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Autriche: le vainqueur des législatives exige un engagement contre l'antisémitisme

Le conservateur Sebastian Kurz, vainqueur des législatives en Autriche, saluant les militants de son parti l'ÖVP, à Vienne, le 15 octobre 2017
ROBERT JAEGER (APA/AFP/Archives)
Une organisation a listé pas moins de 60 dérapages antisémites et xénophobes imputables à des cadres du FPÖ

Le jeune conservateur Sebastian Kurz, vainqueur des législatives en Autriche, a exigé mardi dans un quotidien israélien, un engagement clair contre l'antisémitisme des futurs partenaires du gouvernement qu'il va être appelé à former.

M. Kurz a tenu ces propos dans un entretien accordé au quotidien gratuit Israël Hayom alors que la formation d'une coalition avec le parti d'extrême droite FPÖ, fondé par d'anciens nazis, constitue l'hypothèse la plus vraisemblable, et suscite l'inquiétude de la communauté juive mondiale.

En réponse, l'ambassadeur autrichien en Israël Martin Weiss, a affirmé lundi à i24NEWS comprendre cette inquiétude mais précisé qu'on ne savait pas encore qui serait au gouvernement et que les faits parleront d'eux-mêmes, affirmant également que les résultats n'étaient pas un exemple de la montée des néo-nazis en Europe mais plutôt une réponse face aux "millions de migrants en Europe".

"La lutte contre l'antisémitisme et notre politique de tolérance zéro contre toutes tendances antisémites est très importante pour moi. Il s'agit d'une condition préalable claire pour la formation de toute coalition sous ma direction", a dit M. Kurz.

"Il ne faut pas qu'il y ait sur ce point le moindre doute. L'ÖVP (son parti chrétien-démocrate) a tenté dans le passé de lutter contre l'antisémitisme, y compris parmi ses membres, et je souhaite qu'il continue à le faire", a-t-il ajouté.

JOE KLAMAR (AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a félicité M. Kurz lors d'un entretien téléphonique lundi soir, tout en l'appelant à continuer à lutter contre l'antisémitisme.

Le FPÖ, arrivé troisième du scrutin avec 26% des voix derrière l'ÖVP (31,5%) et les sociaux-démocrates (26,9%), se trouve en position de faiseur de roi.

La Communauté israélite d'Autriche (IKG) a mis en garde mardi contre le risque, le cas échéant, de voir cette formation dévoiler sa face la moins présentable une fois au pouvoir. "En cas de coalition avec le FPÖ, différents courants antisémites, racistes et anti-UE pourraient influencer le gouvernement", selon l'IKG.

Fondé par d'anciens nazis, le FPÖ s'est efforcé depuis une demi-douzaine d'années de polir son image, à l'image de son leader Heinz-Christian Strache, qui avait lui-même fréquenté des milieux néo-nazis dans sa jeunesse.

Patrick Domingo (AFP/File)

"Le FPÖ s'est très bien comporté durant la campagne électorale. Mais il y a une différence entre ce que le FPÖ dit et ce que le FPÖ fait", a relevé le président de l'IKG, Oskar Deutsch, soulignant que la communauté israélite serait "vigilante".

Le Comité Mauthausen, une organisation de déportés, a listé pas moins de 60 dérapages antisémites et xénophobes récents imputables à des cadres du FPÖ, jugeant ce parti "incurable". Cet été, un candidat FPÖ avait encore dû retirer sa candidature aux législatives après des propos à tonalité antisémite.

Israël avait suspendu en 2000 ses relations avec l'Autriche pour protester contre la présence dans la coalition gouvernementale du FPÖ, dirigé à l'époque par Jörg Haider, un admirateur déclaré des Waffen-SS. En 2003, le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait décidé de normaliser les relations.

M. Strache s'était rendu en avril 2016 en Israël où il avait rencontré des personnalités de second plan du Likoud, le parti de droite de M. Netanyahou. Il avait également effectué une visite à Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste à Jérusalem.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait souligné à l'époque qu'il s'agissait d'une "visite strictement privée" et qu'aucune personnalité officielle ne l'avait rencontré.

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