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Le feuilleton des exclusions dure, LR souffre de profondes divisions internes

Des élus Les Républicains Macron-compatibles ont dénoncé dimanche 9 juillet des procédures d'"exclusion" du parti lancées contre eux.
AFP
Après les Macron-compatibles, Estrosi demande l'exclusion de Wauquiez pour "entretenir le doute" avec le FN

Le feuilleton concernant l'exlcusion des Macron-compatibles dure chez les Républicains, dont la direction ne devrait pas trancher avant d'avoir examiné les situations individuelles des ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, qui veulent être entendus par le parti.

LR a accordé mardi dernier huit jours de délai aux cinq responsables concernés pour venir s'expliquer, avant possible mise à la porte, "avant que l'on acte leur départ" selon le parti qui refuse de parler d'"exclusion". Une commission avait été spécialement créée à cet effet lors d'un Bureau politique le 11 juillet dernier, formée des députés Patrick Ollier et Jean Leonetti.

Après des semaines d'embarras, suite à la nomination d'un des leurs, Edouard Philippe, à Matignon et la création du groupe Macron-compatible "Les Constructifs" à l'Assemblée nationale, le gong était finalement programmé pour retentir le 11 octobre au soir.

Toutefois, deux membres du gouvernement, Gérard Darmanin (ministre des Comptes publics) et Sébastien Lecornu (secrétaire d'Etat à l'Ecologie) ayant demandé mardi 10 octobre à être auditionnés par la commission, aucune décision n'a pu être prise à la date fixée.

bertrand GUAY (AFP/Archives)

Le secrétaire général du parti, Bernard Accoyer, a préféré minimiser l'importance du retard pris dans la procédure d'exclusion, affirmant qu'elle sera terminée le 24 octobre.

"N'en faisons pas tout un plat. Ils se sont reclassés politiquement. La procédure sera terminée le 24 octobre", a déclaré jeudi M. Accoyer sur Sud Radio.

"En réalité ils n'existent que par cette polémique, leur seule plus-value aux yeux du président de la République est de faire croire qu'ils sont encore à droite alors qu'ils sont passés à la démocratie sociale", a-t-il indiqué.

Trois ministres LR

La démarche de MM. Darmanin et Lecornu ayant écrit au parti mardi matin, soit la veille de la date limite engendrant une exclusion de LR, agace la direction des Républicains. "Ils ont attendu le dernier moment pour se manifester", s'exaspère la direction du parti, qui soupçonne les deux ministres de vouloir "faire traîner les choses jusqu'à décembre et l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de LR, espérant ainsi faire un coup".

Mais "il n'en est pas question, ça n'a que trop duré!", ajoute-t-on de même source. Néanmoins, "on respectera nos statuts, ils seront entendus".

Bernard Accoyer a chargé M. Ollier de les recevoir, affirmant que "Ca ne sera pas avant la semaine prochaine", en raison d'un "agenda chargé".

"Si on m'exclut, je ferai un recours", a affirmé mardi dans La Voix du Nord Gérard Darmanin, ex-maire de Tourcoing. L'ex-sarkozyste est déterminé à faire entendre sa "voix gaulliste". "Je suis toujours adhérent de LR. Ce sont eux qui devraient partir, pas moi", ajoute le ministre, inscrit sur une liste LREM aux dernières sénatoriales.

© Montage le Lab via AFP

"Je vais répondre à cette invitation parce que j'estime que je n'ai pas à partir" de LR, a expliqué de son côté M. Lecornu mardi sur RTL. En entrant au gouvernement, "j'ai préféré servir mon pays à mon parti", a-t-il ajouté.

Sur les cinq personnalités concernées, seul M. Philippe n'a pas répondu à l'invitation. Personne au sein du parti ne s'attend à recevoir une demande d'audition de la part du locataire de Matignon, après ses déclarations le 28 septembre sur France 2: "Les questions d'appartenance partisane, ce n'est pas mon sujet. Ce qui m'importe c'est que ça avance, que ça marche".

Deux députés Constructifs

En revanche, Franck Riester, président des députés Constructifs, et Thierry Solère, membre du groupe parlementaire, ont accepté de rencontrer M. Leonetti mardi "autour d'un café". La discussion fut "cordiale", selon le premier, "de grande qualité" pour le second. Ce qui n'a pas empêché les deux intéressés de réitérer leurs critiques contre LR.

"J'ai lui ai redit que la ligne politique autoritaire, identitaire, souverainiste, ultra conservatrice proposée par Laurent Wauquiez et mise en oeuvre depuis un certain temps par la direction des Républicains est contraire à ma vision de la droite républicaine", a affirmé Franck Riester devant la presse.

Patrick KOVARIK (AFP)

"Ce qu'on souhaiterait, c'est que l'ensemble des Républicains soient un peu plus constructifs", a affirmé Thierry Solère qui réclame "une digue absolue avec l'extrême droite". "Mon objectif, c'est qu'à la fin du quinquennat, ça aille mieux", explique-t-il.

Les Républicains sont divisés depuis la défaite de François Fillon au premier tour de la présidentielle, les Constructifs et d'autres au sein du parti reprochant l'absence de consigne explicite de vote en faveur d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

Quid de l'exclusion des proches du FN?

L'ancien ministre Christian Estrosi a écrit aux Républicains pour demander d'étudier l'exclusion des "cadres dirigeants" ayant "entretenu le doute sur leur positionnement vis-à-vis du Front national", visant sans le nommer Laurent Wauquiez, candidat favori pour la présidence du parti.

"Depuis plusieurs semaines, notre mouvement a pris l'habitude d'inscrire à l'ordre du jour de son bureau politique des procédures d'exclusion motivées par des accusations de trahison de notre mouvement", écrit Estrosi en référence au feuilleton autour du sort des "Constructifs".

"Pourtant, aujourd'hui, au sein même de notre parti, certains affichent au grand jour une proximité assumée avec des mouvements proches des idées de l'extrême-droite, si éloignées des valeurs fondatrices de notre famille", poursuit le maire de Nice.

PATRICK KOVARIK / AFP

"Je veux à mon tour vous demander d'inscrire à l'ordre du jour de notre prochain bureau politique, l'exclusion de ceux, en particulier les cadres dirigeants, qui ont entretenu le doute sur leur positionnement vis-à-vis du Front national lors des dernières élections présidentielles ou législatives, et qui continuent d'afficher une collusion malsaine avec ces idées écoeurantes et ceux qui les défendent", demande Christian Estrosi dans une lettre adressée au secrétaire général de LR.

Quatre candidats ont déposé leurs parrainages pour concourir à la présidence des Républicains, qui auront lieu du 10 au 17 décembre prochain: le vice-président Laurent Wauquiez, le député Daniel Fasquelle, ainsi que les ex-porte-parole d'Alain Juppé, Maël de Calan, et de François Fillon, Florence Portelli.

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