Quantcast i24NEWS - Carnage à Istanbul: 39 morts, dont une israélienne, l'assaillant en fuite

Carnage à Istanbul: 39 morts, dont une israélienne, l'assaillant en fuite

Des fleurs déposées devant la boîte de nuit Reina théâtre d'une attaque meurtrière, le 1er janvier 2017 à Istanbul
YASIN AKGUL (AFP)
Le parquet de Paris ouvre une enquête après qu'une Française a été tuée et trois autres ressortissants blessés

Une chasse à l'homme était en cours dimanche pour retrouver l'assaillant qui a tué 39 personnes, dont 15 étrangers, et 69 blessés dans une boîte de nuit pendant la célébration du Nouvel An à Istanbul, a indiqué dimanche le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu.

L'assaillant a ouvert le feu sur les centaines de personnes qui célébraient le Nouvel An dans la discothèque branchée Reina, au bord du Bosphore, semant la panique. Certains ont plongé dans les eaux glaciales pour échapper aux balles mortelles.

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a qualifié d'"infondées" les informations de presse selon lesquelles l'assaillant était déguisé en père Noël, ajoutant que l'agresseur avait laissé son arme sur les lieux et "profité de l'anarchie pour s'enfuir".

Le chef du gouvernement turc n'a pas indiqué si une piste était privilégiée, se contentant de préciser que l'enquête "se poursuit de façon très minutieuse" pour identifier l'assaillant.

"Les recherches pour retrouver le terroriste sont toujours en cours. J'espère qu'il va être rapidement capturé", avait déclaré plus tôt le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu.

Une israélienne tuée

Une Israélienne a été tuée et une autre blessée lors de l'attentat, a annoncé dimanche un porte-parole israélien.

"La mort de l'Israélienne qui avait été portée disparue a été confirmée, tandis qu'une deuxième Israélienne a été blessée", a déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

Le site d'informations israélien Ynet a précisé l'identité de l'Israélienne tuée: Lian Zaher Nasser (19 ans) et indiqué que la personne blessée était une de ses amies.

"Ma fille est actuellement en chirurgie. Elle a été touchée par une balle à la main et à la jambe. Elle est dans état stable et j'espère que ça ira mieux" a déclare le père de la victime au quotidien Ynet.

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Une Franco-tunisienne a également été tuée dans l'attentat, et trois autres blessés, a annoncé dimanche le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault dans un communiqué. Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête.

L'enquête, confiée à la Sdat (Sous-direction antiterroriste) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ouverte pour assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, est classique du fait de la présence de ressortissants français parmi les victimes.

Par ailleurs, trois Jordaniens ont été tués et quatre blessés, selon le ministère des Affaires étrangères jordanien, cité par l'agence officielle Petra.

Deux Tunisiens, trois Libanais ainsi que plusieurs Saoudiens sont également morts dans l'attaque, selon le consulat saoudien à Istanbul, qui n'en précise pas le nombre.

Un Libyen a été tué et trois autres blessés, un Koweïtien et trois Irakiens figurent aussi parmi les victimes, Deux Indiens, un homme et une femme ont également péri.

Quatre Marocaines ont également été blessées, selon l'ambassade du Maroc à Ankara, citée par l'agence MAP.

YASIN AKGUL (AFP)

Semer le chaos

Des passants déposaient des fleurs, d'autres des bougies, sous le regard d'une dizaine de policiers armés de mitraillettes, en début de soirée dimanche. Une bâche bleue a été étendue devant la façade de la boîte de nuit.

L'attaque a débuté à 01H15 dimanche (22H15 GMT samedi). Après avoir abattu un policier et un civil qui se trouvaient devant l'entrée, l'assaillant a ouvert le feu sur la foule dans la discothèque où 700 à 800 personnes fêtaient le passage à l'année 2017.

Selon la chaîne d'information NTV, l'assaillant a tiré entre 120 et 180 balles en sept minutes, avant de changer de tenue et de prendre la fuite.

"Quand j'avançais, des gens piétinaient d'autres gens", confie Sefa Boydas, un footballeur professionnel qui se trouvait dans la boîte de nuit, décrivant la panique qui s'est emparée de la foule.

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé que cet attentat visait à "détruire le moral du pays et semer le chaos".

Les autorités avaient annoncé avoir déployé 17.000 policiers dans Istanbul afin d'encadrer les festivités du Nouvel An.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent un homme faisant irruption devant l'entrée de la discothèque en tirant. Les autorités ont interdit la diffusion d'images de l'attaque, comme elle le font généralement après les attentats.

Le PKK nie toute implication

L'attaque a suscité une vague de réactions indignées dans le monde. Washington, Moscou, Paris et Berlin, ainsi que le pape François, l'ont notamment condamnée.

La Turquie a été la cible de nombreuses attaques qui ont notamment ensanglanté Ankara et Istanbul, où, il y a à peine trois semaines, un attentat revendiqué par un groupe radical kurde (TAK) a fait 45 morts dont une majorité de policiers.

Mais Murat Karayilan, l'un des chefs du principal groupe séparatiste kurde, le PKK, a affirmé dimanche que "les forces kurdes n'ont rien à voir" avec l'attaque contre la discothèque Reina, selon des propos rapportés par l'agence de presse Firat.

Membre de la coalition qui combat l'EI en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les jihadistes vers le sud.

En réaction à ces opérations militaires, l'EI a à plusieurs reprises appelé ses partisans à mener des attaques en Turquie.

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