Europe

Un militaire devant l'hyper cacher de la porte de Vincennes le 4 janvier 2016 à Paris
L'insécurité en pousse certains à partir pour Israël ou à déménager vers des quartiers réputés plus sûrs

Les Juifs français votent de plus en plus nombreux à droite et éprouvent un fort sentiment d'insécurité qui en pousse certains à partir pour Israël ou à déménager vers des quartiers réputés plus sûrs, selon une étude publiée vendredi.

Cette enquête, réalisée par l'institut Ifop auprès de la première communauté juive d'Europe, est publiée un an après l'attentat djihadiste dans un magasin casher de Paris (quatre morts).

Alors que la population juive de France est généralement évaluée à un demi-million de personnes, croyantes ou non, les auteurs estiment à 290.000 le nombre de Français de 20 ans et plus de confession juive, et à 480.000 ceux qui ont au moins un parent juif sans se déclarer de cette confession.

L'enquête, publiée par la Fondation Jean Jaurès, proche du parti socialiste, montre que 63% des personnes de confession ou d'origine juive interrogées jugent l'antisémitisme très présent dans la société française.

Au sujet de l'aliyah, la "montée" vers Israël qui a placé la France au rang de premier foyer d'émigration juive en 2015 (7.900 départs) comme en 2014 (7.200), l'étude souligne que 13% des personnes interrogées "déclarent l'envisager sérieusement (soit 1 personne sur 8, ce qui montre l'ampleur du phénomène) et 29% y avoir déjà pensé, soit 43% au total".

En raison principalement de "la recrudescence des actes antisémites depuis les années 2000" et d'un "climat d'insécurisation", la mobilité s'exerce aussi en France.

En région parisienne, où vivent plus de la moitié des Français de confession juive, le nombre d'habitants des communes populaires et multiethniques du nord de Paris a "considérablement chuté", au profit de l'ouest de la capitale, où ils trouvent "un cadre de vie plus rassurant".

Sur le plan politique, "le sentiment d'insécurité et l'impression d'une absence de soutien dans la société ont conduit au divorce avec la gauche et à la préférence pour la droite traditionnelle", selon la note de synthèse.

En revanche, "un verrou subsiste" en ce qui concerne le Front national, le parti d'extrême droite de Marine Le Pen.

L'Ifop a interrogé à l'été 2015 un échantillon représentatif de 45.250 personnes, dont a été extrait un sous-groupe de 724 personnes se déclarant de confession ou origine juive. Des entretiens approfondis ont été menés auprès de 80 personnes et divers résultats électoraux et statistiques analysés.

(avec AFP)

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