Moyen-Orient

Ban Ki-moon & Netanyahou
Ban Ki-moon, en visite en Israël appelle les parties à "arrêter de se battre et à commencer à parler"

AFP"L'Union européenne réaffirme sa position concernant le Hamas, considéré comme une organisation terroriste", peut-on lire dans un communiqué des ministres des Affaires étrangères européens publié mardi, qui condamnent "fermement les tirs aveugles de missiles sur la population civile comme elle condamne l'utilisation des civils comme boucliers humains".

L'Union européenne appelle, par ailleurs, au désarmement du Hamas et de tous les groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Selon le ministre israélien des Affaires étrangères, qui s'est entretenu avec un certain nombre de ses homologues européens, ce message de l'UE est clair: "le monde libre est uni contre le terrorisme du Hamas et Israël a le droit de se défendre".

Dans l'après midi, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, ont tenu une conférence de presse commune depuis le quartier général du ministère de la Défense israélienne à Tel Aviv.

Le Premier ministre a pris la parole afin de réaffirmer le droit inaliénable d’Israël à se défendre, avant d’accuser le Hamas de tenir en otage les civils palestiniens et israéliens.

« Israël fait ce que n'importe quel autre pays ferait si des missiles étaient tirés sur ses civils, jours après jours, et que des tunnels étaient creusés sous des hôpitaux ou des écoles pour viser ces civils », a déclaré le Premier ministre israélien

« Israël use de son droit légitime d'autodéfense pour protéger ses citoyens (…) nous n'avons pas cherché cette escalade. Nous avons accepté la proposition égyptienne de cessez-le-feu soutenue par l’ONU, l’Europe et les Etats-Unis, le Hamas a refusé. Nous avons accepté une trêve humanitaire, le Hamas l’a violé », a-t-il ajouté.

Ce n'est pas seulement notre droit mais notre devoir de nous défendre, a martelé Benyamin Netanyahou.

Les Gazaouis sont bels et bien otages du Hamas qui se cache derrière eux, a réaffirmé le Premier ministre.

Netanyahou a ensuite exhorté la communauté internationale à condamner le Hamas pour ses refus de cessez-le-feu et pour mettre délibérément en danger les civils palestiniens en les armant et en s’en servant comme boucliers humains.

« Tsahal (l’armée israélienne, ndlr) cible les terroristes, mais Ils sont installés dans les mosquées, les écoles et les hôpitaux car ils veulent le plus de victimes possible »

GALI TIBBON (AFP)

« Le Hamas vise nos civils et veut que le maximum de civils palestiniens meurent (…) Israël a même ouvert un hôpital de campagne mais le Hamas interdit aux civils de s’y rendre », a poursuivi Netanyahou.

« Nous donnons du ciment au Hamas pour pouvoir ériger des écoles et des hôpitaux... Il s’en sert pour construire des tunnels qui partent des écoles de Gaza et qui arrivent sous les jardins d'enfants israéliens », a conclu le Premier ministre avant de laisser la parole au Secrétaire général des Nations-Unies.

Ban Ki-moon a commencé par condamner les tirs de missiles « incessant » sur Israël puis a affirmé qu’aucun pays ne pouvait accepter qu’une pluie de roquettes s’abatte quotidiennement sur son territoire.

« C’est toujours un plaisir de se rendre en Israël, mais cette fois-ci, c’est avec le cœur lourd que je m’exprime car à l’heure où nous parlons des missiles continuent d’être tirés sur Israël par le Hamas », a déclaré Ban Ki-moon.

« J’ai vu la diversité des missiles tirés sur Israël, c’est très choquant (…) nous (l’ONU, ndlr) condamnons fermement ces tirs de missiles, aucun pays ne pourrait accepter une pluie de roquette sur son territoire et chaque pays a le devoir de protéger sa population civile », a affirmé le Secrétaire général avant de présenter ses condoléances aux familles des victimes de cette guerre.

« Je n’oublie pas Eyal, Gilad, Naftali et Mohammed… Assassinés. Trop de mères israéliennes et palestiniennes enterrent leurs enfants », a-t-il ajouté.

« Nous devons intensifier nos efforts pour que cela cesse, mon message aux Palestiniens et aux Israéliens est le même : arrêtez de combattre et prenez en compte les racines du problème pour que cela ne recommence pas dans six mois », a encore dit Ban.

Puis le diplomate a lancé un appel à stopper ces gens qui prônent la violence comme solution à leurs problèmes.

« J’apprécie la résolution de protéger ses citoyens, Israël est un Etat démocratique et fort, et je vous demande de tous faire pour trouver une solution à long terme, a-t-il dit. «Nous devons adresser les problèmes de fond, notamment la reconnaissance mutuelle, l'occupation, le désespoir et la négation de la dignité (des Palestiniens) pour que les gens ne ressentent plus le besoin de recourir à la violence pour exprimer leurs griefs», a-t-il souligné

« L'action militaire n'assurera pas la stabilité et la sécurité d'Israël à long terme, a martelé Ban Ki-moon, appelant les autorités à faire preuve d'une retenue maximum pour limiter le nombre de victimes civiles à Gaza».

« L’ONU continuera à soutenir des efforts qui mèneront à une solution à deux Etats car vous (Israël et les Palestiniens, ndlr) avez un avenir commun et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider », a conclu Ban Ki-moon.

Arrangements frontaliers

Lundi, le ministre israélien de la Défense a fait savoir qu'Israël souhaiterait que l'Autorité palestinienne reprenne le contrôle des points de passage frontaliers de la bande de Gaza, devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset (Parlement israélien, NDLR).

M. Ya'alon aurait précisé que le but de l'opération militaire n'était pas de renverser le gouvernement du Hamas pour imposer Mahmoud Abbas à Gaza, indiquant que l'Autorité palestinienne contrôlerait les points de passage mais "pas la bande de Gaza elle-même".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé dimanche soir sa "grave préoccupation devant le nombre croissant de victimes" du conflit à Gaza et a réitéré son appel à "cesser immédiatement les hostilités". Les membres du Conseil "appellent au respect des lois humanitaires internationales, notamment sur la protection des civils" et "soulignent la nécessité d'améliorer la situation humanitaire" dans la bande de Gaza.

Visite surprise de l'émir du Qatar en Arabie saoudite

L'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, est arrivé mardi en Arabie saoudite pour des discussions avec le roi Abdallah, lors d'une visite non annoncée destinée à discuter notamment de la situation à Gaza, selon les médias.

La chaîne aux capitaux saoudiens Al-Arabiya a indiqué que la rencontre entre le souverain saoudien et le dirigeant qatari, dont le pays soutient l'organisation terroriste Hamas en conflit avec Israël, avait eu lieu à Jeddah, sur la mer Rouge. Les deux dirigeants "ont discuté de la coopération entre leurs deux pays, parallèlement aux développements" régionaux, a rapporté l'agence officielle SPA.

Cette visite intervient sur fond d'efforts intenses pour tenter d'arracher une trêve dans les hostilités entre Israël et le Hamas, entrées mardi dans leur quinzième journée.

Les relations entre Doha et Ryad sont très tendues, connaissant en mars un nouveau malaise lorsque l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha --une démarche sans précédent-- accusant le Qatar de s'ingérer dans leurs affaires et de déstabiliser la région. La soutien du Qatar aux Frères musulmans, le parti du président égyptien Mohamed Morsi, destitué par l'armée en juillet 2013, avait suscité la colère des pays du Golfe, qui eux appuient les nouvelles autorités.

L'Egypte avait proposé la semaine dernière un accord de trêve à Gaza, accepté par Israël mais refusé par le Hamas. Le mouvement terroriste réclame la libre circulation des biens et personnes, la libération de terroristes et l'ouverture de la frontière avec l'Egypte. Il souhaite par ailleurs un rôle de la Turquie et du Qatar dans les discussions en vue d'une trêve. Les autorités égyptiennes ont refusé tout amendement à leur plan prévoyant un cessez-le-feu avant l'ouverture de négociations indirectes. Des responsables américains qui accompagnaient M. Kerry ont cependant indiqué qu'il n'était pas exclu de modifier la proposition égyptienne pour lui rallier le Hamas.

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