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Libye: 141 morts dans l'attaque contre une base militaire dans le Sud

Des forces de sécurité libyennes à Tripoli le 10 janvier 2017
MAHMUD TURKIA (AFP)
L'attaque a été menée par des groupes rivaux

Au moins 141 personnes, dont la plupart des soldats loyaux à l'homme fort de l'est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, ont été tués dans une attaque menée par des groupes rivaux contre une base militaire dans le sud libyen.

Selon des sources militaires, la 3e Force, un puissant groupe armé de la ville de Misrata (nord), officieusement loyal au gouvernement d'union nationale (GNA), a mené jeudi une attaque contre la base aérienne de Brak al-Shati, contrôlée par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar.

Ahmad al-Mesmari, porte-parole de l'Armée nationale libyenne (ANL, autoproclamée par Haftar) a fait état vendredi soir de 141 morts et plusieurs blessés et disparus dans cette attaque.

Parmi les victimes figurent aussi des civils qui travaillaient sur la base ou qui se trouvaient aux alentours, a-t-il précisé au cours d'une conférence de presse.

Selon lui, "les soldats tués revenaient d'un défilé militaire dans l'est de la Libye. La plupart d'entre eux n'étaient pas armés. Ils ont été exécutés".

L'ONU avait évoqué plus tôt un nombre important de morts et "des informations sur des exécutions" sans donner de détails. 

"Je suis indigné par des informations sur un nombre important de morts, y compris des civils, et des rapports selon lesquels des exécutions sommaires auraient pu avoir lieu", a réagi l'émissaire de l'ONU en Libye, Martin Kobler.

Commission d'enquête 

Le GNA a mis en place une commission d'enquête et décidé de "suspendre le ministre de la Défense, al-Mahdi al-Barghathi, et le commandant de la 3ème Force jusqu'à ce que soient identifiés les responsables" de l'attaque, selon une décision parue vendredi soir.

Le GNA et le ministère de la Défense avaient tous deux condamné l'attaque de jeudi, affirmant ne pas avoir donné d'ordre en ce sens.

La base de Brak al-Shati est située à 650 km au sud de Tripoli, dans une région désertique et marginalisée, où l'Etat est quasiment absent depuis que la Libye est plongée dans le chaos à la suite de la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

Des affrontements réguliers y opposent des milices et des tribus pour le contrôle de toute sorte de trafics très lucratifs avec le Tchad, le Niger et le Soudan voisins.

Contrôlant une garnde partie de l'est et du sud libyens, le maréchal Haftar est appuyé par le Parlement élu basé à Tobrouk (est), hostile comme lui au GNA qui est issu d'un accord interlibyen signé fin 2015 au Maroc sous l'égide de l'ONU.

Une rencontre début mai à Abou Dhabi entre le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, et le maréchal Haftar, a permis un timide rapprochement entre les deux hommes qui avaient convenu d'arrêter une escalade militaire dans le sud.

Depuis le début du mois d'avril, les forces loyales à Haftar avaient en effet mené plusieurs attaques contre la base aérienne de Tamenhant contrôlée par la 3e Force, et distante d'une cinquantaine de km de celle de Brak al-Shati.

La base de Tamenhant, située près de la ville de Sebha, à plus de 600 km au sud de Tripoli, est convoitée pour sa position stratégique.

Après sa rencontre avec M. Sarraj, M. Haftar avait effectivement suspendu son offensive dans le sud.

Commentaires

(1)
Peace60

Bravo sarko bravo bhl c'est ça la démocratie la Libye est devenu un fief du terrorisme ,une porte de sortie pour les migrants .la Libye de Kadhafi est regretter de partout .un pays riche moderne et stable devenue une anarchie total.

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