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Autriche: dernière mêlée électorale, l'extrême droite incontournable

Le chancelier autrichien Christian Kern, lors d'un meeting de campagne, le 7 septembre 2017 à Graz
HANS PUNZ (APA/AFP/Archives)
Le parti d'extrême droite FPÖ et les sociaux-démocrates se disputent la seconde place autour de 25%

L'Autriche est soulagée d'en terminer avec "la plus sale" campagne électorale de son histoire mais un casse-tête se profile pour former une coalition gouvernementale, à l'issue des législatives de dimanche, avec l'extrême droite en arbitre.

Le chancelier social-démocrate (SPÖ) Christian Kern, dont le parti gouverne depuis dix ans avec les conservateurs, a jeté ses dernières forces dans la bataille samedi pour tenter de convaincre les électeurs de s'opposer au virage à droite du pays, pronostiqué par tous les sondages.

Le chef du parti conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz, ministre des Affaires étrangères de 31 ans, est donné vainqueur à plus de 30% des suffrages tandis que le parti d'extrême droite FPÖ et les sociaux-démocrates se disputent la seconde place autour de 25%.

Fin de campagne chaotique

Si le parti d'extrême droite affiche des positions compatibles avec les conservateurs, il mord aussi sur l'électorat des sociaux-démocrates en se présentant comme le défenseur des classes populaires. Une partie du SPÖ ne serait pas hostile à une coalition avec l'extrême droite, moyennant une probable éviction de Christian Kern de la direction du parti.

Les sociaux-démocrates et les conservateurs autrichiens ont gouverné ensemble plus de la moitié des années d'après-guerre et le FPÖ a construit son opposition sur la dénonciation de ce partage du pouvoir.

Le parti, fondé par d'anciens nazis et rejoint par des libéraux, surfe depuis deux ans sur les effets de la crise des réfugiés qui a vu l'Autriche accueillir un grand nombre de demandeurs d'asile: "Nous ne voulons pas d'islamisation de notre patrie (...) nous ne voulons pas devenir une minorité dans notre propre pays", a encore martelé vendredi Heinz-Christian Strache, leader du parti depuis douze ans.

JOE KLAMAR (AFP/Archives)

Le FPÖ a également été servi par une fin de campagne chaotique, qui a tourné au grand déballage et aux échanges d'invectives entre sociaux-démocrates et conservateurs. Ce fut, aux yeux des commentateurs, la campagne électorale "la plus sale" vécue par l'Autriche.

En cause: des révélations sur le rôle joué par un ancien consultant du SPÖ dans l'organisation d'une campagne de calomnies contre Sebastian Kurz, à base de fausses informations sur internet et de caricatures grossières.

Que la droite et la gauche n'excluent pas de s'allier avec l'extrême droite désole David Albrich, l'un des organisateurs d'une marche antifasciste qui a rassemblé moins de cent personnes vendredi.

"Le FPÖ plonge ses racines dans le passé nazi de l'Autriche, il n'y a pas d'autres pays où la continuité avec la seconde guerre mondiale est si profonde. En Allemagne, les gens manifestent contre l'Afd (Alternative pour l'Allemagne, extrême droite), mais en Autriche personne..."

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