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Menaces de mort visant Charlie Hebdo: le parquet de Paris ouvre une enquête

Le numéro spécial de Charlie Hebdo publié un an après l'attentat contre sa rédaction s'arrache en kiosques.
Jacques Demarthon - AFP
Le dessinateur Riss a déclaré les menaces adressées à Charlie Hebdo n'ont "jamais vraiment cessé"

Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête après les menaces de mort diffusées sur les réseaux sociaux visant Charlie Hebdo à cause d'un dessin satirique représentant l'islamologue Tariq Ramadan, visé par deux plaintes pour viol, a-t-on appris de source judiciaire.

L'enquête, confiée à la BRDP (brigade de répression de la délinquance contre la personne) de la police judiciaire, a été ouverte pour "menaces de mort matérialisées par un écrit" et "apologie publique d'un acte de terrorisme", a précisé cette source. 

L'hebdomadaire français, visé par un sanglant attentat djihadiste en 2015, a annoncé le dépôt d'une plainte pour des menaces de mort sur les réseaux sociaux.

Dans sa dernière édition parue mercredi, l'hebdomadaire satirique représente le théologien suisse, visé par deux plaintes pour viol, le pantalon déformé par un énorme sexe en érection et proclamant: "je suis le 6e pilier de l'islam". "VIOL La défense de Tariq Ramadan", peut-on lire au-dessus du dessin signé Juin.


L'islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan, 55 ans, est visé par deux plaintes pour viol en France, qu'il conteste. Il a par ailleurs démenti lundi des accusations d'abus sexuels sur des mineures, publiées par un média suisse, et annoncé qu'il allait porter plainte pour diffamation. 

Menaces constantes contre le journal satirique

Interrogé sur les messages de haine et les menaces adressées à Charlie Hebdo, le dessinateur Riss, directeur de la publication, a déclaré sur la radio Europe 1 lundi qu'ils n'avaient "jamais vraiment cessé".

"Parfois, il y a des pics où on reçoit sur les réseaux sociaux des menaces de mort explicites: c'est le cas une fois de plus", a-t-il ajouté.

"C'est toujours difficile de savoir si ce sont des menaces sérieuses ou pas, mais par principe, on les prend au sérieux et on dépose plainte", a-t-il dit.

Charlie Hebdo a été visé par un attentat en janvier 2015, revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique, qui a fait 12 morts. Les perpétrateurs entendaient notamment punir le journal, ouvertement athée et provocateur, pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet.

Depuis cette tuerie, la France a été victime d'une série d'attentats djihadistes, notamment en région parisienne (130 morts en novembre 2015) et à Nice (86 morts en juillet 2016).

Riss a jugé "étonnant qu'après tout ce qui s'est passé depuis 2, 3, 4 ans, il y ait encore des réactions aussi violentes, des appels au meurtre".

"Menacer de mort quelqu'un, ce n'est ni autorisé dans la rue, ni dans un journal, ni nulle part, c'est 'poursuivable'", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas simplement de la contestation ou de la discussion, ce n'est même pas de l'injure, c'est au-delà de ça: c'est que, maintenant, ça s'est banalisé d'appeler au meurtre", déclare-t-il. C'est "assez inquiétant" et "révèle un climat assez lourd", estime-t-il.

Interrogé sur l'angle choisi pour le dessin, Riss a rappelé que Tariq Ramadan était présenté comme "un islamologue, comme un sachant" et que "le 6e pilier de l'islam (....), c'est le djihad". "C'est ce par quoi il se présente qu'on le dessine", a-t-il dit.

Les cinq piliers de l'islam constituent le fondement du mode de vie islamique: la profession de foi, la prière, la zakat (l'aumône), le jeûne du mois de Ramadan et le pèlerinage à la Mecque une fois dans la vie pour ceux qui en ont les moyens. Le djihad est considéré comme le sixième pilier de l'islam par une minorité de sunnites bien qu'il n'en ait pas le statut officiel.

(avec agence)

A voir aussi: L'interview exclusive de Philippe Val, ex-rédacteur en chef de Charlie Hebdo, à i24NEWS

Commentaires

(1)

ben voyons, on les a pas encore déradicalisé ? je croyais.

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