Europe

Protesters run by a fire barricade near the aerial metro station of Barbes-Rochechouart, in Paris, on July 19, 2014
En France, des manifestants ont lancé dimanche des cocktails Molotov contre une synagogue près de Paris

Une synagogue de Sarcelles (Val d'Oise), en banlieue parisienne a été prise pour cible des assaillants dimanche soir, qui ont lancé des cocktails Molotov, a rapporté le Figaro.fr qui précise que des flammes ont effleuré l'édifice sécurisé par la police, sans provoquer d'incendie.

Les "débordements inacceptables" qui ont eu lieu à Paris samedi lors d'une manifestation pro-palestinienne "justifient d'autant plus" son interdiction préalable par les autorités, a estimé dimanche le Premier ministre français Manuel Valls.

"Ce qui s'est passé hier encore à Paris, des débordements inacceptables, justifie d'autant plus le choix qui a été fait avec courage par le ministre de l'Intérieur d'interdire une manifestation. La France ne laissera pas les esprits provocateurs alimenter je ne sais quel conflit entre les communautés", a-t-il déclaré lors de la commémoration des 72 ans de la rafle du Vel d'Hiv à Paris.

"La lutte contre l’antisémitisme, ce n’est pas seulement, aujourd'hui tout particulièrement, le combat des Juifs. C’est le combat de chacun d’entre nous, de toute une nation. Et j’en appelle à notre responsabilité collective, celle de tous les responsables politiques mais aussi de tous nos compatriotes", a poursuivi M. Valls alors que plusieurs partis ont accusé le gouvernement d'avoir attisé les tensions en interdisant ce rassemblement.

Selon le chef du gouvernement, très applaudi à la fin de son intervention, les heurts dimanche dernier devant deux synagogues en marge d'une manifestation propalestienne autorisée sont "des faits d’une extrême gravité".

"Une fois de plus. Une fois de trop! On s’en est pris à nouveau à des synagogues" alors que "nos synagogues, comme nos églises, nos temples, nos mosquées ce sont notre patrimoine commun, ce sont des parties indivisibles de la France, protégées par notre idéal de laïcité", a-t-il insisté.

"Parce qu’elle se souvient, la France répondra avec la plus grande force, la plus grande intransigeance. En tout lieu. Et toujours", a conclu M. Valls.

19 personnes interpellées

Dix-neuf personnes se trouvaient toujours en garde à vue dimanche matin, notamment pour violences sur forces de l'ordre, au lendemain de la manifestation parisienne en soutien aux Palestiniens qui avait été interdite par les autorités, a-t-on appris de source judiciaire.Omar Bouyacoub (AFP)

En tout, 44 personnes ont été interpellées samedi durant les violences qui ont émaillé ce rassemblement dans le nord de la capitale, dont les derniers stigmates - verre brisé et résidus de feux de poubelle - étaient effacés dimanche matin par les services de nettoyage de la ville de Paris. Dix-sept policiers et gendarmes ont été blessés.

Selon la source judiciaire, les 19 personnes placées en garde à vue sont soupçonnées de violences aggravées (en réunion ou avec arme) sur personne dépositaire de l'autorité publique, outrages, rébellion, dégradations aggravées ou encore participation à un attroupement.

Un ou plusieurs milliers de sympathisants pro-palestiniens, selon les sources, ont bravé l'interdiction de manifester samedi à Paris et le rassemblement a rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre.

Une centaine de manifestants s'en sont pris aux CRS et gendarmes mobiles dans le nord de la capitale, entre Château Rouge et Barbès, "principalement avec des jets de projectiles", pierres et bouteilles, selon une source policière.

Le climat restait particulièrement tendu en fin de journée et l'air irrespirable en raison de nombreux tirs de gaz lacrymogène. Il n'y a pas eu de blessé dénombré.

Des manifestants ont ainsi jeté pierres et bouteilles sur les forces de l'ordre dans un quartier du nord de Paris, selon des journalistes de l'AFP. Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant des mouvements de foule disparates dans les petites rues de ce quartier populaire.

Les manifestants avaient commencé à affluer par centaines avant 15H00 (13H00 GMT) pour exprimer leur soutien aux Palestiniens de Gaza. "Nous sommes tous des Palestiniens" ou "Palestine vivra, Palestine vaincra", ont-ils scandé, sous l'oeil des policiers antiémeute.

Des dizaines de cars de police étaient stationnés et plusieurs avenues de cette zone populaire de la capitale ont été coupées à la circulation.

Des manifestants ont fait brûler des cagettes en bois sous le métro aérien de la station, provoquant une colonne de fumée noirâtre. Des poubelles ont été brûlées, une cabine téléphonique et des supports publicitaires de la mairie brisés.

Les dizaines de manifestants toujours présents refusent de quitter les lieux et récupèrent des pavés et des morceaux de trottoirs pour en faire des projectiles. A quelques endroits, des petits incendies éclatent.

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Deux camionnettes ont également été incendiées.AFP

Des rassemblements sont également organisés dans la plupart des grandes villes françaises, comme Lille (nord), Lyon (centre-est) et Marseille (sud). Mais fait rarissime, les autorités avaient interdit la manifestation à Paris, une décision inédite en Europe.

Dans plusieurs villes d'Europe, des manifestations - autorisées celles-là - étaient également prévues : à Bruxelles, à Londres, à Genève. Plus de 300 personnes se sont rassemblées samedi après-midi sur la Place des Nations à Genève. "Israël = criminel", affichaient les manifestants sur des pancartes.

C'est à Londres que la mobilisation la plus forte a été observée, plus de 20.000 personnes s'étant réunies devant le 10, Downing Street.

La manifestation organisée à l'appel de sept associations parmi lesquelles Stop the War, Palestine Solidarity Campaign ou Islamic Forum of Europe, a débuté à 12H00 (11H00 GMT).

Le cortège s'est ensuite mis en route pour se rendre jusqu'aux abords de l'ambassade d'Israël, située dans le quartier de Kensington, dans l'ouest de la capitale, où la rue a été bloquée à la circulation.

Vendredi, François Hollande avait jugé qu'il ne peut "pas y avoir d'importation du conflit (israélo-palestinien) en France, il ne peut pas y avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l'ordre public".

(avec AFP)

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