Europe

Le président tchèque Milos Zeman (c) donne un discours au Parlement, le 7 août 2013 à Prague
Les députés tchèques ont reprouvé "une résolution qui discrédite l'Unesco et attise l'antisémitisme"

Les députés de la chambre basse du Parlement tchèque ont condamné mercredi la résolution adoptée mardi par l'Unesco, sur Jérusalem-est et qui nie le lien millénaire entre les Juifs et la ville sainte.

119 députés sur les 149 que comptent la chambre ont voté lors d'une session parlementaire en faveur d'un texte qui réprouve fermement la résolution portée par plusieurs pays arabes qui "nie les liens historiques entre les Juifs et leurs lieux saints, discrédite l'Unesco et attise l'antisémitisme".

"La Chambre des députés du Parlement de la République tchèque rejette cette résolution, qui porte en elle l'esprit de la haine anti-israélienne, et ignore non seulement les liens juifs, mais aussi les liens chrétiens avec les lieux saints de Jérusalem", souligne le texte.

"Les formulations sont incompatibles avec le caractère neutre et pacifique de l'Organisation des Nations Unies, discréditent l'UNESCO et finalement, renforcent les tendances antisémites au niveau internationale".

La République tchèque est l'un des plus proches alliés d'Israël au sein de l'Union européenne.

Présenté par l'Algérie, l'Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, la résolution a été validée par les 58 Etats membres du Conseil exécutif de l'Unesco réunis mardi en assemblée plénière au siège de l'organisation à Paris.

Son adoption jeudi dernier en commission (avec 24 voix pour, six contre et 28 abstentions) avait suscité une levée de boucliers en Israël : le gouvernement israélien avait immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l'Unesco en signe de protestation.

Mardi, aucun des Etats membres du Conseil exécutif, réunis en plénière, n'a demandé à rouvrir le débat et le texte a été entériné sans qu'il y ait de nouveau vote, a expliqué une porte-parole de l'Unesco.

AFP

"Ce n'est pas le bon endroit pour résoudre les problèmes entre les pays ou les peuples", a rétorqué l'ambassadeur d'Israël à l'Unesco, Carmel Shama-Cohen, estimant que l'organisation de l'ONU pour la paix et la culture devrait plutôt servir à bâtir "des ponts" entre Israéliens et Palestiniens.

Même si le projet de décision "affirme l'importance de la Vieille ville de Jérusalem pour les trois religions monothéistes", la classe politique israélienne s'est unanimement offusquée des formulations retenues dans le texte.

Celui-ci ne fait jamais référence à l'esplanade sous l'appellation de Mont du Temple et désigne d'abord par son nom arabe (al-Buraq) le parvis du mur des Lamentations, en mettant "mur des Lamentations" entre guillemets.

"Dire qu'Israël n'a pas de liens avec le Mont du Temple et le Kotel (mur des Lam)entations), c'est comme dire que les Chinois n'ont pas de liens avec la muraille de Chine", avait dénoncé le Premier ministre Benyamin Netanyahou la semaine dernière.

La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, avait pour sa part exprimé ses réserves : "le patrimoine de Jérusalem est indivisible et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville".

A la suite de ce communiqué, elle a été menacée de mort, a assuré lundi l'ambassadeur israélien à l'Unesco, ce que les services de Mme Bokova n'ont souhaité ni confirmer ni démentir.

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