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Le journaliste Loup Bureau "très soulagé d'être revenu"

Le journaliste Loup Bureau parle à quelques journalistes à son arrivé à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle le 17 septembre 2017
GEOFFROY VAN DER HASSELT (AFP)
Le journaliste a été accueilli à l'aéroport de Roissy par la ministre de la Culture

Loup Bureau s'est dit "très soulagé d'être revenu" en France et "très fatigué", dans ses premières déclarations à la presse, peu après son arrivée à l'aéroport de Roissy CGD, à la suite de son expulsion par la Turquie où il a été incarcéré plus de 50 jours.

"Je suis très fatigué mais très content d'être là", a-t-il dit, ajoutant qu'il avait été "jusqu'au bout dans l'incertitude de pouvoir partir". Ses conditions de détention étaient au départ "un peu compliquées" mais "à partir du moment où M. Macron a annoncé qu'il demandait ma libération, il y a eu des changements, les gardiens ont commencé à comprendre que je n'étais pas un terroriste, que les faits qui m'étaient reprochés n'étaient pas forcément vrais".

"Je n'est pas été maltraité physiquement mais il y a eu des menaces, des intimidations. J'ai été en garde à vue pendant 6 jours avant d'aller en prison. C'est à ce moment là où ça a été plus compliqué", a-t-il raconté.

GEOFFROY VAN DER HASSELT (AFP)

"La semaine de garde à vue, il a été traité comme les prisonniers kurdes, donc il a subi des sévices physiques (...) et psychologiques. A partir du moment où il était en prison, les choses se sont normalisées", a pour sa part dit son père, Loic Bureau.

Emmanuel Macron m'a dit au téléphone de "profiter des prochains jours, de me reposer", a ajouté Loup Bureau.

Le secrétaire général de Reporters sans frontières Christophe Deloire avait annoncé dimanche matin dans un tweet le décollage de l'avion du journaliste.

"Loup Bureau est à bord du vol AF1391, qui a décollé d'Istanbul à 6h13 locale. Arrivée à Paris à 8h40 selon Air France", indique M. Deloire.


"Les autorités aéroportuaires turques ont fait embarquer Loup Bureau directement sur le tarmac, pour éviter tout contact avec les médias", précise-t-il.

Loup Bureau, dont la libération a été annoncée vendredi, est resté détenu 51 jours à Sirnak, ville du sud-est de la Turquie.

Cette libération, intervenue dans la foulée d'une visite du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian à Ankara, est "un grand soulagement", s'était "réjoui" le président Emmanuel Macron.

Interrogé sur une éventuelle contrepartie à cette libération, l'avocat du journaliste, Martin Pradel, avait déclaré: "Je n'ai aucune raison de le penser".


"Simplement faire comprendre aux autorités turques tout le tort qu'elles se faisaient en persistant à emprisonner un journaliste français (...) a pu être suffisant", avait-il dit.

Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontière turco-irakienne, après la découverte en sa possession de photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (mouvement considéré comme une émanation du PKK et donc comme "terroriste" par Ankara).

Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage sur les conditions de vie des populations syriennes réalisé en 2013 et diffusé sur TV5 Monde.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, une situation qui s'est particulièrement dégradée depuis le coup d'Etat raté de juillet 2016.

Quelque 170 journalistes sont détenus dans le pays, selon le site spécialisé P24. Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés.

En mai, Mathias Depardon, un photojournaliste français, était lui aussi arrêté dans le sud-est de la Turquie, soupçonné de "propagande terroriste" pour le compte du PKK pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des photos prises lors d'un reportage. Il avait été expulsé après un mois de détention et une importante mobilisation.

(avec agence)

Commentaires

(5)
glouni

La tension pour sa libération révèle à quel point la Turquie est curieuse...

glouni

Ce qui est "amusant" c est que la Turqui veut intégrer l Europe enfin c est ce qu' elle disait et dit mais quand un journaliste français revient on a l impression qu' il a été libéré de Corée du Nord. De plus, si le régime turque s est donné tant de tracas pour ficeler la presse ce n est pas que le boulot soit défait par un étranger, enfin c est que l on peut présumer.

glouni

Quand il dit qu' il a été bien traité j ai un léger doute parce qu à le voir s exprimer ce n est pas ce que je perçois. Perso, je vois une personne dans l obligation de s exprimer et quand même très choquée. Dès qu' il a dit ça cela m a paru curieux..C est le contraire de ce que l on voit.

glouni

Je viens voudrais comprendre maus je n y arrive pas. Il se rend en qualité de journaliste en Turquie, journaliste étranger en Turquie, et en plus il s intéresse aux Kurdes ce qui est très très cool. Il a pris un gros risque et il ne faut qu' il s etonne d être arrêté. C est un état policier où il est difficile d être incognito. Qu' a dit le Président français au président turc pour la libération du journaliste quand on sait que ce dernier et l opposition, la presse ne sont pas très chaleureux ? Les journalistes en Turquie sont très épanouis.

glouni

Évidemment qu' ils ne sont épanouis alors un journaliste étranger...

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