Moyen-Orient

Al-Walid Ben Talal, prince saoudien, (AFP)
Le prince fait en outre référence au "coût économique" de telles restrictions

Le prince et milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal, connu pour son franc-parler, a lancé un appel pour que les femmes obtiennent enfin le droit de conduire en Arabie saoudite, seul pays au monde où elles ne peuvent pas prendre le volant.

"Arrêtez le débat: il est temps que les femmes conduisent", a-t-il écrit mardi soir sur son compte Twitter.

Ce membre de la famille royale, qui ne détient aucun poste politique, est président de la Kingdom Holding Co, société ayant des intérêts notamment dans le géant bancaire américain Citigroup et le parc d'attractions Euro Disney.

Dans ce pays, dont la population est composée à plus de 95% de musulmans, les femmes doivent par exemple sortir voilées et ne peuvent pas voyager sans autorisation de leur mari ou d'un homme de leur famille, ni même manger seules dans un restaurant.

Le prince Al-Walid a détaillé dans un long communiqué les raisons de son soutien au droit des femmes à conduire.

Fayez Nureldine (AFP/Archives)

"Empêcher une femme de conduire est aujourd'hui une question de droits semblable à celle qui se posait quand il leur était interdit d'avoir accès à l'éducation ou d'avoir une identité à elle", précise-t-il dans ce communiqué, évoquant "des actes injustes" qui sont "beaucoup plus restrictifs que ce qui est légalement permis par les préceptes de la religion" musulmane.

Le prince parle aussi, et surtout, du "coût économique" du fait que les femmes en Arabie saoudite dépendent, pour se déplacer, de chauffeurs privés "étrangers" ou de taxis. Et si un mari trouve le temps de conduire son épouse, cela suppose qu'il s'absente de son travail, réduisant sa productivité, ajoute-t-il.

Autoriser les femmes à conduire est désormais "une demande sociale urgente que la conjoncture économique justifie", souligne-t-il en référence aux difficultés budgétaires que connaît son pays en raison de la baisse de ses recettes pétrolières, consécutive à l'effondrement des cours du brut.

Le recours à des chauffeurs étrangers coûte des milliards de dollars à l'économie saoudienne, selon lui.

Chaque famille dépense en moyenne 3.800 riyals (950 euros) par mois pour louer les services d'un chauffeur, dépense que les ménages pourraient éviter en ces temps difficiles, explique le prince Al-Walid.

Sous le règne du défunt roi Abdallah, les Saoudiennes avaient connu une modeste amélioration de leur situation, avec l'entrée en 2013 de femmes au Majlis al-Choura (conseil consultatif) dont les membres sont désignés.

Abdallah avait en outre autorisé pour la première fois les femmes à voter et à se porter candidates aux municipales de décembre 2015.

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