Donald Trump dénonce les "fausses informations" le liant à Moscou

Donald Trump
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Le successeur d'Obama a admis que la Russie avait bien commandité le piratage informatique du parti démocrate

Le président élu américain Donald Trump a laissé éclater sa colère mercredi contre les "fausses informations" diffusées par des médias américains sur des liens allégués avec la Russie, tout en admettant le rôle de Vladimir Poutine dans les piratages du parti démocrate.

"Ce sont des fausses informations. C'est bidon. Ces choses ne se sont jamais passées. Et cela a été obtenu par nos adversaires", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tendue à la Trump Tower de New York, réagissant à la publication par le site Buzzfeed de 35 pages de notes alléguant de liens entre l'entourage du milliardaire et le Kremlin.

Selon ces documents, à l'authenticité incertaine, les services d'espionnage russes disposent également d'informations compromettantes ("kompromat") compilées au fil des années, notamment sur des rencontres avec des prostituées de l'homme d'affaires à Moscou. Le Kremlin a nié l'existence d'un tel dossier.

Le milliardaire new-yorkais, visiblement furieux de la diffusion de ces allégations, a volé dans les plumes du site Buzzfeed mais aussi d'un reporter de CNN. La chaîne d'information n'a pas publié les 35 pages mais a rapporté mardi que les chefs du renseignement américain en avait présenté un résumé de deux pages vendredi dernier lors d'une rencontre avec M. Trump, ce que son entourage a démenti.

"En ce qui concerne Buzzfeed, qui est un tas d'ordures sur le déclin, ils vont en subir les conséquences, ils les subissent déjà", a prévenu le président.

Don EMMERT (AFP)

Le futur commandant en chef s'en est aussi pris aux services américains, se demandant à haute voix s'ils n'étaient pas la source des fuites de ces notes à Washington.

"Je pense que c'est scandaleux, scandaleux, que les agences de renseignements aient permis (la publication) d'une information, qui s'est révélée être erronée et fausse", a-t-il dit.

Poutine

Mais le successeur de Barack Obama a admis, pour la première fois clairement, que la Russie de Vladimir Poutine avait bien commandité le piratage informatique du parti démocrate d'Hillary Clinton pendant la campagne électorale. La divulgation sur Wikileaks de milliers de messages avait grandement déstabilisé la candidate.

M. Trump doutait jusqu'à présent du consensus du renseignement américain, qui a publiquement accusé le président russe d'avoir lancé une campagne de piratages et de désinformation pour discréditer la démocrate et doper les chances du candidat républicain.

"En ce qui concerne le piratage, je pense que c'était la Russie", a déclaré M. Trump, ajoutant immédiatement: "Mais je pense aussi que nous avons été piratés par d'autres pays, d'autres gens".

Cela dit, il n'a pas modifié sa ligne consistant à prôner un rapprochement avec Moscou, encore récemment sanctionné par Barack Obama en décembre pour ses cyberattaques.

Poutine "ne devrait pas faire cela. Il ne le fera pas. La Russie aura beaucoup plus de respect pour notre pays quand je le dirigerai que lorsque d'autres gens le dirigeaient", a promis le républicain.

Conflits d'intérêts

Le milliardaire a également annoncé lors de cette conférence de presse d'environ une heure, devant plus de 250 journalistes, qu'il confierait la direction de l'organisation familiale à ses fils adultes Eric et Donald Jr., ainsi que d'autres mesures destinées à empêcher d'éventuels conflits d'intérêts.

Une avocate du milliardaire a dévoilé un catalogue de réformes, notamment la promesse que les bénéfices issus de clients gouvernementaux étrangers résidant dans ses hôtels seraient donnés au Trésor américain.

L'organisation Trump renoncera à tout nouveau contrat à l'étranger, et les contrats aux Etats-Unis devront être approuvés par un conseiller éthique nommé à la direction du groupe, une nébuleuse non cotée en Bourse, avec des activités dans 20 pays, de l'Ecosse à Dubaï via les Philippines, de l'hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels.

L'homme d'affaires restera actionnaire des multiples entités de la Trump Organization mais démissionnera de toutes ses fonctions, et ne participera pas à sa gestion.

"Mes deux fils, ici même, Don et Eric, vont diriger l'entreprise", a déclaré Donald Trump. "Ils n'en parleront pas avec moi".

La fille du magnat Ivanka, qui était comme ses frères vice-présidente de l'organisation, quittera aussi la direction pour se consacrer à ses jeunes enfants à Washington, où elle et son mari, Jared Kushner, vont déménager. Le gendre du président a été nommé haut conseiller à la Maison Blanche.

L'industrie pharmaceutique US, un "désastre"

Trump s'en est pris par ailleurs à l'industrie pharmaceutique américaine, accusée d'être un "désastre" en vendant aux Etats-Unis des médicaments fabriqués à l'étranger et en s'en sortant "indemne".

"Nous devons faire revenir notre industrie pharmaceutique. Notre industrie pharmaceutique est un désastre", a déclaré le futur président américain.

"Ils s'en vont de tous les côtés. Ils nous fournissent des médicaments mais ils ne les produisent pas ici, en grande partie", a-t-il ajouté, ajoutant que ce secteur avait "beaucoup de lobbyistes et de pouvoir".

Le futur président, élu sur la promesse de ramener des emplois aux Etats-Unis, s'en est récemment pris à plusieurs grandes entreprises, notamment automobiles, accusées de délocaliser leurs emplois hors des Etats-Unis.

DON EMMERT (AFP)

Mercredi, M. Trump a assuré qu'il imposerait de nouvelles conditions d'appels d'offres pour l'industrie pharmaceutique afin de mettre un terme à cette situation.

"Nous sommes les plus grands acheteurs de médicaments au monde et nous n'avons pas de bonnes procédures d'appels d'offres", a assuré le président élu, assurant que cette stratégie permettra d'économiser "des milliards de dollars".

M. Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, s'est par ailleurs félicité des décisions de Ford et Fiat Chrysler d'investir aux Etats-Unis plutôt qu'au Mexique et a appelé General Motors à "suivre" leur exemple.

Il a aussi indiqué que les entreprises américaines qui délocalisent leurs emplois vont payer une "lourde taxe frontalière".

"Si vous pensez que vous allez pouvoir vendre (les produits fabriqués au Mexique) à travers une frontière très très étanche, pas une frontière faible - d'ailleurs on n'a même pas de frontière c'est une passoire trouée - vous vous trompez. Vous allez payer une très lourde taxe frontalière", a dit le président élu.

Commentaires

(1)

Ce type est un vrai leader. C'est ce qui manque à l'occident tout entier. Nous sommes depuis des décennies dirigés par des inconsistants corrompus.

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