Europe

Caricature Zuckerberg
Un dessin tendancieux de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook, dans un journal allemand provoque l'émoi

Une caricature du fondateur de Facebook Mark Zuckerberg publié dans le journal allemand "Suddeutsche Zeitung" la semaine dernière a provoqué l'émoi du Centre Simon Wiesenthal, qui déclaré que le dessin rappellait l'iconographie nazi.

Le Rabbin Abraham Cooper, un des membres du Centre Wiesenthal a affirmé que cette caricature constitue un "outrage". Il a accusé le dessinateur d'antisémitisme "inconscient" dans une interview au journal américain Algemeiner.

Le dessin appelé "La pieuvre Facebook" dépeint Zuckerberg muni de tentacules qui attrapent des ordinateurs autour de lui. Le personnage de Zuckerberg a un nez crochu, et des cheveux frisés sous un chapeau sur lequel est inscrit le logo Facebook.

Sur une des tentacules, Zuckerberg tient le logo de l'application WhatsApp que Facebook a récemment acquis pour un montant de 19 milliards de dollars.

"L'analogie Juif/pieuvre est une image qui a été développée par les Nazis. Elle fait partie de base de la propagande antisémite des années 30", a expliqué le rabbin Cooper.

"Mark Zuckerberg est une proie facile pour les médias, notamment en Allemagne. Mais les Allemands devraient éviter de diffuser ce genre de caricature", a-t-il ajouté.

L'auteur de la caricature, le dessinateur allemand Burkahard Mohr s'est dit "choqué" qu'on puisse penser que son dessin soit antisémite, dans une interview accordée au Jerusalem Post.

"L'antisémitisme et le racisme sont des idéologies qui me sont complètement étrangères. Je suis désolé si ce dessin a provoqué une incompréhension et heurté la sensibilité de certains lecteurs" a-t-il déclaré.

Un antisémitisme de gens éduqués

Dans le même temps, le quotidien israélien Haaretz a publié un reportage sur les origines de l'antisémitisme moderne en Allemagne.

Le professeur Monika Schwartz-Friesel a analysé 14.000 lettres, mails et fax à caractère antisémite envoyés à différentes organisations juives et à l'ambassade d'Israël en Allemagne entre 2002 et 2012.

L'enquête du professeur Schwartz-Friesel révèle que 60% des missives antisémites envoyées sont l'oeuvre d'Allemands éduqués, notamment des professeurs d'université.

Seul 3% de ces courriers ont été envoyés par des extrémistes de droite.

80% de ces missives sont anti-israéliennes selon le professeur Schwartz-Friesel, qui explique qu'il est "aujourd'hui impossible de distinguer l'antisémitisme du sentiment anti-israélien". Selon elle, "l'antisémitisme moderne s'est cristallisé autour d'Israël".

Le professeur Monika Schwartz-Friesel a également été surprise de découvrir que la plupart des expéditeurs de ces courriers n'ont pas hésité à écrire leur nom, leur métier et leur adresse, alors qu'on aurait pu penser que ces lettres restent anonymes.

Selon elle, le sentiment antisémite n'est plus une proprieté de l'extrême droite. Il s'est répandu dans les sphères les plus progressistes de la société allemande.

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