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"Pour moi le Parti socialiste d'hier c'est fini!" (O. Faure à i24NEWS)

Olivier Faure
i24NEWS
"Quand on veut rassembler la gauche on ne commence pas par la diviser", a dit O. Faure au sujet de B. Hamon

Le député PS et président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, invité ce lundi soir de "Conversations avec Anna Cabana" sur i24NEWS, a déclaré que pour lui "le Parti socialiste d'hier c'est fini!", soulignant que Macron a gagné les dernières élections en renouant "avec une forme d'optimisme".

"Nous sommes dans un pays très pessimiste, qui craint pour son propre avenir, et il (Macron) a renoué avec une forme d'optimisme", a formulé le député de Seine-et-Marne pour tenter d'expliquer la victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2017.

"Il a dit aux Français 'effectivement il y a ce mouvement que vous ne comprenez pas, la globalisation, pour l'instant vous la craignez, mais avec moi, start up nation, nous allons être les premiers dans le monde et donc j'aspirerai l'ensemble des français vers la réussite'", ajoute-t-il, affirmant que cette stratégie a permis à certains de se dire finalement "la ligne bouge et peut être qu'avec lui on s'en sortira moins mal qu'avec les autres".

Olivier Faure nuance toutefois cette forme d'optimisme qu'il qualifie de "cynique", puisqu'en réalité "c'est un nouveau monde seulement pour quelques-uns".

Pendant la campagne présidentielle, les socialistes ont manqué selon lui de cet optimisme, considérant que Benoît Hamon n'est "pas exempt de ce reproche".

Reconstruire le Parti socialiste

L'ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, a lancé samedi au Mans la structuration de son mouvement, rebaptisé "Génération.s", avec l'ambition de devenir "la première force de progrès" autour du triptyque démocratie, écologie, justice sociale.

"Quand on veut rassembler la gauche on ne commence pas par la diviser", réagit Olivier Faure affirmant que ce nouveau mouvement vient fragmenter encore davantage la gauche.

Le député de Seine-et-Marne affirme, en ce qui le concerne, ne pas avoir eu la tentation de faire un pas de côté par rapport au PS.

"L'envie demeure de tout bouleverser, pour moi le Parti socialiste d'hier c'est fini!", lance-t-il, poursuivant: "la question qui se pose à nous, au congrès, est de savoir ce que nous allons faire de ce parti, est-ce que nous allons être capables de nous réinventer? On doit opérer une véritable renaissance et non pas juste une opération de recordage qui ne servirait à rien".

Interrogé sur l'incarnation du Parti socialiste, ne sachant plus vraiment qui le gère depuis les élections, Olivier Faure considère qu'il y a des questions de fond plus importantes à lever avant.

AFP

"Le premier défi est celui de la crédibilité. Pour cela, il faut commencer par dire que nous avons compris quelque chose de nos échecs et savoir pourquoi d'autres ont réussi", débute-t-il.

"Le deuxième est celui de redevenir un interlocuteur puissant pour toutes celles et ceux qui veulent continuer à changer la société: les ONG, les syndicats, la société civile".

"Enfin le troisième défi est de repenser ensemble ce monde de demain, ne pas donner le sentiment que l'on est à côté des grandes évolutions de cette période", finit-il.

Par ailleurs, le président du groupe Nouvelle Gauche s'est opposé aux propos tenus par le chef de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dans "l'Emission politique", qui s'attaquait à ses collègues socialistes de l'Assemblée les qualifiant de "perdus".

Enfin, concernant l'incarnation d'un socialisme "optimiste", le député PS imaginerait bien une femme à cette place.

"Najat Vallaud-Belkacem serait une très belle incarnation", lance-t-il, "elle a cette capacité à remuer les foules".

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