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Affaire Théo: Les enquêteurs retiennent la thèse de l’accident

People hold signs reading "Justice for Theo" during a protest on February 6, 2017 in Aulnay-sous-Bois, northern Paris, a day after a French police officer was charged with the rape of a youth injured after allegedly being sodomized with a baton
FRANCOIS GUILLOT (AFP/File)
Les enquêteurs concluent à une interpellation violente des policiers mais réfutent la thèse d'un viol délibéré

Les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargés de mener l’instruction dans l’affaire du jeune Théo, violemment interpellé par des agents à Aulnay-sous-Bois, ont retenu la thèse de l’accident dans un rapport transmis dimanche matin à la juge en charge du dossier, rapporte jeudi l’Express.

Ils ont conclu à une interpellation violente des policiers, mais ont réfuté la thèse selon laquelle ils auraient commis un "viol délibéré", a indiqué une source proche de l’affaire au magazine.

« Les enquêteurs distinguent deux choses : le coup de matraque télescopique et l'acte de pénétration. Pour eux, le coup est volontaire, non réglementaire et relève d'un acte de violence tandis que la pénétration est jugée non intentionnelle et accidentelle », a révélé la source à l’hebdomadaire, qui évoque « un geste professionnel mal maîtrisé ».

Selon la « police des polices », qui a examiné des vidéos de surveillance, ce ne sont pas les policiers qui ont baissé le pantalon de Théo mais celui-ci qui aurait glissé tout seul au cours de l’interpellation.

L’élaboration du rapport s’appuie sur les auditions des quatre fonctionnaires de police mis en cause, de la victime Théo, d’un témoin, des images de vidéosurveillance de la police municipale et d’Omar A., un riverain ayant filmé la scène.

D’autres auditions de témoins et de protagonistes doivent se tenir dans les prochaines semaines, selon l’Express.

L’avocat pénaliste, Eric Dupond-Moretti, qui assure la défense du jeune homme de 22 ans, a estimé dans une interview à l’Express que les policiers étaient animés « d'une volonté d’humiliation ».

Même version livrée par Théo, qui depuis son lit d’hôpital, grièvement blessé au visage, au crâne et au rectum, a accusé les policiers de lui avoir enfoncé « volontairement » la matraque et d'avoir proféré des insultes racistes à son encontre.

Des émeutes se sont produites les trois nuits après l’interpellation dans la cité des 3.000, où des policiers menacés ont procédé à des tirs de sommation à balles réelles. Lors de la visite de François Hollande à l’hôpital mardi, Théo a exhorté les jeunes à ne "pas faire la guerre" et à "rester unis", affirmant avoir "confiance en la justice ».

En soutien à Théo, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mardi à Paris en début de soirée dans une ambiance tendue, encerclées par des dizaines de policiers casqués.

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