Israël se réveille au son d'une nouvelle radio publique


La radio continue elle-même à s'appeler "Kol Yisrael".

Israël s'est réveillé lundi matin au son d'une nouvelle radio publique, héritière de l'historique radio-télévision publique, fermée après des mois de psychodrame autour du contrôle des médias par le gouvernement et de la maîtrise des dépenses.

"Bonjour, la Société audiovisuelle israélienne se met en marche à cet instant", a annoncé le présentateur Aryeh Golan sur les ondes à 6H00 pile (3H00 GMT).

La chaîne de télévision publique, également partie de la nouvelle entité audiovisuelle, est, quant à elle, censée commencer à diffuser à partir de 17H00 (14H00 GMT).

"Bien sûr, notre joie est teintée de tristesse pour les centaines de nos collègues de l'IBA laissés sur le bord du chemin", a ajouté Aryeh Golan en faisant référence à l'Autorité de radiodiffusion, émanation de "Kol Yisrael" ("Voix d'Israël), radio des premières heures de l'Etat.

Aryeh Golan a gardé la tranche 6H00-8H00, avec la même équipe de production et bon nombre des mêmes journalistes. Le programme demeure inchangé. La radio continue elle-même à s'appeler "Kol Yisrael".

La Société audiovisuelle israélienne (Israeli Broadcasting Corporation, IBC), plus connue en Israël sous son acronyme hébreu de "Kann" ("Ici"), remplace l'IBA dans la douleur. Pendant des mois, la réforme a donné lieu à une âpre bataille politique qui a conduit le Premier ministre Benyamin Netanyahou à menacer de provoquer des élections anticipées.

Officiellement, le remplacement de l'IBA visait à dynamiser un service à bout de souffle, à regagner le terrain perdu face aux chaînes privées et à assainir une institution réputée comme un gouffre financier.

D'abord favorable à la réforme, M. Netanyahou a ensuite fait volte-face, pour défendre une simple réhabilitation de l'IBA. Le Premier ministre s'était rendu compte que la nouvelle entité risquait de lui être encore plus hostile, ont largement rapporté les commentateurs.

M. Netanyahou s'est heurté frontalement avec son ministre des Finances Moshe Kahlon qui se posait en comptable des millions de shekels investis dans la réforme.

Après une longue épreuve de force, les deux camps ont fini par s'entendre fin mars. Mais la réforme a donné lieu la semaine passée à un nouveau douloureux rebondissement quand les équipes de la tranche d'information du soir ont été informés que leur programme emblématique "Mabat" ("Regarde") s'arrêtait le soir même après 49 ans d'existence.

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