Amérique

Le président vénézuélien  Nicolas Maduro le 15 janvier 2016 à l'Assemblée nationale à Caracas

Le Parlement vénézuélien, désormais contrôlé par l'opposition, a appelé jeudi le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro à demander une "aide humanitaire" internationale afin d'éviter la "famine" liée à la grave pénurie alimentaire dont souffre le pays.

Le gouvernement doit présenter "des mesures provisoires destinées à solliciter une aide humanitaire auprès d'organismes internationaux afin d'éviter que se matérialise la menace de famine", estime le Parlement dans un document soulignant la "crise humanitaire et absence de sécurité alimentaire" au Venezuela.

Le pays sud-américain, autrefois un riche producteur pétrolier grâce à ses immenses réserves de brut - les plus importantes au monde -, est plongé dans une grave crise économique avec la chute des cours du pétrole.

Au quotidien, celle-ci se traduit par une pénurie touchant des produits basiques comme le café, l'huile ou les couches pour bébés, obligeant les habitants à faire la queue pendant des heures, d'un supermarché à l'autre, pour pouvoir se fournir.

Le Parlement appelle aussi le gouvernement à faire appel à l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour qu'elle envoie une commission au Venezuela afin d'"évaluer les risques pour la santé alimentaire".

Selon Julio Borges, chef du groupe parlementaire d'opposition, en 17 ans de chavisme (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013), l'Etat a exproprié 1.200 entreprises dont 300 du secteur alimentaire qui "aujourd'hui ne produisent rien", de même que la "grande majorité" des quatre millions d'hectares de terres agricoles.

Le député chaviste Ricardo Molina a lui estimé que cette requête, tout comme celle formulée fin janvier pour que le gouvernement déclare l'état d'urgence sanitaire en raison du manque de médicaments, vise à créer les conditions pour une "intervention militaire des Etats-Unis".

Il a nié l'existence d'une crise alimentaire dans le pays, répétant l'argument avancé par Nicolas Maduro d'une "guerre économique" menée par les milieux d'affaires pour organiser la pénurie et faire tomber le gouvernement.

Les tensions sont fortes entre gouvernement et Parlement depuis que ce dernier est contrôlé par l'opposition, qui a remporté une victoire historique aux élections législatives du 6 décembre dernier, au risque de mener à un blocage institutionnel du pays.

(AFP)

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