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L'enquête russe se rapproche de Trump, son ex-conseiller Flynn inculpé

L'ex-conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche Michael Flynn lors d'un séminaire sur la Défense le 12 décembre 2016 à Washington
WIN MCNAMEE (GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives)
Il a été inculpé pour avoir menti aux enquêteurs dans le cadre de l'affaire russe

L'affaire russe a connu vendredi un spectaculaire coup d'accélérateur avec l'inculpation de Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qui a reconnu avoir menti au FBI et accepté de coopérer avec la justice.

La vaste enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 - et l'entente présumée entre des proches de M. Trump et Moscou - fait peser depuis plusieurs mois une lourde épée de Damoclès au-dessus du 45e président des Etats-Unis.

Michael Flynn, ex-directeur du renseignement militaire américain, a plaidé coupable en milieu de matinée, face à un juge fédéral à Washington, d'avoir notamment fait de fausses déclarations aux enquêteurs sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie, Sergueï Kisliak.

Selon les documents d'accusation, dont il a confirmé la véracité de sa signature, M. Flynn admet avoir agi sur les instructions d'un "très haut responsable" non désigné de l'équipe de transition présidentielle de M. Trump.

Ces révélations ont instantanément mis en ébullition la capitale fédérale américaine et fait chuter Wall Street. Le Dow Jones a baissé de plus de 1%, avant de réduire ses pertes.

Quelles informations cet homme de 58 ans aux traits sévères s'est-il engagé à livrer aux enquêteurs ? Jusqu'où ira-t-il pour échapper à la prison ? Mettra-t-il directement en cause des proches de Donald Trump, voire le président lui-même ? 

Debout à la barre, entouré de deux de ses avocats, M. Flynn a répondu d’un ton calme aux questions du magistrat Rudolph Contreras qui lui a signifié qu'il encourait cinq ans de réclusion.

"J'admets que les actions que j'ai admises aujourd'hui devant le tribunal constituent une grave erreur", a-t-il ensuite écrit dans un communiqué. "J'accepte l'entière responsabilité de mes actions".

'Enfermez-là !' 

Par ses omissions et fausses déclarations, notamment au sujet des sanctions imposées par les Etats-Unis à la Russie, M. Flynn est accusé d'avoir "entravé" l'enquête ultrasensible du FBI. 

Il se voit par ailleurs reprocher d'avoir dissimulé qu'il a tenté d'influencer un vote du Conseil de sécurité des Nations unies sur la colonisation menée par Israël. Ces manoeuvres devaient affaiblir l'action de Barack Obama, à l'époque encore président des Etats-Unis.

Ancien général, Michael Flynn est connu pour son indulgence avec la Russie et sa ligne très dure face à l'extrémisme islamique. Il fit preuve d'une extrême virulence durant la campagne où il encourageait les foules à crier "Enfermez-là !" à chaque évocation de la démocrate Hillary Clinton.

Il avait été poussé à la démission moins d'un mois après sa nomination à la Maison Blanche.

Le gouvernement Trump a immédiatement tenté de minimiser le rôle de M. Flynn au sein de son équipe.

"Rien dans le plaider coupable ou les chefs d'inculpation n'implique d'autres personnes que M. Flynn", a indiqué Ty Cobb, le conseil de la Maison Blanche, soulignant, dans une formulation alambiquée, que M. Flynn n'avait été conseiller que pendant 25 jours et en le qualifiant d'"ancien de l'administration Obama".

Au Congrès, les élus démocrates insistaient sur le fait que les investigations avaient désormais franchi le cercle rapproché du président.

"Quand son propre conseiller à la sécurité nationale est trouvé coupable d'avoir menti au FBI sur ses contacts avec les Russes, on peut s'attendre à de nouveaux développements", a commenté Mark Warner, membre de la commission du Renseignement.

Ce rebondissement de taille assombrit ce qui s'annonçait comme une journée de victoire pour M. Trump avec le vote probable par le Sénat de sa grande réforme fiscale. 

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