Quantcast i24NEWS - "Macron est une parenthèse dans l'histoire" (Jeanneney à i24NEWS)

"Macron est une parenthèse dans l'histoire" (Jeanneney à i24NEWS)

Jean-Noël Jeanneney
i24NEWS
"La laïcité permet de s'attaquer à toutes les religions mais pas à ceux qui les pratiquent"

"Macron est une parenthèse dans l'histoire", a déclaré l'historien et ancien secrétaire d'Etat à la communication Jean-Noël Jeanneney, invité lundi soir de "Conversations avec Anna Cabana" sur i24NEWS.

"Je suis sûr que c'est une parenthèse, cette opposition gauche droite, qui date de la Révolution française va durer", affirme-t-il.

"Je crois qu'il est possible de déterminer les composantes majeures de ce qui est continuellement la droite et la gauche", ajoute-t-il.

Dans son nouveau livre intitulé "Le moment Macron", l'historien compare l'actuel président de la République française aux grandes figures qui ont marqué l'Histoire de France, accomplissant un "travail d'historiographie sur l'actualité immédiate".

Il soutient en effet qu'Emmanuel Macron s'intéresse beaucoup aux différents rythmes de l'histoire, par opposition à l'immédiateté, ce qu'il considère être "une spécificité politique chez lui".

Macron dans les pas de personnages historiques

Dans son discours rendant hommage à Jeanne d'Arc le 8 mai 2016 à Orléans, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, a salué une figure héroïque de France qui a "fendu le système" et "a su rassembler la France".

Selon Jean-Noël Jeanneney, le ministre Macron faisait ici référence à la réunion de la gauche et de la droite, projet politique qu'il porta lors de la création de son mouvement En Marche! prônant la fin de cette opposition qu'il considère obsolète.

"Elle (NDLR: Jeanne d'Arc) peut nous rassembler, nous la nation", analyse l'historien, "à l'époque, c'est ce qu'il annonçait avoir l'intention de le faire".

L'analyste historique trouve notamment de nombreux points communs entre Emmanuel Macron et Charles de Gaulle dans le second semestre de l'année 1958.

"De Gaulle forme un gouvernement très proche de celui que Macron nous a proposé il y a quelques mois : trois socialistes, trois centristes démocrates-chrétiens et trois gens de droite", détaille-t-il, "et à côtés des techniciens, dont il allait chercher la compétence pour servir son dessein d'ensemble".

L'autre point commun entre les deux hommes d'Etat selon lui se résumerait par la formule suivante : "agir vite".

"En six mois beaucoup de choses ont été faites, Macron est un peu comme de Gaulle à cet égard, agir très vite, pour être toujours au fond là où on ne l'attend pas", avance-t-il.

Par ailleurs, il compare le président Macron à Napoléon Bonaparte pour qui il fallait "agir vite et agir fort" et "imprimer une marque qui puisse être durable".

"J'aimerais l'esprit de laïcité de Clemenceau"

Emmanuel Macron a choisi de rendre hommage le 11 novembre dernier à Georges Clemenceau, visitant le bureau à Paris de celui qui se faisait surnommé "le Tigre", aux côtés de Jean-Noël Jeanneney, président de la fondation du Musée Clemenceau

"J'aimerai qu'il (Macron) s'inspire de l'esprit de laïcité de Clemenceau", déclare-t-il.

"Il a été tenté à un moment donné de parler des accommodements à la mode québécoise, je crois qu'il ne le faut pas", s'insurge l'historien qui considère que "mettre un adjectif après 'laïcité' est absurde, puisque si on caractérise la laïcité alors ce n'est plus la laïcité".

"Pour la défendre, en particulier en face de nos compatriotes musulmans, il était indispensable que l'on ne fasse aucun accroc du côté du catholicisme", soutient Jeanneney.

"Pour ceux qui sont attachés à la loi de 1905, le comportement de Nicolas Sarkozy au Vatican qui avait dit que jamais l'instituteur n'atteindrait le niveau du prête ou du curé, reste une blessure", confie-t-il, rappelant par ailleurs que certains Premiers ministres se sont agenouillés devant le Pape.

"Ce qu'il faut rappeler sans cesse c'est que la laïcité permet de s'attaquer à toutes les religions mais pas à ceux qui les pratiquent", insiste l'historien attaché à ce principe.

"Cette coupure est absolument essentielle dans la loi de 1905 et c'est ce qu'ont voulu marquer les pères de cette loi, Aristide Briand et Clemenceau", conclue-t-il.

Commentaires

(1)

Le president Macron n'est pas une Parenthese de l'histoire de la France Mai's d'un changement majeur dans la duree nous ne voulons plus etre manipuler par les medias et la France ne sera pas le pays communiste. Le plus reussi au montde que ce soit la gauche et la droite qui gouvernent

8Article précédentBrexit: pas d'accord mais Bruxelles et Londres "confiants"
8Article suivant"Pour moi le Parti socialiste d'hier c'est fini!" (O. Faure à i24NEWS)