L'Iran va acheter des avions russes pour 21 milliards de dollars

La Chine pourrait aussi commander 100 avions Superjet 100, le moyen-courrier de transport civil du constructeur Soukhoï
Sergey Dolya (Sergei Dolya/AFP/Archives)
Moscou a dépêché une quinzaine d'avions-cargos sur une base militaire en Syrie

L'Iran a signé avec la Russie plusieurs contrats d'une valeur totale de 21 milliards de dollars (19 millions d'euros) pour l'acquisition d'avions et de satellites, a déclaré samedi Manouchehr Manteghi, le directeur général l’Organisation des industries aéronautiques du ministère iranien de la Défense, dans une interview accordée à l'agence de presse russe Spoutnik.

Manteghi a affirmé que les contrats avaient été signés au spectacle aérien MAKS-2015 qui a eu lieu en Russie le mois dernier.

Les contrats comprennent des équipements pour des satellites ainsi que l'avion de transport régional Soukhoï Superjet 100, a rapporté Spoutnik.

La Russie et l'Iran cherchent à renforcer leurs liens économiques depuis que Téhéran a signé un accord avec six puissances mondiales en Juillet, qui conditionne un soulagement des sanctions sur l'Iran, en échange de l'arrêt de son programme nucléaire.

Des avions-cargos russes en Syrie

La Russie a encore renforcé sa présence en Syrie en y dépêchant une quinzaine d'avions-cargos au moment où Washington subissait un nouveau revers, des rebelles formés par les Américains ayant remis une partie de leurs munitions à Al-Qaïda.

Principal allié du régime de Damas, Moscou semble avoir repris l'initiative dans le conflit qui s'éternise en Syrie et qui a fait plus 240.000 morts en quatre ans et demi mais les Etats-Unis s'inquiètent du renforcement de la présence militaire russe sur le terrain syrien.

Samedi, une source militaire syrienne a indiqué à l'AFP "qu'au moins 15 avions-cargos russes transportant "des équipements et du personnel" ont atterri au cours des deux dernières semaines sur la base militaire de Hmeimim dans l'ouest de la Syrie.

K.Tian/S.Malfatto, sim/fh (AFP)

Les appareils "portant les couleurs du drapeau russe", sont arrivés à raison d'un avion par jour sur cette base située dans l'aéroport civil et militaire Bassel al-Assad, dans la province de Lattaquié, fief du régime.

Bien qu'il n'y ait aucune confirmation officielle du Kremlin, la présence russe en Syrie s'est étoffée avec des avions de combat, des systèmes de défense aérienne et des équipements modernes, dont une partie cédée à l'armée syrienne en guerre contre les rebelles.

La Syrie fournit des tanks au Hezbollah

L'armée syrienne a par ailleurs fourni des dizaines de tanks de l'ère soviétique, à l'organisation terroriste Hezbollah au Liban, pour l'aider à combattre ses ennemis, rapporte le journal koweïtien Alrai samedi.

Selon le rapport, la décision intervient alors que l'Iran, la Syrie, le Hezbollah et la Russie ont lancé une "salle des opérations conjointes" pour coordonner leur campagne contre l'EI, qui a acquis des pans entiers du territoire syrien en quatre ans de guerre civile, et contre les groupes d'opposition, dont certains sont liés à Al-Qaïda, qui cherchent à renverser le président syrien Bachar al-Assad.

Le journal cite des sources officielles, disant que chaque partie sera responsable de zones de Syrie, avec la Russie opérant à Lattaquié, Hama et dans certaines régions de la province d'Alep, tandis que l'Iran défendra Damas et Quneitra, située du côté syrien du plateau du Golan. Le rapport indique également que 100 forces spéciales iraniennes formées à la guerre urbaine sont arrivées à Damas

Aleksey Filipov (AFP/File)

Le Hezbollah prendra position autour de Homs, où se situe la ville antique de Palmyre - désormais largement décimée par Etat islamique. L'armée syrienne a reçu un soutien considérable de la part de milliers de combattants venus d'Iran, d'Irak, d'Afghanistan et du Liban.

Pendant ce temps, l'armée israélienne se prépare à une opération terrestre possible du côté syrien du Golan, en cas de tirs de roquettes ou d' attaques terroristes coordonnées contre Israël, par les djihadistes sunnites ou le Hezbollah.

Samedi, des obus de mortiers tirés depuis le territoire syrien se sont abattus sur le versant israélien du Golan, sans faire de dégât, ni de victime. Selon l'armée israélienne, ces tirs ont été occasionnés par les combats qui font rage de l'autre côté de la frontière et ne visaient pas Israël.

Le nombre d'islamistes positionnés dans la zone proche de la frontière avec Israël a mis l'armée israélienne en état d'alerte, rapportait Chanel 2 le mois dernier, révélant que l'armée avait effectué un exercice de grande envergure simulant une éventuelle intrusion en Syrie et l'évacuation de civils israéliens des communautés frontalières.

Le déploiement des tanks intervient moins d'une semaine après que le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré que le président russe Vladimir Poutine ne s'était pas opposé à ce qu'Israël agisse "pour repousser les transferts d'armes meurtrières de l'armée syrienne au Hezbollah" lors de leur rencontre à Moscou lundi.

Netanyahou a déclaré à Poutine dans "des termes sans équivoque" qu'Israël ne tolérerait pas les efforts iraniens pour armer les ennemis d'Israël dans la région, et que Jérusalem a pris et continuera de prendre des mesures contre de telles tentatives.

"Il n'y a pas eu d'objections à nos droits et à ce que j'ai exprimé. Au contraire: il (Poutine NDRL) était prêt à assurer que quelles que soient les intentions de la Russie envers la Syrie, la Russie ne serait pas partenaire des actions extrêmes de l'Iran contre nous "a t-il ajouté.

Avant leur réunion, Netanyahou a dit à Poutine que l'Iran et la Syrie ont armé le Hezbollah avec des armes de pointe, des milliers, qui ciblent les villes israéliennes. "En même temps, l'Iran, sous les auspices de l'armée syrienne, tente de construire un deuxième front terroriste contre nous depuis le Golan."

Le Premier ministre a déclaré à son hôte russe que la politique d'Israël a pour but d'empêcher ces transferts d'armes. " Netanyahou est venu au Kremlin pour "clarifier nos politiques, et s'assurer qu'il n'y ait pas de malentendu entre nos forces ", a t-il dit.

Poutine a répondu en disant que l'armée syrienne a été trop enlisée dans sa propre guerre civile pour s'occuper de la lutte contre Israël.

"Toutes les actions de la Russie dans la région seront toujours très responsables", a déclaré Poutine. "Nous sommes conscients des bombardements contre Israël et nous les condamnons. Je sais que ces bombardements sont effectués par des éléments internes. En ce qui concerne la Syrie, nous savons que l'armée syrienne est dans une situation telle, qu'elle est incapable d'ouvrir un nouveau front ".

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