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Iran/présidentielle: le président sortant Hassan Rohani remporte l'élection

Le président iranien Hassan Rohani (c) vote à la présidentielle, le 19 mai 201 à Téhéran
Behrouz MEHRI (AFP)
Rohani "devance" son adversaire conservateur, le religieux Ebrahim Raissi avec 14,6 M de voix contre 10,1 M

Le président sortant Hassan Rohani, qui était annoncé largement en tête quelques heures plus tôt, a remporté samedi l'élection présidentielle iranienne, réélu dès le premier tour de la présidentielle de vendredi, totalisant environ 56% des voix face à son adversaire conservateur Ebrahim Raissi, selon des résultats partiels. 

Une large victoire dès le 1er tour devrait permettre au religieux modéré de poursuivre sa politique d'ouverture au monde entamée par l'accord nucléaire historique avec les grandes puissances, conclu en juillet 2015 pendant son premier mandat.

"Sur 25,9 millions de bulletins dépouillés, Rohani en obtient 14,6 millions et Raissi 10,1 millions", a déclaré le vice-ministre de l'Intérieur, Ali Asghar Ahmadi en direct à la télévision d'Etat Irib.

Il a précisé qu'il y avait eu "plus de 40 millions de votants" sur 56,4 millions d'électeurs inscrits.

Cela signifie que selon ces résultats partiels, M. Rohani a obtenu environ 56% des voix et M. Raissi 39% des voix.

Behrouz MEHRI (AFP)

Le ministère de l'Intérieur doit annoncer progressivement les résultats qui arrivent de différentes provinces avant ceux des grandes villes, dont Téhéran.

Dans une première réaction et avant même l'annonce de ces résultats partiels, des dirigeants conservateurs ont reconnu la victoire de M. Rohani.

"Les premiers décomptes montrent que M. Rohani est le vainqueur (...) et il faut le féliciter", a écrit sur le réseau social Telegram Alireza Zakani, ancien député conservateur qui avait activement participé à la campagne contre la réélection de Hassan Rohani.

Le premier vice-président de Rohani, le réformateur Es-Hagh Jahanguiri, qui s'était retiré de la course présidentielle en appelant à voter Rohani, s'est félicité sur Twitter de "la grande victoire de la nation iranienne".

Vendredi, les journalistes de l'AFP avaient constaté un vote massif et enthousiaste des électeurs à Téhéran et en province.

Face à cette forte affluence, le vote a été prolongé de six heures et s'est achevé à minuit (19h30 GMT). Même après 18 heures de vote d'affilée, des électeurs attendaient encore leur tour de voter et certains n'ont pas pu le faire.

M. Rohani, 68 ans, briguait un dernier mandat de quatre ans et affrontait Ebrahim Raissi, religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Elu en 2013, il a consacré la majeure partie de son premier mandat à la négociation d'un accord nucléaire historique avec six grandes puissances, dont les Etats-Unis, ennemi de l'Iran depuis la révolution islamique de 1979.

En échange d'une levée partielle des sanctions internationales qui frappaient l'Iran depuis près de 10 ans, Téhéran s'est engagé à limiter son programme nucléaire à des fins strictement civiles.

Cet accord n'a pas attiré les investissements étrangers espérés et n'a pas eu d'impact direct sur la vie quotidienne des Iraniens qui restent durement frappés par le chômage: 12,5% de la population, 27% des jeunes.

Mais il a en revanche permis à l'Iran d'entamer son retour sur la scène internationale, une politique d'ouverture qu'entend poursuivre M. Rohani lors de son second mandat si sa victoire dès le premier tour se confirme.

Présidence iranienne/AFP

Un pourcentage élevé lui donnerait les coudées plus franches et pourrait même lui permettre d'étendre cette ouverture à la société iranienne où les atteintes aux libertés restent nombreuses.

Le président en Iran n'est cependant pas le seul à prendre des décisions dans ce domaine. Elles doivent aussi recevoir l'aval du guide suprême Ali Khamenei, du puissant pouvoir judiciaire et parfois des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite d'Iran.

Le scrutin s'est tenu deux jours après la décision américaine de renouveler l'allègement des sanctions contre l'Iran, conformément à l'accord nucléaire de 2015.

Mais la méfiance entre Téhéran et Washington demeure et l'administration américaine a assorti cette mesure de nouvelles sanctions ciblées liées au programme de missiles balistiques de l'Iran.

Le président américain Donald Trump, hostile à l'Iran, a en outre réservé son premier déplacement à l'étranger à un sommet avec des dirigeants musulmans prévu dimanche en Arabie saoudite, grand rival régional de Téhéran.

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