Israël

Residents of Amona pray at the Temple Mount
"Nous n’avons pas peur et nous nous battrons pour nos droits" affirme un résident de l'avant-poste

Chaque Rosh Hodesh (premier jour d’un mois Hébreu) devient un jour unique sur la place du Mur Occidental de Jérusalem. Il y est possible d’assister à des offices particuliers en l’honneur du nouveau mois mais aussi de profiter de cette occasion mensuelle pour organiser des célébrations religieuses telles que des bar et des bat mitzvahs.

Aujourd’hui, les évènements se sont déroulés un peu différemment, du moins à l’entrée de la place du Mur Occidental et du Mont du Temple, où un groupe d’Israéliens sont venus prier en dehors de l’entrée du Mont du Temple pour une raison toute particulière.

De nombreux résidents de l’avant-poste Juif d’Amona, situé au Nord de Jérusalem dans la région Cisjordanienne de Binyamin, sont venus prier et gravir le Mont du Temple, dans l’objectif de pratiquer une sorte de supplication religieuse pour la perduration de leur communauté.

Jonathan Benedek

"Je suis venue au mont du Temple aujourd’hui car je pense que notre combat pour Amona est le même combat que pour le Mont du Temple" a expliqué, à i24NEWS, Emunah Abel, une résidente d’Amona, alors qu’elle se tenait debout à l’extérieur de l’entrée du Mont du Temple, avec deux de ses jeunes enfants à ses côtés.

"Amona et le Mont du Temple font partie du combat pour la terre d’Israël. Et, lorsque je me bats pour ma maison, je me bats pour la maison de Dieu".

Emunah, accompagnée de nombre de ses amis et supporters, fait front au plan de démolition d’Amona prévu pour le 25 décembre, en accord avec une décision prise en 2014 par la Cour Suprême affirmant que l’avant-poste avait été construit sur un terrain palestinien privé.

Jonathan Benedek

Nachum Schwartz, l’un des premiers résidents d’Amona, a exprimé un point de vue similaire en prenant parti de gravir le Mont du Temple aujourd’hui.

"Nous sommes venus ici, au Mont du Temple car nous voyons un lien entre nos maisons privées et la maison qui devrait être construite au sommet du Mont du Temple, une maison pour Israël, une maison pour le monde entier" a confié Schwartz à i24NEWS.

"Notre retour sur la terre d’Israël, dont Amona fait partie, sera complet lorsque nous reconstruirons cette demeure sur le Mont du Temple."

Nachum était l’un des nombreux pionniers de l’avant-poste d’Amona, originaire de la petite communauté juive d’Ofra qui jouxte Amona. Pour lui, sa vie entière appartient à cet avant-poste.

"Alors que j’étais enfant, Amona était mon terrain de jeux" explique-t-il. "J’y ai rencontré ma femme, nous y avons notre famille, mon entreprise s’y trouve, toute ma vie est à Amona maintenant."

Pour cette seule raison, Nachum ne peut envisager comment sa famille et lui-même pourraient accepter d’être expulsés de l’avant-poste.

Jonathan Benedek

"Nous ne pouvons pas quitter Amona", déclare-t-il. "Comme je l’ai dit précédemment, toute ma vie est à Amona".

Emunah ressent la situation exactement comme Nachum, et déclare que rien de ce que le gouvernement israélien pourrait lui offrir, ne pourrait constituer une alternative à Amona.

"Je n’envisage pas d’aller autre part, et sous aucune des conditions qu’ils m’offrent, je ne partirai" insiste-t-elle.

"C’est chez moi, je n’abandonnerai jamais ma maison, et je pense que toute personne normale ferait de même".

Le gouvernement israélien a déjà réfléchi à plusieurs options alternatives pour les résidents d’Amona.

L’une d’entre elles est de les reloger dans quelques 98 unités de logements près de la ville juive de Shiloh, encore plus au Nord dans la région Cisjordanienne de Binyamin.

En même temps, la Knesset envisage d’adopter un projet de loi qui légaliserait rétroactivement l’avant-poste d’Amona, connue sous le nom de loi de régulation.

La loi permettrait essentiellement de sauver l’avant-poste d’Amona de la démolition.

"Cette loi est une très bonne loi" déclare Nachum, espérant que cette loi soit approuvée par la Knesset.

"Cette loi permet à Amona de demeurer telle qu’elle est tout en reconnaissant les droits desdits propriétaires de cette terre".

"C’est le souhait des électeurs, la bonne chose à faire, la meilleure solution" ajoute-t-il.

Pour sa part, Emunah exprime un sentiment tant de détermination que d’optimisme quant au destin d’Amona.

"J’espère que cela n’arrivera pas" dit-elle en considérant la démolition prévue. "Mais nous n’avons pas peur et nous nous battrons pour nos droits".

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