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France: Le djihadiste Mehdi Nemmouche inculpé pour "enlèvement et séquestration"

Dessin d'audience représentant Mehdi Nemmouche réalisé le 26 juin 2014 à Versailles
Benoït Peyrucq (AFP)
Il avait "une espèce d'obsession antisémite, une obsession à vouloir imiter ou dépasser (Mohamed) Merah"

Mehdi Nemmouche, terroriste présumé de la tuerie du Musée juif à Bruxelles, soupçonné d'avoir été un des geôliers de quatre journalistes français otages en Syrie en 2013-2014, a été inculpé mercredi à Paris, a-t-on appris auprès de son avocat Me Francis Vuillemin.

Transféré de Belgique dans la matinée, Mehdi Nemmouche a été mis en examen (inculpé) pour "enlèvement et séquestration en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste", a précisé Me Francis Vuillemin. Les quatre ex-otages Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin l'avaient identifié comme l'un de leurs geôliers.

En novembre 2016, la justice belge avait donné son accord à sa remise temporaire aux autorités françaises pour qu'il soit mis en examen dans cette enquête.

Le 24 mai 2014, un homme avait ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif de Bruxelles, tuant un couple de touristes israéliens, Emanuel et Miriam Riva, âgés de 54 et 53 ans, une bénévole française, Dominique Sabrier, 66 ans, et un jeune employé belge de 25 ans préposé à l’accueil du musée, Alexandre Strens.

NICOLAS MAETERLINCK (BELGA/AFP/Archives)

L'auteur présumé, Mehdi Nemmouche, délinquant multirécidiviste radicalisé en prison et passé par la Syrie, avait été arrêté six jours plus tard à la gare routière de Marseille. 

Quelques jours après son arrestation, Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Hénin, enlevés en Syrie en juin 2013 et libérés dix mois plus tard, avaient été interrogés par les services de renseignement français et l'avaient identifié comme l'un de leurs geôliers.

"Obsession antisémite"

En septembre 2014, Le Monde avait révélé la présence de Nemmouche auprès des quatre journalistes en Syrie. Certains d'entre eux s'étaient alors exprimés publiquement. 

Nicolas Hénin a raconté avoir été "maltraité" par Nemmouche, désigné comme "Abou Omar le cogneur", lorsqu'il était retenu notamment à l'hôpital ophtalmologique d'Alep, transformé en prison par le groupe État islamique (EI). "Quand il ne chantait pas, il torturait. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines", avait relaté l'ex-otage.

"Il était extrêmement violent avec les prisonniers syriens. Il était malgré tout obligé de se comporter de manière plus maîtrisée avec les otages occidentaux", avait souligné de son côté Didier François, mettant en avant chez Nemmouche "une espèce d'obsession antisémite, une obsession à vouloir imiter ou dépasser (Mohamed) Merah", auteur des tueries de Toulouse et de Montauban en 2012. 

S. Ramis/P. Pizarro/P. Defosseux, S. Ramis/P. Pizarro/P. Defosseux (AFP)

Les ex-otages avaient reconnu d'autres figures du djihadisme parmi leurs geôliers: Najim Laachraoui, l'un des deux kamikazes mort le 22 mars 2016 dans l'attentat à l'aéroport de Bruxelles et Salim Benghalem. Ce dernier, inscrit sur la liste américaine des "combattants terroristes étrangers" pour son appartenance à l'EI, a notamment évolué dans l'entourage de la filière dite "des Buttes-Chaumont", qui envoyait des djihadistes en Irak.

Nemmouche avait été extradé vers la Belgique en juillet 2014.

Placé depuis à l'isolement dans une prison belge, il "est en train de perdre la vue (et) l'ouïe" en prison, ont assuré en septembre ses avocats belges Sébastien Courtoy et Henri Laquay. Selon eux, il exige un diagnostic et un traitement médical, faute de quoi il refusera de comparaître à son procès pour la tuerie du Musée juif à Bruxelles qui pourrait se tenir courant 2018.  

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