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A picture taken on March 16, 2014 shows a Crimean man making the victory sign as he celebrates in Simferopol's Lenin Square after exit polls showed that about 93 percent of voters in Ukraine's Crimea region supported union with Russia
Le FN décline l'invitation; l'opposition russe tente de faire annuler le meeting "néo-nazi" et "fasciste"

Les néo-nazis allemands participeront dimanche à une conférence internationale organisée par la Russie dont le but est d'intensifier le soutien des partis d'extrême-droite de l'Union européenne aux intérêts de Moscou, notamment dans le contexte de la crise ukrainienne.

Udo Voigt, à la tête du Parti national-démocrate allemand et eurodéputé, est attendu à la réunion qui aura lieu à St Petersburg, ainsi que des représentants de dix autres partis radicaux qui siègent au Parlement européen.

"Certains se définissent eux-mêmes comme des partisans d'Hitler et utilisent des croix gammées", a déclaré un politicien de l'opposition russe afin de tenter d'empêcher la conférence d'avoir lieu.

Boris Vishnevsky, du parti russe Yakoblo, a appelé vendredi le procureur de St Pétersbourg à annuler le meeting. "Tous les partis qui ont été invités sont considérés comme néo-fascistes et néo-nazis", a-t-il expliqué lors d'une interview pour la radio russe Ekho Moskva. "Nous devons prendre des mesures pour empêcher l'extrémisme de se répandre", a-t-il martelé.

Officiellement, la réunion, organisée par Rodina, l'Union patriotique nationale russe, a pour objectif d'établir un lobby pan-européen qui servirait à promouvoir les intérêts de la Russie, notamment face aux sanctions que l'Union européenne menace d'imposer à Moscou.

Un conseil permettrait ainsi aux forces conservatrices et nationalistes en Europe et en Russie de coordonner leurs efforts, et à Moscou d'influencer les décisions de l'Union européenne.

Les organisateurs attendent quelque 400 participants venus de 15 pays différents.

Georgios Epitideios et Eleftherios Sinadinos du parti grec néo-nazi, Roberto Fiore, fondateur du parti fasciste italien et d'autres membres de formations d'extrême-droite originaires de Grande-Bretagne, Autriche, Suède, Bulgarie, Belgique, Danemark et Espagne sont notamment attendus.

Selon le journal russe Kommersant, Marine Le Pen qui dirige le parti d'extrême-droite français Front National, a décliné l'invitation au forum, de peur que cela nuise à sa réputation avant les élections présidentielles de 2017.

Vishnevsky a également affirmé qu'un certain nombre de commandants militaires venus de l'Est de l'Ukraine participeraient à l'événement, parmi lesquels beaucoup entretiennent des liens avec des organisations néo-nazies en Russie. L'opposant politique russe a également rappelé "les opinions antisémites et xénophobes" à peine cachées de Voigt qui dirige le parti allemand NDP ainsi que ses nombreux démêlés avec les autorités pour "incitation à la rébellion et autres infractions".

Voigt, qui a été élu l'an dernier au Parlement européen, a fait l'objet de plusieurs accusations pour incitation à la haine après avoir distribué des pamphlets racistes et a été condamné en 2009 à sept mois de prison avec sursis. Le leader du NDP a également affirmé par le passé que le nombre de victimes juives de l'Holocauste avait été "exagéré", et qu'il était en réalité proche de 340 000.

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