Europe

Emmanuel Macron lors d'un meeting le 18 octobre 2016 à Montpellier
"L'urgence est de dénoncer les discours anxiogènes (...) véhiculés par une large part de la classe politique"

Fini le diagnostic. Le président d'En Marche! a conclu mardi soir le troisième et dernier volet de ses meetings dédiés à faire un état des lieux de la France.

A Montpellier, il s'est exprimé sur les "vrais sujets", du moins ceux qui polarisent le plus l'attention des Français dans cette campagne électorale.

Il faudra toutefois attendre novembre pour les propositions de l'ex-ministre et peut-être janvier pour l'annonce de sa candidature à la présidentielle.

Emmanuel Macron a martelé mardi l'importance de la "volonté d'être français", défendu la réduction des inégalités, la laïcité, un Islam organisé et la "responsabilité morale" d'accueil des réfugiés.

Après "La France qui subit" à Strasbourg et "la France qui choisit" au Mans, c'est sur le thème de "la France qui unit", que l'ex-ministre de l'Economie s'est exprimé pendant près d'une heure et demie.

"L'urgence, c'est de dénoncer les discours anxiogènes, déclinistes véhiculés à dessein par une large part de la classe politique", a commencé M. Macron, dont la candidature à la présidentielle fait de moins en moins de doute alors qu'un nouveau sondage (Odoxa) le place mardi au deuxième rang des personnalités le plus d'adhésion chez les Français (34%, en hausse de 3 points).

Partant du constat qu'"on peut naître en France, être français, passer son enfance à l'école de la République, avoir bénéficié de notre mode de vie et de notre modèle social et détester la France", M. Macron a longuement défendu "la volonté" d'être Français. "La question que devons nous poser, la seule qui vaille, elle est assez simple: quels Français voulons-nous être ?", a-t-il interrogé.

Il a ensuite développé cette idée en suivant plusieurs pistes: la refonte de la sécurité sociale, la laïcité et l'organisation de l'Islam dans la société française mais aussi l'accueil des réfugiés.

Dans ce qu'il a à plusieurs reprises nommé "cette nation bienveillante et exigeante", "la religion n'est pas un problème". "La laïcité, c'est une liberté avant d'être un interdit", a-t-il insisté, invoquant le "texte de tolérance" que constitue la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

PASCAL GUYOT (AFP)

Vif échange

Mais, a-t-il analysé, "le coeur du débat qui est posé à notre société, il faut le regarder en face: c'est l'islam". "C'est la question que devons regarder ensemble, il n'est pas besoin de tout confondre", a-t-il ajouté, appelant à lui "construire sa place dans la nation française, en l'assumant, en l'aidant pleinement à s'intégrer".

Il a à ce titre proposé non "pas de nouveaux textes, de nouvelles lois, elles sont là", mais leur application.

Un peu plus tôt dans la journée, lors d'une rencontre avec des responsables d'associations dans le quartier sensible de la Paillade, M. Macron avait eu un vif échange avec un habitant à propos de salafisme. "Ce n'est pas la religion de quelqu'un qui détermine les choses, quand une association déclare que les valeurs qu'elle porte sont supérieures à la République, il faut la démanteler", avait-il déclaré, clôturant l'incident.

A la toute fin de son discours, il a également défendu la "responsabilité morale" et "historique" de la France à accueillir les réfugiés.

M. Macron n'a pas mâché ses mots contre le Front national - sans jamais le nommer - et contre les candidats à la primaire de la droite. Presque sans un mot pour la gauche, il a cependant pris soin rendre hommage au travail du président François Hollande sur la COP21.

(avec agence)

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