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La visite du président autrichien en Iran suscite la controverse

Le président autrichien Heinz Fischer accueilli par le président iranien Rohani à Téhéran
Site présidence république autrichienne
Heinz Fischer critiqué pour serrer la main d' "assassins"; Le problème c'est l'Iran et pas Obama (Dagan)

site présidence de la République autrichienneLe président autrichien Heinz Fischer s'est envolé lundi matin pour l'Iran, où il doit effectuer la première visite d'un chef d'Etat de l'Union européenne depuis 2004, deux mois après la conclusion à Vienne d'un accord historique sur le nucléaire iranien, ont annoncé ses services.

Au cours de cette visite de travail, prévue jusqu'à mercredi, M. Fischer doit notamment rencontrer mardi le Guide suprême Ali Khamenei, le président Hassan Rohani et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Jawad Zarif, un des principaux artisans de l'accord conclu le 14 juillet avec les grandes puissances.

Il s'agira de la première visite en Iran d'un chef d'Etat de l'UE depuis celle effectuée en janvier 2004 par un autre président autrichien, Thomas Klestil.

M. Fischer, dont la fonction est essentiellement protocolaire, sera accompagné du vice-chancelier et ministre de l'Economie Reinhold Mitterlehner, du ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz et de représentants des milieux économiques. Il doit prendre part à un forum économique irano-autrichien organisé à Téhéran.

"L'Autriche est un pays de dialogue. Nous rejetons la violence. Nous voulons construire des ponts et saisir chaque opportunité pour réduire les tensions et promouvoir un climat permettant un futur meilleur plutôt que de rester dans la confrontation", a déclaré le président Fischer qui a cependant ajouté lors d'une interview à la chaîne publique ORF qu'il évoquerait le problème des droits de l'homme en Iran.

"Stop the Bomb", une organisation fondée en Autriche en 2007, opposée au gouvernement iranien, a vivement critiqué le président autrichien.

"Le leader suprême Ali Khamenei qui serrera la main à Fischer, menace ouvertement de détruire l'Etat juif et nie la Shoah", a déclaré Stephan Grigat, un responsable de l'organisation qui estime que cette visite accorde la légitimité à la politique de Téhéran.

"En 1991, il y a eu le président autrichien Kurt Waldheim, au passé nazi, qui fut le premier chef d'Etat occidental qui s'est rendu en Iran après la révolution islamique. Aujourd'hui, Heinz Fischer, qui se prétend un farouche antifasciste, sera le premier chef d'Etat européen à se rendre en visite officielle dans la dictature iranienne antisémite", a souligné Grigat.

"Si Fischer voulait vraiment aider à améliorer la situation en Iran, il pourrait inviter à tout moment des dissidents iraniens en exil à sa résidence de Vienne", a-t-il conclu.

Ariel Muzicant, le vice-président du Congrès juif européen, a également critiqué cette visite, accusant les responsables politiques et économiques de l'Etat autrichien de "serrer la main d'assassins".

Cette visite fait suite à la conclusion de l'accord nucléaire du 14 juillet, qui doit ouvrir la voie à une normalisation progressive des relations avec la République islamique.

La levée des sanctions internationales, attendue à partir de début 2016, doit notamment rouvrir les vannes des investissements étrangers en Iran, un pays près de 80 millions d'habitants aux riches ressources pétrolières et gazières.

L'Autriche, un pays neutre qui a toujours cultivé de bonnes relations avec la République islamique, compte multiplier par cinq à moyen terme ses exportations vers ce pays, à plus de 1 milliard d'euros, selon la Chambre économique.

Plusieurs responsables européens de haut rang se sont rendus en Iran depuis la conclusion de l'accord, dont la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini et les ministres des Affaires étrangères allemand Sigmar Gabriel, français Laurent Fabius et britannique Philip Hammond, mais aucun chef d'Etat n'avait fait le déplacement jusqu'à présent.

image capture YouTubePour l'ex-patron du Mossad Meir Dagan, "le problème c'est l'Iran et pas Obama"

L'ex-directeur du Mossad Meir Dagan a déclaré lundi lors de la conférence annuelle sur la lutte anti-terroriste au centre pluridisciplinaire de Herzliya qu'il était temps qu'Israël cesse de critiquer les Etats-Unis sur l'accord nucléaire iranien.

"Le problème, c'est l'Iran et pas le président Obama", a dit l'ancien patron des services secrets israéliens (de 2002 à 2001) qui est un critique acerbe de la gestion du dossier nucléaire iranien par le Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Selon lui, Israël a pris une "décision stratégique" en adoptant une politique de confrontation avec les Etats-Unis et "il est temps d'y mettre un terme"

A plusieurs reprises, Dagan a exprimé publiquement son opposition à des raids aériens  contre les infrastructures nucléaires de la République islamique.

(i24news avec AFP)

Commentaires

(1)
Damran

Après l'Allemagne qui a ouvert le bal des bonnes affaires avec les mollahs, voilà que l'Autriche voisine, lui emboite le pas, en attendant d'autres concurrrents qui vont ramper jusqu'à Téhéran, pour signer un maximum de contrats juteux. Comment un homme aussi prestigieux que Dagan peut-il faire pareilles déclarations ? C'est bien Obama qui a créé un cataclysme planétaire après avoir capitulé face à l'Iran. Quel tristesse de lire pareils propos émis par Dagan. Dommage qu'il n'ait pas fait part de son expertise reconnue, sur l'envoi de militaires russes, d'armes sophistiqués, en route vers la Syrie. A moins que nous n'ayons raté un épisode important, c'est bien Obama qui a signé avec l'Iran un "accord historique" avec levée des sanctions qui vont profiter à cet état qui finance le terrorisme international d'être encore plus violent et plus cruel envers les Juifs. D'autre part, c'est bien l'Iran qui soutient Assad, avec l'aide du hezbollah, de soldats iraniens et de soldats russes, qui se battent pour le maintenir en place. M. Dagan, si vous pouviez nous éclairer sur ce que pourrait faire Obama face à Poutine qui n'est pas à une provocation près, et qui cherche à montrer qu'il est à la tête d'une superpuissance militaire nucléaire, et d'un régime totalitaire qui ne craint pas de le montrer.

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