Moyen-Orient

L'avion de combat Rafale conçu par Dassault au-dessus de Cazaux, dans l'ouest de la France, le 21 juin 2014
Le contrat d'un montant approximatif de 4,5 milliards d'euros inclut également une frégate NORMANDIE

Paris et Le Caire ont conclu un accord de principe pour le financement de contrats portant sur 24 exemplaires de l’avion de combat Rafale de Dassault et une frégate multi-mission Fremm fabriquée par DCNS, selon le journal français Les Echos. En tout, les Egyptiens devront débourser 4,5 milliards d’euros environ, une somme très importante compte tenu des finances très tendues du pays. Mais la France a accepté de garantir une grosse partie du crédit bancaire qui permettra de la régler, ajoute le quotidien économique.

Le groupe Dassault Aviation est un constructeur aéronautique français fondé en 1929 par Marcel Dassault et reste le dernier groupe d'aviation au monde détenu par la famille de son fondateur et portant son nom. C'est une entreprise multinationale qui emploie 11 600 personnes, dont 9 000 en France avec une présence commerciale dans plus de 83 pays en 2012. L'exportation représente 71 % du chiffre d'affaires en 2013.

DCNS est un groupe industriel français spécialisé dans l'industrie navale militaire, l'énergie nucléaire et les infrastructures marines. Le groupe emploie plus de 13 000 personnes à travers 10 pays. Société de droit privé détenue à hauteur de 64 % par l’État français, de 35 % par Thales et de 1 % par son personnel, DCNS est l’héritier des arsenaux français et de la Direction des Constructions et Armes Navales (DCAN), devenue la Direction des Constructions Navales (DCN) en 1991.

Quand elle est arrivée lundi, la délégation égyptienne campait sur ses positions : 24 Rafale, 2 frégates et un lot très important de missiles. Outre la facture de ces emplettes - environ 7,6 milliards d’euros - c’est le financement qui bloquait. Le Caire demandait aux Français de garantir près de 90 % de la somme hors acompte. Impossible vu de Bercy.

Le Caire revoit ses ambitions à la baisse

Conscients de leurs faibles moyens, les Egyptiens ont, finalement, revu à la baisse leurs prétentions. Le nombre de Rafale devrait rester identique, de quoi armer deux escadrons, mais il n’y aura plus qu’une frégate. Surtout, le nombre de missiles a été considérablement réduit, ce qui permet in fine d’abaisser de 2,6 milliards la facture de départ. Point très important enfin, les Egyptiens ont accepté que Paris, via la Coface, ne garantisse « que » la moitié des 5 milliards en jeu, hors acompte (15 % en général sur les gros contrats d’armement). En clair, Le Caire va devoir mettre plus de sa poche.

Paris a proposé ce vendredi un accord à la délégation égyptienne de haut niveau venue à Paris depuis le début de la semaine pour négocier la vente de Rafale et de frégate FREMM. Repartie au Caire avec un accord conclu avec le Trésor, la délégation va le proposer au président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, qui doit statuer très rapidement.

Le détail de la proposition française à l'Egypte 

La délégation égyptienne est donc repartie avec en poche un accord pour la vente de 24 Rafale, dont six exemplaires pourrait être prélevés sur la flotte de l'armée de l'air, et d'une frégate multi-missions FREMM - et non plus deux comme prévu initialement - pour un montant d'environ 4,5 milliards d'euros : 3,5 milliards pour les avions de combat fabriqués par Dassault Aviation et 1 milliard pour le navire de guerre (achat, formation, maintien en condition opérationnel). La France va fournir au Caire la frégate Normandie, la deuxième FREMM de lutte anti-sous-marine qui était destinée à la Marine nationale et qui est en train d'effectuer les dernières mises au point de son système de combat. Des modifications sont prévues pour la livrer à la marine égyptienne.

Ce qui posait question dans les négociations, c'était surtout le financement de la transaction. Finalement Paris a consenti beaucoup d'efforts pour séduire Le Caire et faciliter cette opération. 

Le dénouement est donc proche, mais il faut encore franchir quelques obstacles avant de conclure. Un accord de principe sur la garantie de l’Etat français en poche, Le Caire va maintenant pouvoir négocier un crédit auprès d’un pool de banques. Le Crédit Agricole, seul grande banque française encore présente en Egypte, en sera probablement la tête de file, rapporte Les Echos,  accompagnée de BNPParibas et de la Société Générale. Le trio essayera probablement de diluer son risque en faisant appel à d’autres établissements financiers, arabes notamment.

La rédaction de la convention de financement devrait prendre deux ou trois semaines, sauf écueil de dernière minute. Cette étape franchie, le versement de l’acompte pourra alors intervenir. 

Soyez le premier à poster un commentaire

Vous devez être connecté pour commenter. Connectez-vous ou créez un compte