Europe

Environ 500 policiers se sont rassemblés sur les Champs-Elysées dans la nuit du 17 au 18 octobre 2016
Mardi soir, quelque 400 policiers se sont rassemblés à Evry, dans la banlieue de Paris

Alain Juppé "comprend parfaitement l'état d'esprit des policiers", qui se sont mobilisés de nouveau par centaines pour réclamer plus de moyens et de fermeté dans la nuit de mardi à mercredi, 24 heures après une première manifestation nocturne sur les Champs-Elysées.

"Les actes de violence ne sont jamais de bonnes manifestations, mais je comprends parfaitement l'état d'esprit de nos policiers aujourd'hui".

"Assurer l'ordre public et la sécurité suppose d'abord une volonté politique et une autorité respectée. Or aujourd'hui l'autorité de l’État n'est plus respectée", a déclaré sur France 2 M. Juppé, favori des sondages pour la primaire organisée par Les Républicains en vue de la présidentielle.

Mardi soir, quelque 400 policiers se sont rassemblés à Evry, dans la banlieue de Paris, où le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone, a reçu les chefs de brigade du département de l'Essonne, d'où étaient partis de nombreux policiers qui avaient manifesté la veille.

Les policiers ont abondamment hué leur chef lorsqu'il est reparti en voiture et ont appelé à sa démission.

Une soixantaine d'autres policiers se sont à nouveau réunis devant l'hôpital Saint-Louis à Paris, où est soigné un agent grièvement blessé lors de l'attaque au cocktail Molotov du 8 octobre à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, qui a exacerbé la colère des policiers.

Et une centaine de policiers se sont rassemblés dans la nuit de mardi à mercredi à bord de leurs véhicules de service sur le Vieux-Port à Marseille, dans le sud-est de la France.

Dans la journée, M. Falcone a jugé "inacceptable" le comportement des policiers qui avaient protesté sur les Champs-Elysées.

BORIS HORVAT (AFP)

Les policiers en colère avaient perturbé pendant plus d'une demi-heure la circulation autour de l'Arc de Triomphe et sur l'avenue la plus célèbre du monde.

En tenue civile, ils circulaient dans des véhicules banalisés ou appartenant à la flotte officielle de la police, gyrophares allumés. "Nous sommes à bout", expliquait l'un d'eux.

"C'est un mouvement asyndical, une réaction face à l'absence de réponse réelle de l'Etat" pour contrer les violences envers les policiers, déclarait un autre policier. "On en a marre que ça n'aille pas vite".

Le rassemblement avait débuté devant l'hôpital où un policier de 28 ans est maintenu dans un coma artificiel depuis qu'il a été très grièvement brûlé dans l'attaque commise le 8 octobre à Viry-Châtillon.

Le 8 octobre, une dizaine de personnes avaient brisé les vitres de deux véhicules de police et les avaient incendiés avec des cocktails Molotov en tentant de bloquer les policiers à l'intérieur. Quatre agents avaient été blessés, dont deux grièvement.

Trois jours après cette attaque, plusieurs centaines de policiers s'étaient rassemblés en silence devant les commissariats de France, en solidarité avec leurs collègues attaqués, réclamant plus de moyens et de fermeté

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