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Attaque à Marseille: Collomb saisit l'Inspection générale de l'administration

Gérard Collomb à l'Elysée le 10 septembre 2017
Bertrand GUAY (AFP/Archives)
Le terroriste, qui détenait un passeport tunisien, n'avait pu être détenu car un fonctionnaire était absent

Le terroriste qui a tué deux jeunes femmes dimanche à Marseille (sud-est), n'avait pas pu être détenu la veille de l'attaque, malgré son arrestation pour vol, car le fonctionnaire ayant autorité à le faire était absent, a-t-on appris lundi de sources proches de l'enquête.

Le terroriste avait été interpellé pour vol et placé en garde à vue, le vendredi précédant l'attaque à Lyon (est). En situation irrégulière, il tombait sous le coup d'une mesure de reconduite à la frontière, et était donc susceptible d'être placé auparavant dans un centre de rétention administrative.

Mais "la personne de permanence à la préfecture du Rhône (est), ayant autorité pour signer l'Obligation de quitter le territoire (OQTF) et le placement en centre de rétention du terroriste de Marseille, était absente", ce qui a empêché la procédure d'arriver à son terme, a expliqué une de ces sources.

A la suite de ces révélations, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a saisi l'Inspection générale de l'administration (IGA) pour déterminer les circonstances dans lesquelles l'auteur de l'attaque avait été remis en liberté la veille à Lyon, a annoncé le ministère. 

"Cette décision vise à faire toute la lumière sur l'action des services de l'Etat et à être en mesure d'en tirer, si nécessaire, les enseignements", a précisé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Gaudin "surpris" que l'attaquant ait été relâché

Le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin s'est dit quant à lui "surpris" que l'auteur de l'attaque au couteau ait été relâché après avoir été interpellé.

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT (AFP/Archives)

"Il avait été arrêté il y a quelques jours pour un vol à l'étalage dans une autre ville que Marseille, ce qui nous surprend c'est que comme il était en état de situation irrégulière, on ne l'ait pas gardé", a déclaré le maire de Marseille lors d'une conférence de presse.

"Je n'en conclus rien, c'est le parquet antiterroriste de Paris" qui va établir les faits, a poursuivi M. Gaudin.

Connu depuis 2005 par les services de police sous sept identités différentes pour des délits de droit commun, le meurtrier, détenteur d'un passeport tunisien et en situation irrégulière, avait été interpellé vendredi à Lyon pour vol à l'étalage, a annoncé lundi François Molins, le procureur de la République de Paris.

Sa garde à vue avait été levée après le classement de la procédure "pour cause d'infraction insuffisamment caractérisée" et "les autorités préfectorales locales n'ont pas été en mesure de prendre une mesure d'éloignement à son encontre", a ajouté M. Molins.

Stan MARCELJA (TWITTER / Stan Marcelja/AFP)

M. Gaudin, qui venait de recevoir des représentants de l'association Marseille-Espérance qui réunit l'ensemble des communautés religieuses de la cité phocéenne, a annoncé que tous les drapeaux de la ville allaient être mis en berne.

"Marseille est meurtrie au même titre que toutes les autres villes de France, d'Europe, et bien au delà, froidement ensanglantées ces derniers mois", a ajouté M. Gaudin. "Mais nous n'arrêterons pas nos manifestations, nous ne baisserons pas la tête devant la barbarie", a-t-il dit.

Par ailleurs, la ministre des Armées Florence Parly a déclaré, au lendemain de l'attaque de Marseille, que des soldats seraient "toujours" maintenus dans les gares, même si l'opération Sentinelle de protection du territoire est en train d'évoluer.

Commentaires

(2)

L état cherche un bouc émissaire. Dans tous les cas cela démontre l inefficacité des mesures prises et du système français a se confronter au terrorisme.

il est clair que les aberrations de ce genre sont monnaie courante et qu'il convient de les corriger. la justice doit sanctionner et davantage incarcérer. pourquoi ne pas confier la construction et la gestion d'établissements pénitentiaires à des organismes privés ou semi-publics.

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