Quantcast

Mali: l'alliance djihadiste du Sahel revendique l'attaque près de Bamako

Des forces maliennes et européennes devant l'entrée du campement Kangaba, un "ecolodge" à la périphérie de Bamako, après une attaque jihadiste, le 19 juin 2017 au Mali
HABIBOU KOUYATE (AFP)
L'attaque djihadiste avait fait également une vingtaine d'otages pris par les assaillants

La principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda a revendiqué lundi l'attaque djihadiste lancéee contre des étrangers près de Bamako dimanche, dans un communiqué sur les réseaux sociaux, repris par les agences privées mauritaniennes ANI (Agence Nouakchott Information) et Al-Akhbar.

Dans ce communiqué  le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans" affirme que les assaillants au nombre de trois, appartenant à l'ethnie peule, ont péri lors de cette attaque qui a duré plusieurs heures.

La haute représentante de l'UE, Federica Mogherini, a annoncé lundi qu'un Portugais et une Malienne, qui travaillaient tous deux pour l'Union européenne au Mali, ont été tués.  

"Malheureusement je peux confirmer qu'il y a eu deux victimes parmi nos collègues de l'UE, une victime portugaise qui faisait partie de la mission de formation de l'UE à Bamako" et "une collègue malienne qui travaillait pour la délégation européenne" au Mali, a déclaré Mme Mogherini lors d'une conférence de presse à Luxembourg.

L'attaque djihadiste avait fait également une vingtaine d'otages pris par les assaillants, lesquels avaient été libérés par les forces spéciales maliennes.

"C'est une attaque djihadiste. Les forces spéciales maliennes sont intervenues. Une vingtaine d'otages ont déjà été libérés. Malheureusement, il y a eu pour le moment deux morts dont une Franco-Gabonaise", avait déclaré dimanche le ministre malien de la Sécurité Salif Traoré.

Des voisins de ce site situé à la périphérie de Bamako avaient dit avoir entendu des coups de feu en provenance du lieu attaqué. Une fumée s'est élevée au-dessus du site, vers lequel ont convergé des soldats de l'armée malienne et de la force française antidjihadiste Barkhane.

Les forces de l'ordre ont alors bouclé le secteur. Un bâtiment était en feu dans l'établissement où sont entrés des éléments de la force Barkhane.

HABIBOU KOUYATE (AFP)

La dernière attaque djihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à celle de mars 2016, contre l'hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant la mission de l'Union européenne qui entraîne l'armée malienne (EUTMMali). Un assaillant avait été tué.

Le 20 novembre 2015, un attentat contre l'hôtel Radisson Blu avait fait 20 morts, outre ses deux auteurs.

Il avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe djihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui avait scellé à cette occasion son ralliement à Aqmi.

L'état d'urgence est en vigueur au Mali quasiment sans interruption depuis.

En mars 2015, une l'attaque contre le restaurant-bar La Terrasse avait fait cinq morts, dont deux Occidentaux.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Commentaires

(0)
8Article précédentFrance: Édouard Philippe reconduit et chargé de former un nouveau gouvernement
8Article suivantLondres: la communauté juive apporte son soutien aux Musulmans après l'attaque