour les nombreuses personnes qui sont tuées chaque jour". "L'Iran continuera de tout faire pour créer stabilité et sécurité et les rétablir en Syrie", a-t-il affirmé.

Discussion entre Poutine et le roi saoudien avant son discours à l'Onu

AFPEn outre, le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu samedi du règlement de la crise syrienne avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, deux jours avant son intervention prévue à l'Onu, a annoncé le Kremlin.

L'entretien téléphonique a eu lieu "à l'initiative de la Russie", a précisé la présidence russe dans un communiqué. Les deux hommes ont évoqué "la recherche d'une solution à la situation en Syrie et la mise en place d'une coopération internationale efficace pour lutter contre l'Etat islamique", a précisé la même source.

Vendredi, un diplomate russe a évoqué la possibilité que la Russie se joigne à la coalition menée par Washington contre le groupe Etat islamique à condition que le Conseil de sécurité de l'Onu donne un cadre légal à son action.

"Il est en théorie possible que tous les protagonistes intéressés se joignent à la coalition si celle-ci reçoit l'accord du Conseil de sécurité de l'Onu pour un recours à la force et si elle agit sous l'égide de l'Onu", a déclaré à l'agence de presse Interfax le chef du département des "défis et menaces" du ministère russe des Affaires étrangères, Ilya Rogatchev.

17 morts dans un raid sur l'unique quartier rebelle de Homs

Joseph Eid (AFP/Archives)Au moins 17 personnes, dont quatre enfants, ont été tuées dans une frappe de l'armée syrienne sur le seul quartier encore tenu par les rebelles à Homs, troisième ville du pays, rapporte dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les forces du régime ont lancé samedi un missile sol-sol sur le quartier de Waer à Homs, tuant au moins 17 personnes en majorité des civils, dont quatre enfants et quatre femmes", indique l'ONG qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie. Au moins un rebelle figure parmi les morts.

Waer est le dernier quartier de Homs encore tenu par les insurgés où plus de 100.000 civils et rebelles sont encore assiégés par l'armée. Plusieurs tentatives de trêves ont échoué entre le régime de Bachar Al-Assad et les insurgés. En mai 2014, la vieille ville de Homs, un des principaux bastions des rebelles en Syrie, est tombée aux mains de l'armée après un siège asphyxiant de deux ans.

Baptisée "capitale de la révolution", Homs a été l'une des premières villes à se soulever contre le régime d'Assad au début de la révolte en mars 2011. Celle-ci avait commencé par des manifestations pacifiques qui, réprimées dans le sang, ont dégénéré en rébellion armée puis en guerre civile meurtrière.

(avec agences)

Commentaires

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Obama tu as du soucis a te faire

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