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Charlottesville: la réaction de Trump critiquée, Obama cite Mandela

Donald Trump s'exprime après les violences à Charlottesville, le 12 août 2017, depuis Bedminster (New Jersey)
JIM WATSON (AFP)
Le FBI a ouvert une enquête sur les circonstances dans lesquelles une voiture a foncé dans la foule

Un rassemblement de mouvements d'extrême droite américains a dégénéré en violences qui ont fait un mort et des dizaines de blessés samedi à Charlottesville (Virginie), suscitant une controverse après une prise de position ambiguë du président Donald Trump qui s'est refusé à condamné explicitement l'extrême droite.

L'une des victimes est une femme de 32 ans qui a été tuée lorsqu'une voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s'opposer à ce rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu'à la droite alternative ou "Alt Right", dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l'élection présidentielle.

Des affrontements entre manifestants des deux camps s'étaient multipliés avant le rassemblement de Charlottesville, finalement annulé par les autorités de cette petite ville historique de l'est des Etats-Unis.


Charlottesville: le bilan fait état d’un mort... by i24news-fr

Trump provoque le malaise

Le président américain Donald Trump, qui a condamné les violences de Charlottesville sans se prononcer sur la responsabilité de l'un ou l'autre des camps en présence, a été vivement critiqué.

"Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances.

En semblant renvoyer dos à dos les deux camps, le président américain a provoqué l'indignation chez les Démocrates mais aussi un malaise chez les Républicains, son propre parti.


"La haine et la division doivent cesser, et elles doivent cesser immédiatement", a lancé le président. Interpellé par des journalistes, il a refusé de condamner spécifiquement les mouvements d'extrême droite.

La démocrate Hillary Clinton a critiqué le président sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté.


Obama cite Mandela

L'ex-président Barack Obama est lui sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela dans une série de tweets: "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion".


Dans la soirée, le ministre de la Justice Jeff Sessions avait dénoncé "l'intolérance raciale et la haine". Les violences de Charlottesville "trahissent nos valeurs fondamentales et ne peuvent être tolérées", a-t-il dit.

Le gouverneur de Virginie a également attaqué les groupes d'extrême droite. "J'ai un message pour tous les suprémacistes blancs et les nazis qui sont venus aujourd'hui à Charlottesville. Notre message est simple et clair. Rentrez chez vous. Vous n'êtes pas les bienvenus dans cette belle communauté", a-t-il indiqué.

Des Juifs pris à partie

Par ailleurs, des rabbins et les étudiants juifs venus de tous les États-Unis pour participer à la contre-manifestation, ont dénoncé un "niveau de chaos" inédit, selon le journal Haaretz.

Lors des violences, plusieurs d'entre eux ont été pris à partie par des nationalistes blancs.

"Les suprématistes blancs chantaient 'le sang et le sol', qui est un slogan nazi", a raconté au quotidien israélien le rabbin Mordechai Liebling. "Cela fait 50 ans que je vais à des manifestations, et je n'ai jamais vu un niveau de chaos et de haine comme aujourd'hui", a-t-il ajouté.

ANDREW CABALLERO-REYNOLDS (AFP/File)

"En tant que juive, il était vraiment important pour moi de (participer à la manifestation) pour les autres Juifs", a déclaré Salem Pearce, étudiante rabbinique au Hebrew College.

Le FBI a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles la voiture a foncé sur la foule.

Le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas.

Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, 20 ans, originaire de l'Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite.

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