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Brexit: accord de principe sur les conditions du divorce UE-Royaume Uni

British Prime Minister Theresa May meets European Commission President Jean-Claude Juncker in Brussels as hopes of a Brexit breakthrough mount
EMMANUEL DUNAND (AFP)
Il revient désormais au Conseil européen de valider le constat de la Commission

La Commission européenne et le Royaume Uni sont tombés d'accord vendredi sur la première phase des négociations du Brexit portant sur les modalités de leur divorce, ouvrant la voie à la discussion sur leur future relation.

Après des mois de lents progrès, les événements se sont accélérés depuis lundi jusqu'à la rencontre très matinale vendredi, annoncée au dernier moment, entre la Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker vendredi à 7H00 (6H00 GMT).

Moins d'une heure plus tard, la Commission, qui mène les négociations du Brexit au nom de l'UE à 27, a annoncé qu'elle estimait désormais que des "progrès suffisants" exigés par les Européens dans trois domaines jugés clés ont été réalisés.

Il revient désormais au Conseil européen, instance qui regroupe les dirigeants des Etats membres, de valider le constat de la Commission, ce qui permettra d'ouvrir la deuxième phase des négociations consacrée à la "future relation" entre l'UE à 27 et Londres, notamment commerciale.

"Si les 27 États membres acceptent notre évaluation, nous, la Commission européenne et notre négociateur en chef Michel Barnier, nous sommes prêts à entamer immédiatement les travaux de la deuxième phase des négociations", a expliqué Jean-Claude Juncker.

Ce premier "accord" trouvé entre Bruxelles et Londres fait l'objet d'un "rapport conjoint" de 15 pages, déjà publié, qui décline les éléments concernant les trois dossiers prioritaires: la gestion de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, le règlement financier de la séparation et les droits des citoyens expatriés.                 

Pas de frontière 'dure' en Irlande                

L'Union européenne et le Royaume-Uni n'avaient pas réussi lundi, après un déjeuner entre le président Juncker et Mme May, à boucler un accord sur les modalités de leur divorce, notamment en raison du dossier irlandais. 

"En Irlande du Nord, nous garantirons qu'il n'y aura pas de frontière dure" avec l'Irlande, a affirmé haut et fort Mme May lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre de vendredi matin.

En outre, la Commission assure que "les citoyens de l'Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens britanniques installés dans l'UE à 27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'UE", une garantie attendue par les quelque 3 millions de personnes concernées. Réciproquement, les droits d'environ un million de Britanniques résidant dans le reste de l'UE seront aussi préservés.

Quant à la facture du Brexit, Mme May a souligné qu'elle serait "équitable" pour les contribuables britanniques.

Les deux camps se sont accordés sur une "méthodologie", pas sur un chiffre final. La somme est estimée entre 45 et 55 milliards d'euros selon des sources européennes.

Theresa May a encore rencontré le président du Conseil Donald Tusk, instance qui représente les dirigeants de l'UE. Ce dernier fera une déclaration vers 08H30, selon son service de presse.

Mme May commençait à être à court de temps pour obtenir le feu vert des Européens sur les principales modalités du divorce, et ainsi passer aux négociations commerciales. Une deuxième phase réclamée avec insistance par Londres.

Les difficultés rencontrées dans les négociations ont conduit la Première ministre écossaise à accuser jeudi le gouvernement britannique "d'incompétence" sur le dossier du Brexit. Nicola Sturgeon estime que ces difficultés sont autant de preuves supplémentaires de la nécessité de rendre l'Écosse indépendante.

"Plutôt que d'avoir notre avenir entre nos mains, nous sommes à la merci du gouvernement conservateur. Nous devons reprendre le contrôle de notre destin, et le plus tôt sera le mieux", a-t-elle martelé.

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