Europe

Grande synagogue de Strasbourg / Claude Truong-Ngoc / Wikimedia
"Il y a tout un judaïsme qui est majoritaire dans le monde mais n'est pas reconnu et entendu en France"

Les communautés juives libérales de France se sont fédérées en association pour mieux faire entendre leur voix dans un paysage largement dominé par les courants orthodoxes et traditionalistes dépendant du Consistoire israélite, ont-elles annoncé jeudi.

Cette organisation, l'Assemblée du judaïsme libéral (AJL), aura pour mission de "porter la voix libérale en France, jusqu'à présent peu audible", écrit-elle dans un communiqué.

"Il y a tout un judaïsme qui est majoritaire dans le monde mais n'est pas reconnu et entendu aujourd'hui en France", explique le président de l'AJL, Stéphane Beder, membre de la communauté libérale francophone et anglophone de Paris Kehilat Gesher.

"Notre initiative n'est pas dirigée contre qui que ce soit, mais dans notre rapport aux conversions, aux couples mixtes, à la place de la femme, nous ne sommes pas en phase avec le Consistoire", plus strict sur l'application de la loi juive (halakha), fait valoir ce responsable.

"Nous souhaiterions que le ministère de l'Intérieur puisse avoir un dialogue avec l'ensemble des composantes du judaïsme", ajoute le président de l'AJL. Et pas seulement avec le Consistoire israélite, fondé en 1808 par Napoléon, et seul organe représentatif aux yeux de l'Etat pour le culte de la première communauté juive d'Europe, forte d'un demi-million de membres, croyants ou non. Cette institution gère quelque 400 synagogues.

L'AJL fédère, elle, la dizaine de communautés libérales implantées en France, à Paris (synagogue Copernic-UJLF, MJLF, CJL...), Lyon, Marseille, Toulouse, Montpellier, Strasbourg et Grenoble. Elle est désormais l'organisation ombrelle française correspondante de la World Union for Progressive Judaism (WUPJ), qui revendique 1,8 million de membres dans 50 pays, et dont Stéphane Beder est le premier vice-président.

"Jusqu'ici, notre développement s'était fait communauté par communauté, il est maintenant temps de se structurer au niveau national", estime le dirigeant, notant un frémissement du judaïsme libéral: "Nos cours de Talmud-Torah sont de plus en plus remplis, les fidèles de plus en plus nombreux à nos offices".

Les synagogues libérales présentent la particularité de pouvoir accueillir des femmes rabbins: trois y officient déjà en France, et quatre autres sont en formation, selon Stéphane Beder.

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