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Turquie: les eurodéputés réclament un gel des négociations d'adhésion

Les membres du Parlement européen se prononcent poiur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), à Strasbourg le 15 février 2017
FREDERICK FLORIN (AFP)
Les députés européens "sont préoccupés par le recul de la Turquie en matière d'Etat de droit"

Le Parlement européen a réclamé mardi un gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne si la réforme de la Constitution, qui doit donner des pouvoirs accrus au président Recep Tayyip Erdogan, est adoptée.

La commission des Affaires étrangères du Parlement a exhorté l'UE et ses 28 Etats membres à "suspendre formellement les négociations d'adhésion avec la Turquie dans les plus brefs délais si la réforme constitutionnelle est mise en oeuvre en l'état".

Cette réforme, approuvée lors d'un référendum le 16 avril, doit entrer en vigueur après des élections législatives et présidentielle en Turquie prévues le 3 novembre 2019. Elle prévoit la suppression des fonctions de Premier ministre au profit d'un "hyperprésident" qui pourra prendre des décrets et aura la haute main sur le pouvoir judiciaire.

Une réforme nécessaire pour assurer la stabilité du pays selon la majorité, mais vivement critiquée par l'opposition qui y voit une dérive autoritaire de M. Erdogan.

La résolution, non contraignante, des eurodéputés sera soumise au vote de l'assemblée plénière du Parlement début juillet.

Les députés européens "sont préoccupés par le recul de la Turquie en matière d'Etat de droit, de droits de l'homme, de liberté des médias et de lutte contre la corruption", souligne le Parlement européen dans un communiqué.

"Ils condamnent le soutien affiché à de multiples reprises par le président turc en faveur d'un retour de la peine de mort, ce qui remettrait en cause la qualité d'État membre du pays au Conseil de l'Europe (instance paneuropéenne qui compte 47 pays) et mènerait à une suspension immédiate des négociations d'adhésion à l'UE", prévient le communiqué. 

Les relations entre la Turquie et les Européens se sont nettement tendues au printemps après l'interdiction faite à plusieurs ministres turcs de venir faire campagne en Europe en faveur du référendum.

Les Européens ont aussi émis de fortes réserves sur les conséquences du coup d'Etat avorté de juillet 2016 qui ont conduit à des purges massives.

"Les députés pensent que les mesures prises en réponse au coup d'État sont disproportionnées" et "regrettent le renvoi à grande échelle de fonctionnaires, la fermeture de médias, l'arrestation de journalistes, de juges et de défenseurs des droits de l'homme ainsi que la fermeture d'écoles et d'universités", selon le communiqué.

L'UE et la Turquie mènent depuis 2005 des négociations d'adhésion mais celles-ci sont au point mort. Bruxelles et Ankara sont aussi liés par un pacte migratoire en mer Egée, signé en mars 2016, qui a permis de mettre un coup d'arrêt à l'afflux de réfugiés vers l'Europe.

Commentaires

(1)
Platon

Une fois encore l europe a un train de retard sur les evenements Tout le monde sait que la turquie glisse vers un etat autoritaire islamiste depuis plusieurs annees...donc pas frequentable Mais l europe est restee aveugle...comme d hab...

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