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Israël déclassifie des milliers d’archives de la guerre des Six Jours

Levi Eshkol, au centre, alors Premier ministre, et Menachem Begin, futur Premier ministre, avec les troupes israéliennes dans la péninsule du Sinaï suite à la guerre des Six Jours, le 13 juin 1967.
GPO
Le ministre des AE de l’époque soulignait les risques de la présence israélienne en Cisjordanie

Israël a déclassifié jeudi des milliers de documents officiels datant de la guerre des Six Jours, relatant notamment les débats des responsables israéliens sur l’avenir de la Cisjordanie, dont le destin est aujourd’hui au cœur du conflit israélo-palestinien.

Les archives nationales israéliennes ont publié des milliers de documents, enregistrements et témoignages datant de la guerre israélo-arabe du 5 au 10 juin 1967, des semaines qui l’ont précédé et des jours qui l’ont suivie.

A l’issue du conflit qui a opposé Israël à l’Egypte, la Jordanie et la Syrie, l’Etat hébreu a conquis la Cisjordanie, la bande de Gaza, Jérusalem Est, le plateau syrien du Golan et la péninsule égyptienne du Sinaï.

La publication des minutes du cabinet de sécurité israélien permet d’accéder à des informations inédites sur cette guerre, déjà objet de nombreux recherches et ouvrages historiques.

Le 15 juin 1967, cinq jours après la fin de la guerre, les ministres du cabinet de sécurité ont ainsi discuté de différentes options pour les territoires conquis.

‘Baril de poudre’

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Abba Eban, a mis en garde contre « un baril de poudre », en soulignant les risques de la présence israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, explicitant les termes d’une controverse qui divise toujours la société israélienne.

« Nous sommes en présence ici de deux populations, l’une bénéficiant de tous les droits civils et l’autre à laquelle on dénie ces droits », estime-t-il, dans un extrait publié par les médias israéliens.

« C’est un tableau de deux classes de citoyens qu’il est difficile de défendre, même dans le contexte de l’histoire juive. Le monde prendra parti pour le mouvement de libération de ce million et demi » de Palestiniens, ajoute-t-il.

La possibilité de transférer les Palestiniens vers d’autres pays a été évoquée pendant la réunion du cabinet de sécurité, le Premier ministre Lévy Eshkol estimant que « si cela dépendait de nous, nous enverrions tous les Arabes au Brésil. »

Ce à quoi le ministre de la Justice Yaacov Shimshon Shapira a objecté: « Ils sont des habitants de cette terre, et aujourd’hui vous la contrôlez. Il n’y a aucune raison d’expulser les Arabes et de les transférer en Irak. »

Et Lévi Eshkol de répliquer: « Ce ne serait pas un si grand désastre […]. Nous ne nous sommes pas infiltrés ici, nous avons dit que la terre d’Israël est à nous de droit. »

Ces documents permettent aussi de suivre l’évolution du moral du gouvernement pendant la guerre, de la crainte lors de son déclenchement à l’euphorie après la destruction de l’aviation égyptienne et les victoires israéliennes sur les fronts jordanien et syrien.

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