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Bennett défend son projet de code d’Ethique dans les universités israéliennes

Le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett lors d'une interview accordée à i24news
i24news
Plusieurs personnalités du monde académique israélien ont rejeté l'idée de ce code d'Ethique

Le ministre israélien de l'Éducation Naftali Bennett a défendu dimanche un code d'Ethique controversé qui empêcherait les universitaires d'exprimer des opinions politiques dans les universités israéliennes.

Ce code, rédigé par Asa Kasher, a été accueilli par une pluie de critiques de la part des politiciens et des universitaires après que son contenu a été dévoilé la semaine dernière.

Bennett l'a toutefois défendu affirmant qu'il était destiné à "empêcher le silence des opinions dans le milieu universitaire".

"Nous essayons d'empêcher une situation dans laquelle un étudiant pourrait souffrir à cause de ses opinions politiques, tandis qu'un conférencier dont le salaire provient de l'argent du contribuable appelle à boycotter les milieux universitaires", a déclaré Bennett avant la réunion hebdomadaire du cabinet.

"Nous sommes en faveur de la liberté académique", a déclaré le ministre de l'Education, "mais nous sommes contre la promotion des programmes politiques dans le milieu universitaire".

Plusieurs personnalités du monde académique israélien ont quant à elles rejeté dès samedi l'idée de ce code d'Ethique.

L'Association des Présidents d'Universités (VERA), a fortement condamné le code proposé affirmant que celui-ci "porte atteinte sévèrement et fondamentalement à la liberté académique".

"Beaucoup de ses articles traitent de l'activité académique globale dans la recherche et l'enseignement. C'est une collection de règles dictées par le gouvernement concernant toutes les activités académiques en Israël", affirme VERA

Le président de l'association, Joseph Klafter, de l'Université de Tel Aviv, a ajouté que la décision d'adopter un tel code était "fondamentalement erronée et motivée par des intérêts politiques", ajoutant que le code sera "utilisé par les groupes d'intérêt pour se confronter quotidiennement avec les membres du corps professoral".

"Ce code même, qui prétend protéger les universités, les transformera en otages de ceux qui tenteraient de définir des contenus politiques même sans aucun programme", a déclaré Klafter.

Le professeur Neve Gordon, de l'Université Ben-Gurion, a même été plus grave dans ses propos déclarant que le corps professoral continuera "à parler de la politique en classe" ajoutant que le ministre de l'Education et l'auteur du code, le professeur Asa Kasher, tentent de "transformer les étudiants en espions qui supervisent tout ce que disent les conférenciers".

Ram Shefa, le chef de l'Union des étudiants d'Israël, a également exprimé son opposition au code d'éthique en affirmant que "les étudiants sont la génération future d'Israël" et qu'il faut leur faire confiance sur leur façon de penser.

"Penser que vous pouvez limiter les déclarations et les pensées dans le milieu universitaire est fondamentalement faux parce que oui, tout est politique, et il est impossible de séparer la politique des autres questions, d'autant plus dans le milieu universitaire", a poursuivi Shefa.

Gil Cohen Magen (AFP)

Du côté de l'opposition politique israélienne, plusieurs voix se sont également fait entendre, notamment celle de la députée de l'Union sioniste Tzipi Livni qui a qualifié le code de "document contraire à l'Ethique et plus approprié à des régimes sombres".

"Ce document n'est ni éthique ni valide. C'est un autre pas de la part des gouvernants désireux de museler la parole et de verrouiller tout débat et toute liberté de pensée, cette fois-ci dans le monde universitaire. Un projet adapté à de sombres régimes, mais pas à Israël."

Le code a cependant reçu le soutien du Prof. Avraham Diskin, directeur de l'École d'administration, de gouvernance et de droit du Centre académique du droit et de la science.

"Ce sont des lignes directrices méticuleuses et savantes sur des comportements raisonnables et modérés. Les universitaires, qui répandent fréquemment des histoires fausses sur le 'régime d'apartheid d'Israël' et l’armée 'judéo-nazie', et qui soutiennent souvent les boycotts contre Israël, vont s'opposer au code parce que, selon eux, la liberté académique s'applique à parler mal d'Israël dans la classe et à l'extérieur", a déclaré Diskin.

L'association étudiante de droite Im Tirtzu a elle aussi salué le code, disant qu’il rendait du "bon sens au monde universitaire israélien".

"Le code Ethique compilé par le professeur Asa Kasher est une avancée correcte et appropriée vers l’objectif de mettre un terme à la politisation dans le monde universitaire", a expliqué le chef d'Im Tirtzu, Matan Peleg, dans une déclaration.

Par ailleurs, le code appelle les institutions académiques à établir une unité chargée de contrôler l’activité politique sur les campus.

Avec le code d’éthique proposé, les professeurs n’auraient pas le droit de promouvoir leurs opinions politiques pendant un cours et de participer, ou d’appeler, au soutien du boycott académique contre des instituts israéliens.

Des responsables des institutions éducatives ont demandé que le Conseil d’Education supérieure leur permette d’exprimer leurs objections au cours d’un débat sur le sujet.

Commentaires

(3)
goliat

Bravo Mr BENNET Enfin ca bouge dans Les universités. Trop politisés ces profs de gauche qui veulent apprendre aux générations futures leurs façons de penser. Il y a dans la mentalité israélienne un fort courant nationaliste Et religieux et c est ce qui dérange les gauchistes Bravo Mr BENNET

glouni

Un code cela signifie des règles ce qui peut impressionner mais la société elle-même est faite de règles. Je suis en faveur de ce code pour beaucoup de raisons. L université est un endroit où les jeunes travaillent (beaucoup), où l on découvre des matières et une façon de raisonner. A aucun moment un professeur n a osé exprimer ouvertement ses opinions politiques. Un professeur n est pas là pour exprimer ses opinions personnelles dont l élève d ailleurs se fichent complètement puisqu il n y a pas de rapport personnel entre l élève et le professeur de même qu' il ne sait pas si le professeur est père de famille, aime la pêche ou la chasse ou bien encore s est disputé avec sa femme le matin du cours. L université est un endroit où l élève est formé, apprend. Il y a évidemment des professeurs qui sont plus sympathiques, pédagogues.. que d autres. Enfin, l université doit rester hermétique à toute influence exterieure parce que l élève n est pas dans l université pour parler politique sauf en sciences politiques. Si toutefodes des sujets de sociétés, de politiques sont abordés parce qu' ils ne peuvent être evites compte tenu de l actualité, ils devraient, selon mon opinion, permettre de faire le lien avec le cours sans qu' une opinion prévale sur une autre.

glouni

Imaginer un seule instant des prof qui prennent en otage leurs élèves pour imposer leurs idées de droite ou de gauche ou (de travers rire) est scandaleux.

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